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6 février 1997 : La Nouvelle-Calédonie : vouloir vivre ensemble ( rapport d'information )

 


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b) La santé

Dès le début des années 1990, les résultats sanitaires de la Nouvelle-Calédonie se comparaient à ceux obtenus dans les autres régions de l'outre-mer français et même de la métropole, avec laquelle l'écart tend à disparaître.

Taux comparés des résultats obtenus en matière sanitaire
(Outre-mer et métropole)

 

Nlle-Calédonie 1993


Réunion 1990 (1)


Martinique 1991


Guyane 1992 (1)


Guadeloupe
1991 (1)

Polynésie française 1993


Métropole 1992

Santé

 
 
 
 
 
 
 

- Taux brut de mortalité
(pour 1.000 hab.)


5,3


5,3


5,9


4,1


5,6 95


5,0


9,1

- Espérance de vie
à la naissance
(année)



71,6



73,6



nd



nd


h=73 / f=80 94



70,6


h=73,1 /
f=81,3

- Mortalité infantile
(pour 1.000 hab.)


7,6


6,8


8,5


15,4


7,9 95


9,4


7,2

- Taux d'équipements
en lits d'hôpital
(pour 1.000 hab.)



5,1



4,4 95



10,2



6,4



7,4 95



5,3



nd

- Total médecins/population
(pour 100.000 hab.)


185,7


172,0 95


173,9


146,7


150,0


183,0


278

dont généralistes
(pour 100.000 hab.)


92,6


109,0 95


93,2


88,0


85,0


96,6


140,6

dont spécialistes
(pour 100.000 hab.)


93,1


63,0 95


80,7


58,7


66,0


77,1


137,4

- Dentistes (pour 100.000 hab.)

54,9

45,0 95

33,7

23,5

30,0

38,2

67,2

- Sages-femmes
(pour 100.000 hab.)


104,0


24,0 95


36,2


22,7


28,0


25,5


77,6

- Pharmaciens
(pour 100.000 hab.)


41,0


38,0 95


55,4


24,2


50,0


11,2


90,2

- Infirmiers (pour 100.000 hab.)

355,3

413,0 95

435,9

313,3

300,0

272,4

435,6

- Kinésithérapeutes/Masseurs
(pour 100.000 hab.)


36,6


43,0 95


26,7


19,1


26,0


6,6 (2)


69,1

- Dépenses de santé
par habitant (F/hab.)


7.742


8.470 92


1.270


3.729 91


2.500


6.903


nd

(1) Année concernée si différent année citée plus haut
(2) Comprend uniquement le secteur public
Source : Monographie consacrée à la Nouvelle-Calédonie par l'Institut d'émission d'Outre-mer (1996).

Nouméa dispose ainsi d'un Centre hospitalier territorial (CHT Gaston Bourret) qui doit bénéficier d'une dotation pour rénovation d'environ 100 millions de francs français dans le cadre de la convention Etat/Territoire 1993-1997 (7,1 millions de francs français avaient déjà été déboursés au 30 juin 1996).

Face à cette situation relativement favorable, l'accent a été mis sur un rééquilibrage des infrastructures hospitalières au profit de la province Nord.

Dans cette dernière collectivité, seul existait en effet en 1989 l'hôpital de Koumac, petit établissement hospitalier d'une quarantaine de lits. Une enveloppe de 33 millions de francs français a été dégagée dans le cadre du contrat de développement Etat-province du Nord pour sa rénovation (600 millions de francs CFP).

Les accords de Matignon ont également permis de débloquer le projet, remontant à 1982, de construction d'un établissement hospitalier sur la côte Est. C'est le site de Poindimié, placé à l'extrémité de l'un des barreaux du "H" voulu par Jean-Marie Tjibaou, qui a été retenu.

Réalisation remarquable, l'ouverture de l'hôpital de Poindimié était imminente lorsque votre rapporteur l'a visité.

Le coût de cette opération a été d'environ 1 milliard de francs CFP (55 millions de francs français) dont la charge a été répartie comme suit :

757,6 millions de francs CFP (41,7 millions de francs français) à la charge de l'Etat (75,34 %)

102,9 millions de francs CFP (5,7 millions de francs français) à la charge de la province Nord (10,24 %)

145 millions de francs CFP (8 millions de francs français) à la charge du Territoire (14,42 %).

L'hôpital comprend :

- 1 partie hospitalisation de 44 lits répartis en :

*chirurgie : 18 lits

*médecine : 14 lits

*maternité : 12 lits.

Dans chacun des services de médecine, une chambre est réservée pour des handicapés.

- 1 bloc opératoire constitué de 2 salles d'opération (septique et aseptique), d'une salle de réveil et d'une zone de stérilisation servant aussi pour le reste de l'hôpital,

- 1 bloc obstétrical avec une salle d'accouchement, une salle de pré-travail équipée pour permettre un deuxième accouchement simultané, une salle de réanimation et préparation des nouveaux-nés, une nurserie biberonnerie,

- 1 service d'urgence (3 salles) et soins externes,

- des locaux techniques :

* 1 salle de radiologie avec table télécommandée et ampli de brillance, ainsi qu'un labo de développement avec machine automatique,

* 1 laboratoire de biologie/bactériologie,

* 1 pharmacie,

- 1 bâtiment gestion-consultation avec :

* secrétariat, bureau du directeur, du gestionnaire, etc...

* 5 cabinets de consultation et une salle de soins.

Le budget de fonctionnement est estimé à 296 millions de francs CFP (16,3 millions de francs français) par an, dont 210 millions de francs CFP pour les frais de personnel et 86 millions de francs CFP pour le fonctionnement courant. Toutefois, ces montants ne tiennent pas compte du coût des locations de logement pour le personnel.

Votre rapporteur a pu, en outre, constater la sous-évaluation manifeste du nombre des postes prévus (41) pour assurer la bonne marche d'un hôpital qui présente la particularité d'avoir été construit sur un seul niveau de plain-pied.

Le nombre des surveillantes de nuit (1 poste prévu) en particulier devra certainement être doublé. Or, le coût annuel d'un infirmier est, à lui seul, d'environ 5 millions de francs CFP (275.000 francs français), d'après les indications fournies par le Haut-commissariat.

Une estimation rapide du coût futur de fonctionnement cumulé des hôpitaux de Koumac et de Poindimié porte ainsi sur 1 milliard de francs CFP (55 millions de francs français) par an (données du Haut-commissariat à Nouméa). Votre rapporteur précise que dans le budget pour 1996 de la province Nord (budget primitif et budget supplémentaire), les dépenses de la section de fonctionnement atteignaient déjà 10,4 milliards de francs CFP dont 4,8 milliards de francs CFP au titre des seules dépenses de personnel.

Dans le même temps toutefois, l'ouverture de l'hôpital de Poindimié était retardée par la difficulté à recruter le personnel qualifié nécessaire à son fonctionnement.

Enfin, pour être tout à fait complet, votre rapporteur doit ajouter qu'une fois mis en route, l'hôpital de Poindimié devrait capter une clientèle qui se rendait jusqu'ici au centre hospitalier territorial Gaston Bourret. Pour autant, les coûts de fonctionnement de cet établissement ne diminueraient pas à due proportion compte tenu de la masse des frais fixes.

Correspondant à une demande forte exprimée lors des accords de Matignon, l'hôpital de Poindimié est ainsi devenu un objet de polémique dont votre rapporteur devait souligner tous les tenants et les aboutissants.

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