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La coordination des politiques de l'emploi dans le contexte de l'euro

 

III. 5.3. SYNTHÈSE À LA LUMIÈRE DES PLANS D'ACTIONS NATIONAUX

Il est frappant de constater que les trois premières lignes directrices des Plans d'Actions Nationaux (PAN) pour l'emploi retenues au sommet de Luxembourg de novembre 1997 sont consacrées aux politiques actives. Celles-ci constituent la priorité de ce programme d'action : politiques ciblées pour les jeunes et les chômeurs de longue durée, et activation des politiques passives. C'est d'ailleurs dans ce dernier domaine que les pays membres ont montré le plus de volonté. L'objectif affiché ne s'exprime plus seulement en points de PIB, mais aussi en nombre de chômeurs participant aux programmes de politiques actives qui doit s'élever à 20%.

Concernant la lutte contre le chômage des jeunes, l'objectif fixé est d'offrir un nouveau départ à tout jeune au chômage depuis plus de six mois. Un premier groupe de pays, constitué par l'Allemagne et l'Autriche, doit être considéré à part puisque ces deux pays enregistrent les plus faibles taux de chômage des jeunes (moins de 6%) de l'UE, ce qui est largement dû à un système de formation en alternance. Vient ensuite un groupe de pays (Suède, Pays-Bas, Danemark et récemment Royaume-Uni) dont la politique d'activation et de prévention du chômage des jeunes peut servir d'exemple pour les autres pays membres. Le groupe suivant (France, Irlande, Luxembourg, Espagne, Belgique, Finlande) pour qui l'engagement pris dans les PAN semble avoir déjà eu un impact concret en terme de réaménagement progressif des politiques existantes. Enfin un dernier groupe de pays (Italie, Portugal, Grèce) ne semble pas avoir pris d'engagement significatif dans ce domaine.

Quant à la lutte contre le chômage de longue durée, les différents plans ne semblent pas encore à la hauteur de la gravité de la situation. En 1996, la catégorie des chômeurs de plus d'un an représentait 4,6% de la population active européenne soit 48% des chômeurs. Seuls quelques pays (France, Luxembourg, Espagne et Royaume-Uni) ont présenté des plans répondant aux objectifs affichés lors du sommet de Luxembourg, notamment en ce qui concerne le renforcement du rôle des Services Publics de l'Emploi dans le suivi individuel des chômeurs.

Une autre série de lignes directrices concerne explicitement la formation, des jeunes en particulier (L5, L6, L7, L15). Ces mesures dépassent le cadre étroit des politiques actives puisque c'est le système éducatif dans son ensemble qui est visé. En l'occurrence, malgré la grande diversité des situations de départ, tous les pays membres semblent reconnaître l'efficacité de systèmes d'apprentissage ou de formation en alternance, sur le modèle allemand ou autrichien.

Enfin deux lignes directrices (L18, L19) mettent l'accent sur la réintégration dans la vie active respectivement des personnes qui en ont été tenues éloignées pendant un certain temps, et des personnes handicapées.