D. LE CHOIX DE LA SPÉCIALISATION ET DE LA MUTUALISATION

Le renseignement technique a pris une place quantitativement croissante dans les sources de renseignement, au fur et à mesure du développement des technologies de l'information, de la communication et l'imagerie.

La spécialisation des services de renseignement a conduit à doter chacun d'entre eux de capacités propres. Néanmoins, l'émergence du renseignement technique a conduit l'État à s'engager dans un processus de mutualisation des moyens techniques pour éviter de coûteuses duplications mais aussi dans le but de les superviser. ***

La France n'a pas opté pour la mise en place d'une agence technique, gestionnaire de l'ensemble des moyens et pourvoyeuse des différents services spécialisés, ce qui a été le choix des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

Les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients. A l'heure où l'imbrication des menaces est forte (grande criminalité/terrorisme, continuum territoire national/théâtres d'opération extérieurs, continuum défense/sécurité intérieure), certains s'interrogent sur la pertinence de l'organisation choisie.

Alors que nos services sont mobilisés de façon intense dans la lutte contre le terrorisme, il n'est sans doute pas raisonnable d'entrer dans la voie d'une réorganisation qui, dans un premier temps, risque de mobiliser les énergies et d'affaiblir les capacités opérationnelles. L'enjeu est davantage dans l'échange, le partage de l'information et des analyses, la fluidité des communications que dans l'architecture générale . Néanmoins, à la lumière de l'expérience, passé cette période intense, il conviendra d'en tirer les leçons et de ne pas exclure a priori de la réflexion une évolution de l'architecture d'ensemble.

La DPR recommande que les dispositifs collaboratifs et coopératifs mis en place par les services fassent l'objet de retours d'expérience réguliers, pour en améliorer le fonctionnement et à terme servir de base à une réflexion sur une éventuelle réorganisation. L'organisation du recueil de ces retours d'expérience pourrait être confiée au CNR, en s'appuyant au besoin sur la définition d'une méthodologie d'évaluation préparée par l'inspection des services de renseignement ( Proposition n°10 ).

Les thèmes associés à ce dossier

Page mise à jour le

Partager cette page