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LE DÉFI DE L'URGENCE

Lors de son entretien27(*) avec Reynold Levy, vice-président d'ATT, votre rapporteur lui a demandé comment ATT avait vécu, au début des années 1980, la situation à laquelle va se trouver confrontée France Télécom, à savoir la disparition de son monopole téléphonique. Reynold Levy, qui était à l'époque conseiller du Président d'ATT, a répondu longuement en introduisant son propos de la manière suivante : " Cela a été très dur. Nous étions Ma'Bell. Nous étions la mère de l'Amérique. Et, on nous demandait de devenir un simple opérateur téléphonique. Nous ne savions pas où cela allait nous mener. (...) C'était l'incertitude quant à l'avenir (...) mais, au présent, nous savions qu'il fallait nous transformer (...) Nous avons fait les choix qui nous apparaissaient les plus adaptés (...) Maintenant nous ne sommes plus Ma'Bell, mais nous sommes restés une très grande entreprise... ".

France Télécom ne s'est jamais appelée " Ma'Bell " mais elle a joué pour la France le rôle qu'a tenu ATT aux Etats-Unis.

Aujourd'hui, elle est, elle aussi, une entreprise à la croisée des chemins.

L'année 1996 lui offre l'opportunité historique de changements à risques encore maîtrisés.

Le refus de ces changements et la tétanie dans le statu quo serait, à terme, synonyme de crise et de déclin, sans que plus jamais puissent se représenter les opportunités existant aujourd'hui.

Il faut donc entreprendre le mouvement sans tarder. Trop d'acteurs économiques attendent les décisions pour agir. Trop d'intérêts nationaux sont en jeu pour prendre le risque de dilapider nos chances.

*

En d'autres termes, France Télécom dispose de tous les moyens nécessaires à la réussite de son adaptation à la nouvelle donne du marché des télécommunications si les mesures à même de faire disparaître ses vulnérabilités sont prises rapidement.

Les changements à opérer ne peuvent toutefois s'envisager qu'en apaisant, par des engagements forts et des propositions claires et cohérentes, les appréhensions de ceux qui pourraient en supporter les conséquences et les craintes de ceux qui auront pour mission de les mener. Tel est l'objet de la deuxième partie du présent rapport.

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