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Sur les coûts et le financement du Grand Paris Express

14 octobre 2020 : sur les coûts et le financement du Grand Paris Express ( rapport d'information )

B. UNE PRÉOCCUPATION GRANDISSANTE FACE À LA DÉRIVE DES COÛTS ET DES RETARDS DU PROJET

1. Une explosion des coûts constatée en 2017

La Société du Grand Paris (SGP) a traversé une crise importante en 2018 à la suite de la parution en décembre 2017 d'un rapport de la Cour des Comptes qui a mis en lumière une dérive des coûts du projet du Grand Paris Express (GPE) particulièrement inquiétante.

Entre 2013 et 2017, l'estimation du coût à terminaison du GPE est en effet passée de 22,6 milliards d'euros à 35,1 milliards d'euros, ce qui témoignait d'un effort de sincérisation louable bien que tardif mais a remis en cause la soutenabilité du modèle de financement prévu initialement.

Une révision des coûts à terminaison opérée en 2017

Source : Société du Grand Paris

À cette inflation des coûts du GPE sont en outre venues s'ajouter les missions supplémentaires dévolues à la SGP : elle est en effet chargée depuis 2013 de concourir à la modernisation du réseau existant.

Les contributions de la SGP à ce titre ont atteint 486 millions d'euros de dépenses d'intervention en 2019, ce qui représente une charge très significative pour son budget et a également contribué à fragiliser son modèle économique.

2. Un projet entré en phase de réalisation mais dont le calendrier initial de mise en service est compromis

Le chantier du Grand Paris Express (GPE) est entré en phase de réalisation à partir de juillet 2016 et son intensité va croissante. En résulte une forte hausse du budget de la Société du Grand Paris (SGP) ces dernières années, destinée à porter des dépenses d'investissement désormais supérieures à 2 milliards d'euros par an et qui pourraient atteindre prochainement jusqu'à 4 milliards d'euros par an.

Le calendrier de mise en oeuvre du Grand Paris Express (GPE) a toutefois subi de nombreux retards, nécessitant un recalage des objectifs de mise en service par le Premier ministre le 22 février 2018.

Il semble toutefois hautement probable que les nouveaux objectifs fixés en 2018 ne pourront pas tous être tenus, dans la mesure où il apparaît désormais impossible d'assurer la mise en service des lignes 16 et 17 pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024.

Ce nouveau retard particulièrement problématique s'explique en partie - mais en partie seulement - par les effets de la pandémie de Covid819, laquelle devrait par ailleurs avoir un impact important sur les coûts du Grand Paris Express (GPE).