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Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions)

3 avril 2013 : Dérives thérapeutiques et dérives sectaires : la santé en danger (Auditions) ( rapport d'information )
Audition du Dr Robert KEMPENICH, président de l'Association pour la recherche et l'enseignement en médecine anthroposophique (mercredi 20 février 2013)

M. Alain Milon, président. - Mes chers collègues, nous recevons aujourd'hui le docteur Robert Kempenich, président de l'Association pour la recherche et l'enseignement de la médecine anthroposophique. Le docteur Kempenich a d'ailleurs pris l'initiative de demander à être reçu par la commission.

Notre réunion d'aujourd'hui n'est pas ouverte au public ; un compte rendu en sera publié avec le rapport.

Monsieur, vous avez donné votre accord pour que cette audition fasse l'objet d'une captation vidéo. En revanche, vous subordonnez le fait que cette vidéo puisse être accessible sur le site Internet du Sénat au fait de la visionner préalablement.

M. Robert Kempenich. - En effet.

M. Alain Milon, président. - Il est pris acte de votre souhait.

Je précise à votre attention que notre commission d'enquête s'est constituée à l'initiative de M. Jacques Mézard, qui est notre rapporteur.

Je vais maintenant, conformément à la procédure applicable aux commissions d'enquête, vous demander de prêter serment.

Je rappelle pour la forme qu'un faux témoignage devant notre commission serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal.

Monsieur Kempenich, veuillez prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, levez la main droite et dites : « Je le jure ».

M. Robert Kempenich. - Je le jure.

M. Alain Milon, président. - Monsieur, ainsi que vous en avez été informé, notre audition est prévue pour durer quarante-cinq minutes. Je vous invite donc à prononcer un court exposé introductif, puis mon collègue Jacques Mézard et les sénateurs membres de la commission vous poseront quelques questions. Vous avez la parole.

M. Robert Kempenich. - Je vous remercie de m'avoir invité à répondre à vos questions dans le cadre de la commission d'enquête du Sénat sur l'influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé.

Je voudrais tout d'abord faire part de mon étonnement de me retrouver ici : bien que nous ayons nous-mêmes demandé cette audition, nulle part ailleurs dans le monde -et surtout pas en Europe- la médecine anthroposophique n'est considérée comme une secte ! Cela semble une situation spécifiquement française.

Je suis président de l'Association pour la recherche et l'enseignement de la médecine anthroposophique (AREMA) mais aussi du Conseil national professionnel (CNP), section médecine anthroposophique, qui regroupe l'ensemble des associations de médecine anthroposophique en France, la société savante, le syndicat, les formations de base et la formation continue.

Nous avons eu la surprise de nous trouver cités parmi les pratiques à risques de dérives dangereuses dans le guide Santé et dérives sectaires de la Miviludes.

Par voie d'avocat, nous avons écrit par deux fois à la Miviludes, pour lui demander de nous transmettre le dossier sur lequel elle s'appuyait. Nous n'avons jamais eu de réponse ! Un Sénateur, M. Jean-Louis Lorrain, a posé une question écrite à Mme la ministre des affaires sociales et de la santé, le 27 septembre 2012, pour lui demander sur quels documents s'appuie la Miviludes pour considérer la médecine anthroposophique comme une secte. Il n'a jamais eu de réponse...

La première question que vous allez me poser est : qu'est-ce que l'anthroposophie ? L'anthroposophie, en France, est surtout connue par l'intermédiaire du vin, ce qui peut sembler étonnant. Le vin biodynamique est au vin biologique ce que l'anthroposophie est à l'homéopathie. La médecine anthroposophique se situe en effet dans l'élargissement de l'homéopathie.

Après avoir été classé par la Miviludes comme une mouvance comportant des risques de dérives sectaires, sans avoir jamais avoir été entendus préalablement et sans que la mission interministérielle ne nous ait transmis le moindre dossier, je suis très heureux de me trouver ici pour répondre à vos questions.

La médecine anthroposophique est une médecine qui s'inscrit aujourd'hui dans ce que l'on appelle la « médecine intégrative ».

J'ai moi-même été Président, durant treize ans, de l'European council of doctors for plurality in medicine (ECPM) et ai travaillé dans le cadre de la CAMDOC Alliance, qui regroupe les fédérations européennes d'homéopathie, d'acupuncture, de médecine anthroposophique et de naturopathie.

La médecine intégrative est un concept qui ne considère plus les médecines non conventionnelles en dehors du champ de la médecine. Elle s'inscrit dans le champ de la médecine, pratique le même diagnostic que la médecine conventionnelle, emploie les thérapeutiques de la médecine conventionnelle, mais complète celle-ci par un élargissement. C'est en particulier le cas de la médecine anthroposophique, qui élargit ce que propose la médecine dite universitaire en matière de biologie, de physiologie et de thérapeutique.

En matière de biologie et de physiologie, la médecine anthroposophique propose une investigation du psychisme et de l'individualité. C'est en ce sens qu'elle tient compte de ces niveaux complémentaires à ceux de la seule biologie et de la seule physiologie. Elle met donc le patient au centre de sa démarche. On ne traite plus une maladie mais un individu, avec sa biologie, sa physiologie, son psychisme, son individualité particulière, sa biographie individuelle. Cela semble fondamental...

Elle est une médecine tant préventive que curative. Préventive, car elle a fait l'objet de nombreuses études qui ont démontré son utilité -mais aussi celle de l'acupuncture ou d'autres médecines- dans le domaine de l'enfance, du vieillissement, de l'obésité, du diabète, de la prévention des cancers, voire comme traitement de support en cancérologie. Le patient n'est plus un objet : il devient un sujet co-acteur de sa santé !

Ces médecines - en particulier la médecine anthroposophique - ne font pas que traiter des maladies, mais contribuent à promouvoir la santé. La promotion de la santé semble un concept d'avenir et consiste, pour chaque individu, à promouvoir ses capacités d'autoguérison. C'est ce que proposait déjà des auteurs comme Antonovsky, il y a une bonne trentaine d'années : la salutogénèse. Comment faire pour que chacun puisse manifester le mieux possible ses capacités d'autoguérison ? On sait qu'en France, nous sommes champions des antibiotiques, des benzodiazépines - donc des anxiolytiques - et des somnifères.

Ces médecines - en particulier la médecine anthroposophique - peuvent apporter des thérapeutiques qui rendent très souvent inutile le recours aux benzodiazépines, voire leur sevrage ou celui des somnifères ; elles peuvent, en particulier chez l'enfant, éviter par exemple le recours excessif aux antibiotiques. Elles permettent aussi de mieux vieillir. Dans une population qui vieillit de plus en plus, elle peut permettre à chacun de découvrir sa manière de mieux vieillir et de découvrir en lui-même un soutien thérapeutique.

Comment faire, par ailleurs, pour éviter les effets secondaires des médicaments dits lourds ? C'est un domaine où nous sommes également utiles.

La médecine anthroposophique, en Europe, compte près de 5 000 médecins formés qui ont suivi les formations de médecine anthroposophique, et 30 000 médecins prescripteurs des médicaments spécifiques à la médecine anthroposophique. Il existe vingt-cinq hôpitaux de médecine anthroposophique en Europe et trois structures universitaires - Berlin, Herdecke et Berne.

En Allemagne, par exemple, la médecine anthroposophique bénéficie d'un statut particulier dans le code social. Ses médicaments sont reconnus et bénéficient d'une place particulière dans la loi sur les médicaments. La commission C de l'Agence du médicament allemande s'intéresse spécifiquement aux médicaments anthroposophiques. L'Allemagne compte 3 500 médecins, on en compte 300 en France et entre 1 500 et 2 000 prescripteurs.

En Suisse, la confédération et les cantons ont inscrit dans la Constitution la reconnaissance des médecines complémentaires en proposant un système d'évaluation. La médecine anthroposophique a fait l'objet d'une étude particulière dans le cadre du Programme suisse d'évaluation des médecines complémentaires (PEK), qui étudie son efficacité, son utilité, son innocuité et son coût. Cette étude a été demandée en 2006 et a été publiée. Elle fait état de 188 études cliniques, dont dix-sept randomisées, ce qui est le « gold standard » en médecine.

Une large majorité - 180 études sur 188 - montre des résultats positifs, tant du point de vue de l'efficacité que du coût. Le coût est en effet aujourd'hui un aspect très important à prendre en compte... Ces études soulignent aussi le très faible nombre d'effets secondaires, de l'ordre de 0,05 %. Elles respectent les règles du format « Health technology assessement » (HTA), ce qui démontre un haut niveau scientifique.

L'anthroposophie, l'acupuncture, l'homéopathie, la naturopathie et les médecines manuelles sont donc reconnues à partir d'un programme d'évaluation.

Je vous ai transmis le « press release » du Réseau européen de recherche pour la médecine complémentaire et alternative (CAMbrella). J'ai en effet fait partie de l'« advisory board » de l'étude CAMbrella, financée par la Commission européenne, qui a été menée durant trois ans par seize universités européennes de douze pays, et qui a bénéficié de 3 millions d'euros de fonds.

La Commission européenne a constaté que 67 % de la population se tournaient vers les médecines complémentaires. Or, les connaissances officielles et les informations dont bénéficient les patients ne sont pas suffisantes pour pouvoir faire un choix éclairé.

Comme le montre cet article de presse, les médecines conventionnelles et alternatives (CAM) comprennent la médecine anthroposophique, l'acupuncture, la naturopathie, et l'homéopathie. L'anthroposophie est donc considérée comme l'une des cinq grandes médecines en Europe.

L'étude CAMbrella propose une feuille de route afin que, à l'horizon 2020, les patients européens puissent bénéficier d'informations claires sur l'étude des médecines complémentaires, afin de démêler le vrai du faux à propos de leur innocuité, de leur efficacité ainsi que de leur coût, et qu'un site de la Commission européenne informe les patients sur ces médecines.

En Europe, deux universités comptent une chaire de médecine anthroposophique, où ce concept est accepté à côté des autres médecines. On s'est rendu compte qu'il fallait proposer dans le cursus des études médicales un enseignement suffisant aux médecins pour les informer de manière cohérente et claire sur les médecines complémentaires, afin qu'ils puissent conseiller leurs patients. Ca me semble indispensable !

On trouve une chaire de médecine anthroposophique à Berne, à Berlin et aux Pays-Bas....

M. Alain Milon, président. - Avant de passer la parole au rapporteur, je vous rappelle que nous, nous vous auditionnons !

M. Robert Kempenich. - Je vous en ai d'ailleurs remercié...

M. Alain Milon, président. - Par ailleurs, vous avez regretté que la France soit le seul pays à ne pas reconnaître l'anthroposophie : je suis tenté de vous répondre que la France est le pays de Descartes !

M. Robert Kempenich. - L'Allemagne est celui de Goethe, dont l'épistémologie est le fondement de l'anthroposophie !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Nous n'allons pas faire la liste des personnalités qui ont marqué nos deux pays ! On y passerait trop de temps...

Comme l'a relevé M. le président, c'est vous qui avez demandé à être auditionné. J'ai dû trop lire Descartes, mais je n'ai pas compris le fonctionnement de la médecine anthroposophique. Que faites-vous lorsque vous recevez un patient ?

M. Robert Kempenich. - Je vais le chercher dans la salle d'attente ; je lui dis de s'asseoir ; je fais l'anamnèse scientifique habituelle, comme le ferait n'importe quel confrère ; je vais vers le diagnostic scientifique le plus clair possible ; je m'appuie sur des analyses biologiques, des examens complémentaires d'imagerie ; je demande l'avis de confrères, de spécialistes. Par exemple, en homéopathie, on se fonde sur le principe de similitude, en fonction d'une pathogénésie d'un médicament -Belladone, Apis ou Arnica.

En anthroposophie, au lieu de la pathogénésie, on se sert de l'image du remède constituée par ses données scientifiques, moléculaires, biologiques, toxicologiques, et par son comportement botanique. On en tire une image globale, que l'on met en relation avec son processus dans l'homme. L'homéopathie met en relation une pathogénésie, grâce au principe de similitude, avec les signes que le patient présente, bien évidemment en complément du diagnostic que l'on établit en médecine scientifique.

Nous-mêmes, à partir de l'image du remède, recherchons des processus qui correspondent dans l'homme. C'est la loi d'analogie. Le principe de similitude n'est qu'un cas particulier de la loi d'analogie.

Les remèdes sont issus du remède minéral, végétal et animal, à tel point que, sur le bulletin d'inscription du Syndicat national de la médecine homéopathique, figurent les cases mentionnant les termes « unicisme », « pluralisme » ou « anthroposophie ».

M. Jacques Mézard, rapporteur. - J'essaye de comprendre. N'y voyez pas malice : je ne suis pas médecin. Vous utilisez donc l'image du médicament ?

M. Robert Kempenich. - Oui.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Et que faites-vous de cette image ?

M. Robert Kempenich. - La pathogénésie de l'homéopathie fait partie de l'image du remède, qui repose sur l'ensemble de ces données botaniques et psychologiques...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Comment cela se traduit-il ?

M. Robert Kempenich. - Je prescris ces médicaments dans des dilutions homéopathiques qui vont de la D 1 à la D 30, en dilution, en trituration, en injectable homéopathique, en onguent. Ce sont des médicaments enregistrés légalement par l'Agence nationale du médicament et qui bénéficient de la directive européenne 2001/83/CE relative aux médicaments à usage humain.

Prenons le cas de deux personnes, l'une longiligne et mince, presque maigre, présentant un asthme ; l'autre obèse, rouge, hypertendue. En allopathie, je leur donnerais le même médicament. En médecine anthroposophique, je tiendrai compte de la structure de la personne, de sa stature physique, de sa manière de s'exprimer, du fait qu'elle est très émotive ou très retenue.

Je ne donnerai pas le même traitement complémentaire à une personne longiligne, mince, frileuse et à une personne asthmatique, débordante de chaleur, qui se dévêt facilement. Ceci est prouvé par des études cliniques ... Je ne traiterai pas l'asthme de la même manière chez une personne dépressive, anxieuse, insomniaque et chez une personne qui s'assoupit à tout moment et qui a du mal à se concentrer. Je tiens compte de l'ensemble de ces signes psychiques, structurels, de ces modes de vie, et les traduis dans un médicament.

A celle qui est pléthorique, qui signale des pulsations cérébrales, qui sent son coeur battre et a toujours trop chaud, je donnerai Belladona ; à l'autre qui est frileuse, maniaque à l'extrême, qui note tout, range tout, je donnerai un médicament particulier, Arsenicum album, en D 30, sous forme de gouttes ou, pour celle qui préfère ne recevoir que deux traitements par semaine, sous forme d'injections, plus efficaces et moins onéreuses...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Nous avons compris ! Vous dites que cela permet de promouvoir les capacités d'autoguérison. Qu'entendez-vous par cette expression ?

M. Robert Kempenich. - L'autoguérison est un concept très reconnu par Antonovsky...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Les auteurs sont une chose. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

M. Robert Kempenich. - Antonovsky s'est rendu compte, dans les camps de concentration, que parmi les femmes d'une vingtaine d'années qui sortaient des camps de concentration, certaines au bout de deux à trois ans, étaient mères de famille, et d'autres jamais. Il s'est donc dit qu'il devait exister chez l'être humain des facultés particulières pour dépasser la pathologie et pour s'auto-guérir. Les mères ne parlaient plus de leur passé, n'étaient pas dépressives et détenaient en elle une capacité particulière de surmonter l'adversité, alors que d'autres, pour qui la maternité était impossible, subissaient une dépression définitive.

Il existe donc en chacun des capacités de surmonter la maladie. Ceci est tout à fait reconnu : certains sont capables, par exemple après une épreuve difficile comme un deuil, de retrouver des facultés immédiates, de retourner rapidement à leur emploi alors que d'autres vont subir une dépression de quelques mois.

Solliciter par des remèdes particuliers ce que l'individualité possède comme potentialité d'autoguérison me semble donc judicieux !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Si cela vous semble judicieux, ce n'est déjà pas si mal !

M. Robert Kempenich. - C'est pratiquement démontré !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Quelle est, par exemple, la part de l'autoguérison dans le domaine du cancer ?

M. Robert Kempenich. - Je dois tout d'abord vous indiquer que j'ai un diplôme de cancérologie... Un cancer, lorsqu'il est diagnostiqué, doit bénéficier des thérapeutiques les plus adaptées -chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie, anticorps monoclonaux...

Toutefois, des études américaines suffisamment étayées démontrent que l'épreuve n'est pas vécue de la même manière par touts les patients. Pour un même type de cancer, au même degré de gravité et d'expansion, la même chimiothérapie n'aura pas le même impact. Les forces d'autoguérison sont donc très différentes. Il revient à nos thérapeutiques d'aider les patients dans cette épreuve.

J'ai cofondé, à Strasbourg, l'Association pour la promotion des soins de support en oncologie et hématologie (APSSOH), qui s'inscrit dans le plan cancer lancé sous la présidence de Jacques Chirac. Il s'agit de promouvoir les traitements de support - « supportive care » en anglais : comment adapter et individualiser les thérapeutiques ? En cancérologie, on adapte de plus en plus les anticorps monoclonaux au cas particulier de tel patient et de tel type de cancer.

On traite la maladie cancéreuse : et si nous traitions le malade ? Un ouvrage récent du Pr Schwartz pose la question à ce sujet... Votre question est extrêmement judicieuse. L'acupuncture a fait son entrée dans les services de cancérologie de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). En Allemagne, tous les services de cancérologie font appel aux médecines complémentaires, qui orientent les patients vers l'acupuncture, l'homéopathie, la phytothérapie et l'anthroposophie. Ce traitement complémentaire prend en charge le patient qui est atteint dans toute sa dimension. Un cancer arrête la vie familiale, conjugale, les projets. Redonner son dynamisme à un patient dans ce contexte peut être extraordinairement utile !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Je cherche la définition de l'anthroposophie...

M. Robert Kempenich. - Je puis vous citer celle de la Miviludes...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Nous ne sommes pas le bras armé de la Miviludes, mais une commission sénatoriale !

M. Robert Kempenich. - Cette définition est pourtant extraordinairement bonne, mais la Miviludes n'a malheureusement pas donné suite !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - « L'anthroposophie cherche à développer en l'homme les forces nécessaires pour appréhender ce qui existerait au-delà des sens : monde éthérique ou monde des forces formatrices, monde psychique ou astral, monde spirituel. Pour l'anthroposophie, l'homme peut développer en lui les facultés qui lui permettent de dépasser cette limite ». Cette définition est-elle la bonne ?

M. Robert Kempenich. - ... Sous un certain angle, oui. Tout le monde s'accorde à dire que l'homme est un être inachevé. C'est pourquoi on envoie les enfants à l'école. Un petit animal est terminé au bout de trois semaines. Tel n'est pas le cas de l'homme. On l'éduque, puis on le lâche dans la vie. Il s'éduque ensuite lui-même en développant sa pensée, son mode émotionnel et sa volonté : penser, sentir, vouloir. Cela me semble fondamental...

Les psychothérapeutes, depuis Freud, s'intéressent à l'inconscient. Il faut faire un travail particulier pour découvrir son inconscient. Ce qu'on appelle « force de vie » ou « corps éthérique » nous permet la croissance, la réparation, la cicatrisation.

Le corps astral, lui, est le lieu de l'expérience psychique. Rudolf Steiner l'appelait ainsi mais ce n'est pas pour autant qu'il faut se focaliser sur le mot « astral ». Nous, nous l'appelons « corps psychique », « psychisme ». C'est le lieu de l'expérience psychique, où vous expérimentez vous-même vos plaisirs ou vos déplaisirs. Vous pouvez apprendre à les percevoir en vous. C'est ce que l'on veut dire. Vos forces de vie, en l'absence de conscience, vous régénèrent la nuit. Si vous restez conscient la nuit, vous aurez une insomnie ! La nuit, la conscience cède le camp et les forces de vie reprennent leur place : au matin, vous êtes régénéré, réparé !

La conscience est ce qui permet de dire « je », ce que personne ne peut dire à votre place. « Je » est un mot très individuel : c'est ce qui permet à chacun se signer son chemin biographique. C'est pour cela qu'on écrit des biographies...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous avez parlé de prévention du cancer. Pour nos concitoyens, c'est fondamental.

M. Robert Kempenich. - Tout à fait.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Comment faites-vous ?

M. Robert Kempenich. - Un grand nombre d'études ont été faites à ce sujet...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Mais vous, comment faites-vous ?

M. Robert Kempenich. - Je parle des études qui nous concernent... Vous voulez savoir ce que je fais personnellement ?

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Oui, concrètement...

M. Robert Kempenich. - Je conseille à mes patients une hygiène de vie qui me semble fondamentale et l'alimentation la plus équilibrée possible. Cela ne fait pas si longtemps qu'on en parle -environ cinq à dix ans. Les cancers sont en explosion exponentielle à travers dans le monde. Ce sont des maladies d'aujourd'hui, qui touchent l'individualité, le système immunitaire, tout comme les maladies virales ou auto-immunes. Ce sont ces maladies qui sont à l'ordre du jour. La prévention passe donc aussi par la pédagogie du médecin, qui entre avec le malade dans un dialogue singulier, où patient et médecin sont co-acteurs. Le patient n'est plus un objet que l'on traite... Il pose des questions : « Docteur, ma mère a un cancer, j'ai des facteurs de risques importants. Ma soeur en a également un. Le fait que je prenne la pilule est-il une bonne chose ? » Je réponds alors que nous allons discuter du fait de savoir si c'est judicieux...

La pédagogie médicale trouve sa place dans un dialogue singulier fondamental. Il existe aussi des médicaments pour cela. On sait, selon des études cliniques, que les malades atteints du cancer n'ont fait que peu de maladies fébriles dans l'enfance lorsqu'on étudie leur biographie.

Donner des fébrifuges et des antibiotiques, au lieu de prescrire des thérapeutiques, permettrait de traverser les épreuves et de maturer le système immunitaire. Le système immunitaire est comme vous : il est inachevé ! Il s'éduque au travers des épreuves, et c'est au travers de celles-ci qu'il devient compétent. Un système immunitaire compétent est un système qui a pu traverser des maladies dans la chaleur !

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous avez affirmé avoir 300 confrères formés et compter 2 000 médecins prescripteurs...

M. Robert Kempenich. - 1 500...

M. Jacques Mézard, rapporteur. - Vous disposez donc de cinq fois plus de prescripteurs que de médecins formés. Comment ces prescripteurs, qui n'ont jamais été formés, font-ils ?

M. Robert Kempenich. - Il existe un grand nombre de médicaments spécifiques, comme le Choléodoron. Cette spécialité bénéficie donc des indications pour les troubles de la vésicule biliaire par exemple. Vous n'avez pas besoin d'avoir fait trois ans de formation pour le prescrire ! Ce sont des médicaments type. Un médicament type n'est pas contre quelque chose. Il s'agit là d'un médicament typique de la salutogénèse, afin de conduire la vésicule biliaire à assurer de nouveau sa fonction.

M. Jacques Mézard, rapporteur. - C'est un peu comme la prose de M. Jourdain !

M. Robert Kempenich. - Pas du tout ! Un médecin généraliste, plutôt que de prescrire un médicament, dans le cas de lithiase par exemple, prescrira du Choléodoron !

Mme Catherine Génisson. - Comment se présente cette molécule ?

M. Robert Kempenich. - Il s'agit d'une dilution de curcuma et de chelidonium.

Mme Catherine Génisson. - C'est un remède de grand-mère !

M. Robert Kempenich. - Non, ce sont des remèdes extraordinairement demandés. Il y aurait alors de plus en plus de grands-mères ! 67 % de la population européenne a recours aux médecines complémentaires, en particulier à la phytothérapie, à l'homéopathie, et à la médecine anthroposophique. C'est exponentiel. C'est parce qu'elles sont de plus en plus demandées que la Commission européenne s'est réellement penchée sur le problème.

Mme Catherine Deroche. - Il n'existe pas de formation universitaire à la médecine anthroposophique. Il s'agit donc d'une formation privée...

M. Robert Kempenich. - En France...

Mme Catherine Deroche. - Les médecins qui exercent votre discipline sont conventionnés au choix, en secteur 1 ou en secteur 2...

M. Robert Kempenich. - Comme tous les médecins !

Mme Catherine Deroche. - Vous situez-vous comme une médecine complémentaire ou alternative ?

M. Robert Kempenich. - Le mot de « Complementary and alternative medicine » (CAM) -médecines complémentaires et alternatives- est un mot consacré. L'European college of integrative medicine (ECIM), dont je fais partie, intègre dans une même démarche, pour le bien du patient, le meilleur des deux médecines. Comme le disait un professeur anglais : « Take the best of both » !

Lorsqu'on a fait le diagnostic complet de médecine universitaire et étudié la thérapeutique envisageable, on complète ou on remplace ce qui est possible par cette médecine moins toxique et moins coûteuse.

Mme Catherine Deroche. - Vous avez dit que les médicaments que vous utilisiez jouissaient d'une innocuité reconnue. Je vais être provocatrice, mais le plus important est surtout de savoir s'ils sont efficaces !

Enfin, selon vous à quoi tient le fait que la Miviludes ait parlé de vous dans son guide ? Est-ce par rapport à la sémantique que vous utilisez ? Comment, dans le cadre des formations que vous dispensez, votre association fait-elle pour qu'il n'y ait pas de confusion avec des risques de dérives sectaires, d'emprise mentale ou de perte de chance par abandon des traitements ?

M. Robert Kempenich. - L'étude PEK porte sur l'efficacité, l'utilité, le coût et l'innocuité de l'anthroposophie. L'innocuité est quasiment prouvée, car les effets secondaires ne s'élèvent qu'à 0,05 %. Sur les 188 études, 180 ont démontré des résultats positifs, tant du point de vue de l'efficacité, du coût, que de l'innocuité. L'efficacité est donc tout autant démontrée que l'innocuité !

Il existe par ailleurs dix-sept études randomisées sur le Viscum album. La Collaboration Cochrane, le plus haut niveau en cancérologie, a traité du Viscum album. Celle-ci ne se penche que sur les études randomisées, en double aveugle.

L'efficacité a également été démontrée, principalement, en ce qui concerne le cancer, en matière de qualité de vie, qui devient la préoccupation majeure des cancérologues. Il ne s'agit pas simplement là de l'efficacité de la réduction de la tumeur ou de la rémission...

D'autres études, comme celles des « Systematic Review », dans le cancer du sein et celui des ovaires, ont également montré un effet non négligeable sur la prolongation de la durée de vie. L'étude a également été menée sur le cancer du pancréas. Le traitement du cancer du pancréas par la gemcitabine comparé, au traitement associant la gemcitabine et la médecine anthroposophique, amène une prolongation de six mois de vie.

Le propre des enfants, vous le savez, est d'avoir des maladies en « ite » : bronchites, conjonctivites, otites, rhinites. Le propre des vieillards est de faire des maladies en « ose » : scléroses, artérioscléroses, etc. Chez l'enfant, notre démarche thérapeutique est d'une efficacité considérable !

The Lancet, le « must » en matière de revue scientifique, a présenté une étude sur l'atopie chez l'enfant, menée par le service de pédiatrie de l'université de Stockholm. Ces cas explosent d'année en année. L'étude, appelée « Life style », a comparé un lot courant de jeunes malades, traités pour de l'asthme et de l'eczéma, à un lot de jeunes malades traités par la médecine anthroposophique, en tenant compte du nombre de prises d'antibiotiques et de vaccinations. Les enfants traités par la médecine anthroposophique présentaient 30 % de cas d'atopie en moins !

Mme Catherine Génisson. - Quelle est votre position par rapport à la politique vaccinale ?

M. Robert Kempenich. - La politique vaccinale est tout à fait fondée en France : diphtérie, tétanos, poliomyélite. La vaccination contre le Bacille de Calmette et Guérin (BCG), quant à elle, n'est plus obligatoire.

Les autres vaccinations, comme dans tous les autres pays d'Europe, se discutent au cas par cas. Bien évidemment, lorsqu'un adolescent n'a pas eu les oreillons, il est justifié de lui administrer le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).

Mme Muguette Dini. - Vous avez certainement imaginé que l'ensemble des sénateurs ici étaient médecins. Ce n'est pas mon cas... Cela a donc été très difficile pour moi de vous suivre.

Les patients qui viennent vous consulter sont-ils malades ou viennent-ils pour prévenir la maladie ? C'est une question très sérieuse...

M. Robert Kempenich. - Je n'en doute pas ! Je la prends comme telle...

Mme Muguette Dini. - Ce que vous avez dit m'intéresse et je pense qu'il est bon de considérer le patient dans son ensemble, avec ce qu'il risque d'avoir, ce qu'il a déjà et sa capacité à faire avancer le soin...

Si seulement vous n'aviez pas fait référence au « corps astral », au « corps éthérique », à l'« organisation du moi », à l'autoguérison ! Je pense que l'autoguérison n'est pas le terme approprié. Cela signifie que l'on peut se guérir seul. Or, ce n'est pas ce que vous avez expliqué. Vous avez dit que certains étaient en mesure de mieux réagir -grâce sans doute à votre thérapeutique- et que vous les y aidiez. L'autoguérison laisse croire qu'un malade atteint d'un cancer peut aller voir un médecin et va guérir seul. Les ternes médicaux et ésotériques que vous avez employés font qu'il est difficile de vous entendre !

M. Robert Kempenich. - Je suis médecin traitant et non sous-traitant ! J'ai plusieurs centaines de médecins dont je suis le médecin traitant ; je les suis intégralement. Je pense que la médecine préventive a une place fondamentale en médecine traitante, en médecine de terrain, de cabinet. Un médecin de famille est d'abord un médecin qui sait prévenir, qui est là pour l'hygiène de vie, pour promouvoir la santé et éviter les maladies. Ce point de vue me semble fondamental.

En second lieu, je n'ai pas parlé de corps éthérique, ni de corps astral. On m'a posé la question ! Je vous ai remis un texte où je parle des niveaux biologiques, physiologiques, du psychisme et de l'esprit...

Le niveau biologique, chacun en dispose, tout comme du niveau physiologique. Je ne vais pas entrer là-dedans. Le mot « éthérique » signifie « forces de vie », c'est-à-dire biologiques et physiologiques ; quant au corps astral, je l'ai dit, il correspond au psychisme.

Mme Muguette Dini. - Il est tellement plus simple de parler de psychisme !

M. Robert Kempenich. - S'agissant de l'autoguérison, un grand nombre de patients disent qu'ils se guérissent seuls, qu'ils ne vont pas voir le médecin. Cependant, il existe une manière de promouvoir cette force d'autoguérison.

Une mère, qui vient vous consulter pour son enfant qui a déjà subi quinze otites, conseillée par son pédiatre, ou une patiente envoyée par son ORL, qui a eu une paracentèse et ne peut plus prendre d'antibiotiques, vous demandent d'agir. On prescrit un traitement de deux ou trois mois et ces patients ne récidivent plus - ou une ou deux fois seulement. Vous avez aidé ces patients à s'auto-guérir ! Comme le disent tous les homéopathes, les phytothérapeutes, les anthroposophes et les médecins chinois, vous avez traité le terrain.

M. Alain Milon, président. - Si je vous entends bien - je vais être également provocateur - si on empêche cet enfant de faire trop souvent des otites, on favorise des cancers par la suite...

M. Robert Kempenich. - L'inflammation chronique est une inflammation aiguë qui n'arrive pas à terme. Permettre à une inflammation aiguë de guérir, c'est faire qu'elle ne se chronicise pas !

M. Alain Milon, président. - On pourrait en discuter !

M. Yannick Vaugrenard. - Je ne suis pas médecin non plus mais j'ai écouté avec beaucoup d'attention votre intervention sur le fait qu'il est nécessaire de considérer la personne malade dans son ensemble, au-delà de sa maladie. Il me semble que la médecine généraliste prend aussi en compte cet aspect des choses. Il ne traite pas uniquement la maladie mais, dans le cas d'un cancer, la personne atteinte d'un cancer. Cela me paraît être dans la déontologie de tout médecin généraliste, quel qu'il soit. Qu'apporte donc, selon vous, le fait d'être un médecin anthroposophe ?

En second lieu, de quels laboratoires proviennent les médicaments prescrits dans le cadre de cette médecine ?

Enfin, la médecine anthroposophique rapporte-t-elle beaucoup ? Quels revenus supplémentaires génère-t-elle ?

M. Robert Kempenich. - C'est effectivement le fondement de la médecine de tenir compte du malade. Ce n'est malheureusement pas le cas, sans vouloir aucunement porter atteinte à la qualité souvent très profonde des médecins traitants, des oncologues ou des spécialistes.

La médecine actuelle a établi des conduites à tenir en matière de prescription de médicaments, de dose, de maladies, de typologies, face à telle ou telle réaction. Très souvent, en médecine conventionnelle, on ajoute des anxiolytiques ou des somnifères. C'est un fait.

Si la médecine conventionnelle tient compte des signes psychiques et individuels, la médecine anthroposophique tient également compte de ce que nous appelons - ainsi que les philosophes, à travers l'histoire - « l'esprit ». Seule la réponse concrète change.

Lorsqu'une patiente, le jour de l'annonce d'un cancer du sein, par exemple, ressent une boule à la gorge, souffre d'insomnies et ne peut reprendre son travail, le médecin anthroposophe lui établit un arrêt de travail, comme n'importe quel autre médecin, mais lui propose également un médicament particulier, sans effet secondaire, ni accoutumance ou dépendance, que la patiente va considérer comme efficace. On peut donc prendre concrètement en compte ces signes individuels grâce à un traitement sans benzodiazépine. Il s'agit ici d'une réponse matérialiste.

C'est le laboratoire Weleda qui, en France, produit ces médicaments, conformément à la directive européenne 2001/83/CE. Les médicaments anthroposophiques décrits dans une pharmacopée officielle, et préparés selon une méthode homéopathique, sont assimilables, au plan de l'enregistrement et de l'Autorisation de mise sur le marché (AMM), à des médicaments homéopathiques.

Combien la médecine anthroposophique rapporte-t-elle ? Il existe des médecins anthroposophes en secteur 1, en secteur 2, rarement en secteur 3 -je ne sais même pas s'il y en a- dans la même proportion que chez les autres médecins.

M. Alain Milon, président. - Certains de vos patients finissent-ils par se détourner de la médecine anthroposophique et consultent-ils ailleurs ? Que faites-vous dans ce cas ?

M. Robert Kempenich. - C'est rare ! C'est arrivé, par exemple dans une pathologie qui n'a été reconnue comme maladie qu'il y a une quinzaine d'années, la fibromyalgie et la fatigue chronique. De nos jours, cette affection est absolument codifiée. Ces malades ne sont nulle part pris en compte ! Ils quittent donc les médecins. Tout patient quitte un jour son médecin. Vous ne pouvez pas soigner tout le monde. Personne ne le peut. Tout le monde connaît des échecs...

M. Alain Milon, président. - Quand vous subissez des échecs, laissez-vous partir vos patients ? N'exercez-vous pas sur eux d'emprise morale ?

M. Robert Kempenich. - Aucune ! Je conseille à certains patients d'aller consulter un autre médecin. Après une dizaine ou une douzaine d'années, il est souhaitable de porter sur eux un autre regard. Il faut reconnaître ses propres limites...

M. Alain Milon, président. - Tous les médecins considèrent leurs patients dans leur globalité. A la faculté de médecine -au siècle dernier- on nous disait bien que l'on nous enseignait les maladies, mais qu'on nous demandait de soigner des malades !

M. Robert Kempenich. - Comment ?

M. Alain Milon, président. - En écoutant les patients, en discutant avec eux, en leur prescrivant des médicaments et en dosant ceux-ci en fonction de la physionomie, du poids, de la taille, et de l'âge des malades. Cela se faisait déjà !

C'est ainsi que j'ai pratiqué durant les années au cours desquelles j'ai exercé. Je ne mettais pas obligatoirement un gramme de ceci à un enfant de 12 ans ou à une personne de 90 ans. J'adaptais le traitement à la physiologie et à la physionomie de la personne. C'est ainsi qu'on me l'a appris la médecine, dans la même faculté que Mme Génisson, d'ailleurs...

M. Robert Kempenich. - Je conçois parfaitement ce que vous dites. Cela me semble justifié...

M. Alain Milon, président. - A l'époque, je ne prescrivais pas de la digitaline pour le plaisir ! Maintenant, elle ne se prescrit presque plus...

M. Robert Kempenich. - Le risque d'effets secondaires n'est pas négligeable...

M. Alain Milon, président. - Je n'en ai pas vu tant que cela. Je n'ai pas été particulièrement alarmé par des effets secondaires considérables.

M. Robert Kempenich. - Je voulais attirer l'attention sur ce point...

M. Alain Milon, président. - Une chose m'a étonné : vous affirmez qu'un cancer du pancréas, avec le traitement actuel associé à votre propre traitement, permet une espérance de vie de six mois supplémentaires...

M. Robert Kempenich. - Une étude clinique le démontre.

M. Alain Milon, président. - Laquelle ? Cela me surprend énormément...

M. Robert Kempenich. - Elle a été présentée à Lugano. Je puis vous la faire parvenir...

M. Alain Milon, président. - J'aimerais bien. On sait que les nouveaux traitements anticancéreux, en particulier pour ce qui est du pancréas, sont particulièrement efficaces, et permettent une espérance de vie un peu plus longue qu'auparavant, mais six mois me semblent une durée considérable dans ce type de cancer ! J'en doute...

M. Robert Kempenich. - Je vous transmettrai l'étude.