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PONIATOWSKI Michel

Ancien sénateur du Val-d'Oise

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Sénateur le 10 janvier 1989 (en remplacement de M. Pierre SALVI, décédé.)
  • Fin de mandat le 1er octobre 1995 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la délégation pour l'Union européenne

Fonctions antérieures

  • Ministre
  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
  • Membre de la délégation pour l'Union européenne

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

PONIATOWSKI (Michel)

Né le 16 mars 1922 à Paris

Décédé le 15 janvier 2002 à Opio (Alpes Maritimes)

Député du Val d'Oise de 1967 à 1973

Ministre de la santé publique de 1973 à 1974

Ministre de l'intérieur de 1974 à 1977

Sénateur du Val d'Oise de 1989 à 1995

Descendant d'une vieille famille polonaise et italienne qui a donné un roi à la Pologne, un maréchal d'Empire à la France et un feldmaréchal à l'Autriche, le prince Michel Poniatowski nait le 16 mai 1922 à Paris. Pendant la Seconde guerre mondiale, il s'engage dans la Résistance. Parachuté en France en 1943 pour secourir le maquis de la Drôme, il est blessé pendant les combats de la Libération, décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre et de la Légion d'honneur.

Après la guerre, titulaire d'une licence en droit, Michel Poniatowski entre à l'Ecole nationale d'administration (promotion « Croix de la Lorraine ») puis est affecté au ministère des finances en 1948. Chef de cabinet du directeur des finances du Maroc (1949-1952), premier suppléant français à l'Union européenne de paiement (1954), il est nommé conseiller technique au cabinet de Pierre Pfimlin, ministre des finances, en 1955. Après un bref séjour aux Etats-Unis d'Amérique, en qualité d'attaché financier à Washington en 1956, Michel Poniatowski revient en France et retrouve le ministère des finances comme directeur adjoint du cabinet de Pierre Pfimlin (1957). Il est ensuite nommé conseiller économique et financier auprès de l'ambassade de France au Maroc, avant de retrouver sa fonction de directeur adjoint du cabinet de Pierre Pfimlin, cette fois non plus au ministère des finances mais à la présidence du Conseil (1958).

Directeur du cabinet de Valéry Giscard d'Estaing au secrétariat d'Etat aux finances (1959-1962), Michel Poniatowski est nommé chargé de mission (1962-1965) auprès de celui-ci quand il devient ministre des finances, puis directeur des assurances au sein du ministère des finances (1963-1967). Cette collaboration avec Valéry Giscard d'Estaing marque un tournant dans son engagement politique.

En 1967, il est élu député républicain indépendant du Val d'Oise. Membre de la commission des finances, Michel Poniatowski rapporte les projets de loi de finances pour 1970 (affaires culturelles et cinéma), pour 1971 et 1972 (agriculture). Il est l'auteur de plusieurs propositions de lois tendant notamment à la protection des oeuvres artistiques et à l'assainissement du marché artistique, à la possibilité pour les associations de défense des consommateurs de se porter partie civile devant les tribunaux, à la création d'un Office national des routes de France, et à celle d'un haut-commissariat à la défense des droits de l'Homme.

Élu maire de l'Isle-Adam en 1971 - il conservera ce mandat jusqu'en 1999 -, Michel Poniatowski est nommé ministre de la santé publique et de la sécurité sociale de 1973 à 1974, puis ministre de l'intérieur de 1974 à 1977, après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République. Ardent opposant à l'abolition de la peine de mort, il se pose comme le partisan d'une politique de sécurité musclée : « Les Français ont le droit de sortir seuls le soir sans se faire attaquer » martèle-t-il. L'assassinat à Paris de Jean de Broglie, député de l'Eure, en 1976, crée la polémique. Dans cette affaire politico-judiciaire, Michel Poniatowski est accusé d'avoir été informé des projets d'élimination du député, mais de n'avoir rien tenté pour le sauver.

En 1977, il est nommé ambassadeur représentant personnel du président de la République, fonction qu'il conserve jusqu'en 1981. Élu député au Parlement européen, sur la liste conduite par Simone Veil en 1979, il préside la commission du développement et de la coopération de 1979 à 1984, puis la commission de l'énergie de la recherche et de la technologie.

En 1989, Michel Poniatowski est proclamé sénateur du Val d'Oise en remplacement de Pierre Salvi, décédé. Ce sera son unique mandat à la Haute assemblée : en 1995, celui qu'on surnomme familièrement « Ponia » décide de ne se pas représenter, estimant que le mandat de sénateur « est un long bail, peut-être un trop long bail et, bien que le métier soit passionnant, il est toujours bon de savoir mettre un terme à une activité trop longue dans son exercice ».

Dès son arrivée au Palais du Luxembourg, il s'inscrit au groupe des Républicains et indépendants. Il siège au sein de la commission des affaires étrangères et est élu membre de la délégation parlementaire pour les Communautés européennes puis de l'Union Européenne dont il devient, en 1990, vice-président. Cet irréductible opposant à l'Europe de Maastricht, s'y distingue par des interventions vigoureuses à l'encontre de ce traité qu'il juge, le 10 juin 1992, en séance publique, inconstitutionnel et caduc. Il vote contre la loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre : « De l'Union européenne ». Outre ses interventions visant à expliciter son rejet de la politique européenne, il s'intéresse également, en 1993, aux aides allouées aux travailleurs immigrés et à leurs familles, et vote la loi relative aux pensions de retraite et à la sauvegarde de la protection sociale.

Son action au Sénat s'inscrit dans la suite de ses prises de positions exprimées dès 1991 contre l'immigration. En effet, Michel Poniatowski se distingue de sa famille politique d'origine en militant en faveur d'une alliance de la droite classique et du Front national. Il explique alors : « le FN n'est pas notre ennemi. Il est notre concurrent ». Ses sorties, notamment lorsqu'il affirme que « la France est devenu un campement avancé du tiers monde africain » ou que « la population immigrée, principalement maghrébine et noire, est hautement criminogène », embarrassent le Parti républicain dont il est encore président d'honneur. Pour lui, Jean-Marie Le Pen « pose sur l'immigration une bonne question à laquelle jusqu'à maintenant, on a apporté de mauvaises réponses ». Valéry Giscard d'Estaing est contraint d'intervenir pour préciser : « comme ami de longue date, je me tais. Comme président de l'UDF, je désapprouve les positions répétées de Michel Poniatowski qui contredisent celles de notre mouvement ». Dès lors, l'ancien ministre s'éloigne de l'UDF qu'il quitte définitivement en 1998 pour rejoindre la Droite libérale chrétienne de Charles Millon, formation qui préconise elle aussi une alliance avec le FN. Durant ces années, il dit également sa volonté d'instaurer un scrutin proportionnel aux élections législatives afin de faire éclore « une vraie droite et un vrai centre » jugeant que « ce qui est dangereux, c'est quand la droite s'intègre au centre, qu'elle s'approprie ses mots d'ordre et son esprit ».

Retiré de la scène politique nationale en 1995 après avoir soutenu Edouard Balladur dont il apprécie « l'équilibre, la lucidité et l'énergie », et en qui il voit « un sage résolu », ce passionné d'histoire publie ses mémoires en 1997 après des ouvrages sur la Russie, la France, Talleyrand et les grandes figures de sa famille. « J'ai fait de la politique à la demande de Giscard, mais mes goûts me portent à l'Histoire » confie-t-il alors.

Michel Poniatowski a transmis le goût de la chose publique à son fils aîné, Ladislas, sénateur républicain indépendant de l'Eure, et à son fils Axel, député du Val d'Oise. Cette figure du giscardisme, homme à poigne aux idées ancrées à droite, s'éteint dans sa propriété d'Opio, des suites d'une longue maladie, à l'âge de 79 ans. « Michel était un ami au sens simple du terme, pour moi sa perte est celle d'un frère » confie alors l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing.

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Photo de M. Michel PONIATOWSKI, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe des Républicains et Indépendants
Etat-civil
Né le 16 mai 1922
Décédé le 15 janvier 2002
Profession
Administrateur civil
Département
Val-d'Oise