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TORRES Henry

Ancien sénateur de la Seine

  • IVème République

    Ancien sénateur de la
    IVe République

Election

  • Elu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 18 mai 1952
  • Fin de mandat le 8 juin 1958 (Ne se représente pas)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

TORRÈS (HENRY), né le 17 octobre 1891 aux Andelys (Eure).

Député des Alpes-Maritimes de 1932 à 1936.

Henry Torrès est né à la sous-préfecture des Andelys, d'un père bordelais et d'une mère d'origine suisse et alsacienne ; son père et son grand-père maternel, M. Levaillant, appartenaient l'un et l'autre à l'administration préfectorale ; ce dernier, qui avait été le collaborateur de Renan pour ses travaux sur le judaïsme, avait, jeune journaliste, été condamné à plusieurs mois de prison pour sa campagne contre Mac-Mahon et était devenu, la crise du 16 mai résorbée, préfet, puis directeur général de la Sûreté nationale et eut à régler la fameuse affaire Schnæbelé.

Après avoir fait ses classes primaires à l'école laïque, Henry Torrès entre au lycée Condorcet et termine ses études secondaires au lycée de Bordeaux. Bachelier, il s'inscrit à la Faculté de droit de Paris et simultanément commence à préparer « Normale supérieure » à Louis le grand... mais il y reste à peine quelques mois, la discipline de la « Khâgne » s'accordant mal avec son caractère. Licencié en droit à 20 ans, il part à Saint-Raphaël diriger un journal hebdomadaire.

Il porte l'uniforme militaire depuis un an lorsque survient la guerre de 1914 : il se conduit brillamment et est décoré de la Croix de guerre avec palmes pour participation aux coups de main ; le 18 octobre 1917, il est très grièvement blessé à l'attaque du Moulin de Laffaux et reçoit la Médaille militaire. C'est au milieu des bombardements, des patrouilles, des relèves et des assauts que le jeune sergent Torrès découvre sa vocation d'avocat ; en effet, il prononce sa première plaidoirie en 1915, devant le Conseil de guerre de la 57e division d'Infanterie : à plusieurs reprises, il arrachera ainsi des camarades au poteau d'exécution.

Réformé en raison de ses graves blessures, il collabore à la Vérité et au Journal du Peuple ; inscrit au barreau de Bordeaux en 1917, il devient avocat à la cour de Paris l'année suivante. On se presse pour l'entendre : aux assises de Paris et de province, à Bruxelles, à Moscou, en Roumanie... Il plaide d'instinct, son éloquence naturelle est servie par une voix incomparable. Maître Torrès conserve une certaine prédilection pour les accusés politiques : il défend Germaine Berton (meurtrière de Marius Plateau), Schwartzbard (qui tua l'instigateur des pogroms tzaristes), les affidés catalans du colonel Macia ; il est à la barre lors du procès des traîtres de Litvinov et au moment de la révision de l'affaire du Bonnet rouge. Il est aussi l'avocat du fakir Tahra-Bey, de la princesse de Broglie, de Lady Owen, Henri Guilbeaux, Klotz, Galmot, etc..

Il prend cependant le temps d'écrire : des dialogues de films, des adaptations de pièces américaines, des critiques dramatiques, des articles politiques ; il collabore notamment à « Gringoire » et à l' « &OEliguvre » dont il assume quelque temps la direction.

Mais, depuis toujours, la politique l'attire : militant socialiste dès 1917, il appartient à cette tendance dont va naître le parti communiste, mais il le quittera en 1921. Conseiller général des Alpes-Maritimes, le voici candidat aux élections législatives dans la 4e circonscription de Nice, le député sortant, Gianotti, ne sollicitant pas le renouvellement de son mandat. Son programme porte sur l'aide sociale dans tous les domaines, insiste sur le désarmement, demande l'extension aux femmes du suffrage universel, réclame un équipement et un développement touristique, suggère la réorganisation du travail parlementaire. Maître Torrès est élu député le 1er mai 1932 au premier tour de scrutin par 7.340 voix sur 17.819 inscrits et 14.258 votants, ses adversaires en obtenant respectivement 4.911 (Bastianelli), 1.393 (Gilli), et 305 (Rouxel). A son arrivée au Palais Bourbon, il s'inscrit au groupe de la gauche indépendante et fera partie de plusieurs commissions : affaires étrangères (il en assurera la vice-présidence), suffrage universel, Alsace et Lorraine et « commission chargée de rechercher toutes les responsabilités encourues depuis l'origine des affaires Stavisky ». Au cours de la législature, il rédige divers rapports et propositions de loi, se passionne pour la politique étrangère, soutient l'entrée de la Turquie à la Société des nations (1932) et l'accord commercial provisoire France-U.R.S.S. (1934). Rapporteur de la proposition de résolution relative au pacte de non-agression franco-soviétique, il la défend avec un tel acharnement qu'il réussit à la faire adopter à l'unanimité (1933) ; il intervient également avec fougue dans le débat sur l'amnistie (1933). Il accorde sa confiance aux gouvernements successifs qui se présentent devant la Chambre à l'exception du 2e cabinet Daladier (il vote contre) et du cabinet Flandin (il s'abstient).

Le 26 avril 1936, Henry Torrès sollicite à nouveau les suffrages des électeurs : il n'obtient au premier tour que 5.250 voix contre 7.273 à Jean Hennessy, de la célèbre famille des distillateurs de Cognac, ancien député de la Charente qui choisit cette fois de se présenter à Nice, les autres candidats récoltant respectivement 1.839, 376 et 178 voix. Et, au second tour, Hennessy l'emporte par 8.130 voix contre 7.454 à son adversaire.

Lorsque la guerre de 1939 éclate, maître Torrès ferme immédiatement son cabinet d'avocat pour se mettre à la disposition du gouvernement. Après avoir été chargé d'une importante mission en Belgique, il est nommé responsable, au ministère de l'Information, de la section Belgique-Hollande, puis directeur au même ministère, de la cinématographie française. Evacué de Paris avec son service, en même temps que le gouvernement, il s'insurge contre les responsables de l'armistice. Après la capitulation, il embarque à Saint-Jean-de-Luz en direction du Maroc dans l'espoir de continuer à servir la France.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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1940-1958

TORRES (Henry)

Né le 17 octobre 1891 aux Andelys (Eure)

Décédé le 4 janvier 1966 aux Andelys (Eure)

Député des Alpes-Maritimes de 1932 à 1936

Sénateur de la Seine de 1948 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VIII, p. 3105)

A l'armistice de juin 1940, Maître Henry Torrès, contraint de quitter le Palais en raison de son engagement anti-nazi, s'embarque à Bayonne pour l'Afrique du Nord sur un bâtiment de la marine britannique puis gagne le Brésil, où il y défend la cause de la France Libre et des alliés, tout en étant chargé de la chaire d'éloquence judiciaire de la faculté de droit de Rio de Janeiro et de Sao Paulo. En mars 1941, il opte pour les Etats-Unis pour y écrire et publier La France Trahie, Pierre Laval et pour enseigner le droit pénal à l'université française de New York. Animateur du comité directeur de France-Forever et du journal France-Amérique, il est en novembre 1944 chargé d'une importante mission à Haïti et à Cuba.

De retour en France à la Libération, il reprend la direction du barreau de Paris pour y plaider notamment dans les affaires Roussy, Joanovici et Secznec.

En novembre 1947, il préside le comité d'initiative du RPF dans la Seine puis est élu en avril 1948 conseiller national du mouvement gaulliste lors des assises nationales de Marseille. Il se présente ensuite au Conseil de la République le 7 novembre 1948 en sixième position de la liste du RPF, conduite par Pierre de Gaulle, dans le département de la Seine. Avec 1152 voix sur 3096 suffrages exprimés, cette liste remporte huit des vingt sièges à pourvoir, et Henry Torrès est donc élu.

A son arrivée au Conseil de la République, il rejoint le groupe d'Action démocratique et républicaine et siège à la commission du suffrage universel et à celle des affaires étrangères qui le désigne pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la mise en oeuvre de la convention de la coopération économique européenne et du programme de relèvement européen.

Si durant son premier mandat au Palais du Luxembourg Henry Torrès ne dépose aucune proposition de loi ou de résolution, la ratification du pacte de l'Atlantique et l'institution de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, la répression des attaques à main armée et de certaines atteintes à la sûreté de extérieure de l'Etat ainsi que la révision de certains articles de la Constitution lui donnent l'occasion d'intervenir dans l'hémicycle.

Le 18 mai 1952, Henry Torrès est reconduit sans difficulté à son siège de sénateur de la Seine en troisième position de la liste RPF emmenée par Edmond Michelet. Avec 979 voix des 3097 suffrages exprimés, cette liste remporte sept élus sur les vingt sièges à pourvoir.

Henry Torrès, qui s'apprête par ailleurs à assumer pendant six ans la vice-présidence de la Haute Cour de justice, s'inscrit alors au groupe des Républicains sociaux, retrouve les deux commissions dont il était membre depuis 1948, et siège à nouveau en 1953 à la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la mise en oeuvre de la convention de la coopération économique européenne et du programme de relèvement européen. En 1956, nommé membre suppléant de la commission de l'intérieur, Henry Torrès quitte la commission du suffrage universel pour celle de la justice.

De 1952 à 1958, il dépose une proposition de résolution sur la responsabilité civile du père de famille à raison des dommages causés par ses enfants mineurs, ainsi que trois propositions de loi portant sur la réintégration des démobilisés prisonniers, déportés et assimilés, l'assainissement économique et financier en ce qui concerne la création de certificats pécuniaires et l'attribution du droit de garde de l'enfant. En séance publique, il pose deux questions orales, une en 1955 au ministre de la défense nationale et des forces armées sur l'avancement des travaux de la commission d'enquête concernant Dien-Bien-Phu et une autre en 1956 au ministre des affaires étrangères suite au discours de son secrétaire d'Etat ayant affirmé, devant l'Association de la presse diplomatique, que face à l'Allemagne, la France et la Russie n'ont plus d'intérêt commun. Il intervient en séance publique à une vingtaine de reprises notamment sur la politique extérieure et la révision de la Constitution, la propriété littéraire et artistique et la liberté de la presse, l'état d'urgence sur le territoire métropolitain et la reconduction des pouvoirs spéciaux en Algérie.

Membre du groupe des Républicains sociaux jusqu'en octobre 1956, il s'apparente alors au groupe des Indépendants d'outre-mer et du Rassemblement démocratique africain (RDA), avant de rejoindre le comité directeur de l'UDT en 1959.

Les 2 et 3 juin 1958, après s'être prononcé en faveur des pleins pouvoirs et de la révision constitutionnelle, Henry Torrès ne sollicite pas le renouvellement de son mandat puis est nommé le mois suivant à la présidence du Conseil supérieur de la RTF. Il poursuivra sa carrière professionnelle dans l'audiovisuel.

Auteur dramatique, Henry Torrès a adapté à la scène le Procès de Mary Dugan et le roman d'Agatha Christie Témoin à charge et créé non sans succès au théâtre des Ambassadeurs la pièce Edition spéciale arrangée par la suite pour la radiodiffusion. Il a également publié en 1957 Accusés hors série dans la collection L'Air du Temps et en 1958 De Clemenceau à de Gaulle, ce que je n'ai pas dit aux Editions Mondiales.

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Photo de M. Henry TORRES,
Appartenance politique
Groupe des Républicains Sociaux
Etat-civil
Né le 17 octobre 1891
Décédé le 4 janvier 1966
Profession
Avocat
Département
Seine