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Sur la prise en compte de la performance dans le financement des universités

19 novembre 2019 : sur la prise en compte de la performance dans le financement des universités ( rapport d'information )

D. L'EXEMPLE DE RENNES I : LA VALORISATION DU POTENTIEL SOCIO-ÉCONOMIQUE DE L'UNIVERSITÉ AU SERVICE DE L'INSERTION PROFESSIONNELLE DES ÉTUDIANTS

L'Université de Rennes I s'est engagée, sous l'impulsion de son président, dans une politique visant à valoriser l'impact socio-économique de l'université. L'insertion professionnelle des étudiants est ainsi considérée comme une troisième mission essentielle à côté des missions traditionnelles d'enseignement et de recherche des universités.

Dans un article scientifique16(*), rédigé notamment par le président de Rennes I, les universités sont ainsi qualifiées d'« ambidextres » devant gérer ces trois missions parallèlement et logiquement. Il rappelle que le souci de professionnalisation déjà présent dans certaines filières (IUT, BTS...) ne doit pas concerner que ces écoles mais bien l'ensemble des filières générales de l'université. Il pointe le fait que la carrière des enseignants chercheurs est principalement basée sur la recherche ; ces derniers considérant ces tâches administratives y compris celles liées à la valorisation et l'ouverture vers le monde socio-économique comme du temps perdu pour la recherche. Toutefois, le président de l'Université tout comme votre rapporteur estiment que ces « tâches périphériques » doivent également faire partie du « coeur de métier ».

À Rennes I, où votre rapporteur s'est rendu, une dynamique est ainsi impulsée et des actions sont mises en oeuvre au profit de la valorisation du potentiel socio-économique de l'université.

Actions mises en oeuvre au sein de l'Université de Rennes I
pour accroître son impact socio-économique

Pour connaître le devenir professionnel des étudiants :

· Enquête d'insertion professionnelle faite par l'observatoire de l'insertion professionnelle (depuis 2006). Chaque année, une enquête nationale sur la licence professionnelle et le master est également faite, 30 mois après l'obtention du diplôme. Les formulaires concernant ces enquêtes sont désormais en ligne. L'accent est mis sur les relances faites par des étudiants rémunérés afin d'obtenir le maximum de réponses. Le projet de l'Université est une enquête à 6 mois ;

· par ailleurs, le réseau des anciens est très important. La recherche de financements par les fondations, auprès « d'alumni » ou d'autres contacts est primordiale. L'Université a ainsi prévu de récolter 8 millions d'euros sur 7 ans, via ces fondations.

Pour adapter l'offre de formation aux besoins économiques :

· 90 % des étudiants poursuivent leurs études après la licence, car le constat est fait que les employeurs n'apprécient pas la licence. L'Université mène ainsi un travail notamment avec le « MEDEF local » pour valoriser la licence. Elle a ainsi été lauréate du PIA 3 « Cursus idéal » dont l'objet est de changer les structures des licences pour les rendre plus professionalisantes ;

· un travail est également fait avec les représentants d'entreprise pour identifier les filières en tension ;

· des statistiques, obtenues des enquêtes, sont utilisées notamment pour évaluer la pertinence des formations. Il est arrivé, à l'Université, de fermer certaines formations, notamment pour la licence professionnelle ;

· des moyens sont investis dans des filières porteuses d'avenir, avec par exemple, la création d'un Pôle d'excellence cyber en 2014-15.

Pour préparer au mieux les étudiants au monde professionnel :

· Ateliers de 12 à 15 étudiants, 2 à 3 fois par semaine, pour préparer les étudiants à la recherche d'emplois. La technique de l'entretien professionnel est enseignée ;

· mise en place d'un répertoire des métiers, avec un descriptif très précis ;

· 4000 lycéens, par an, se rendent sur le campus, dans le cadre d'« amphi lycéens » (un vendredi par mois) ;

· la dimension « entrepreneuriale » est très développée : programme « imagine ta startup », diplôme de l'étudiant entrepreneur etc. L'idée est aussi de développer cette culture d'entreprise chez les professeurs (« vis ma vie » entre enseignants-chercheurs et chefs d'entreprise).


* 16 David Alis, Maurice Baslé, Jean-Marie Dubois et Aziz Mouline, « Développer au sein de l'Université l'objectif d'insertion professionnelle des étudiants. Une étude de cas d'ambidextrie organisationnelle », Revue politique et management public, janvier-mars 2015, p 45-61.