Appartenance politique :
Membre du Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen
État civil :
Né le 29 janvier 1964
Décédé le 2 février 2022
Département :
Essonne
Vème République

Ancien sénateur de la Ve République


Travaux parlementaires

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République


LÉONHARDT (Olivier)

Né le 29 janvier 1964 à Suresnes (Hauts-de-Seine)

Décédé le 2 février 2022 à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne)

Sénateur de l'Essonne de 2017 à 2022

Olivier Léonhardt voit le jour le 29 janvier 1964 à Suresnes, dans la banlieue ouest parisienne. Il n'a que seize ans, quand, élève au lycée Turgot à Paris, il rejoint adhère au Parti socialiste (PS). Dès lors, il s'engage pleinement dans le militantisme, le menant de front avec des études de droit public. En 1984, il est l'un des cofondateurs de SOS Racisme, aux côtés d'Harlem Désir, Julien Dray et Malek Boutih. Cet engagement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie devient dès lors le combat de toute une vie.

En 1991, il poursuit son militantisme en devenant collaborateur parlementaire de Julien Dray, député socialiste de l'Essonne. Puis il obtient son premier mandat en 1995 : il est élu conseiller municipal de Sainte-Geneviève-des-Bois sur la liste divers gauche conduite par le maire sortant Pierre Champion. Nommé maire adjoint, il voit son mandat de conseiller municipal renouvelé aux élections municipales de mars 2001. Mais dès juin 2001 il est élu maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne, succédant à Pierre Champion qui a démissionné pour respecter le non-cumul des mandats. Réélu ensuite en 2008 et 2014, Olivier Léonhardt administre, au total, Sainte-Geneviève-des-Bois durant seize ans (2001-2017). Défenseur inlassable de sa commune, il se bat pour son désenclavement par une amélioration de sa desserte par le RER C, et pour son développement, en s'engageant, en particulier, en faveur du projet d'aménagement de la base aérienne 217. Parallèlement, il préside, à partir de 2008, la communauté d'agglomération du Val d'Orge, devenue Coeur d'Essonne Agglomération en 2016.

Aspirant également à remporter un mandat parlementaire, il se présente aux élections sénatoriales du 24 septembre 2017. Candidat à la tête de la liste divers gauche « L'Essonne qui se bat ! », qui obtient un siège en obtenant 272 des 2 386 suffrages exprimés, il est élu sénateur de l'Essonne. Il renonce alors à sa mairie de Sainte-Geneviève-des-Bois ainsi qu'à la présidence de Coeur d'Essonne Agglomération.

Exclu du PS pour avoir conduit une liste dissidente, il s'inscrit au groupe sénatorial du Rassemblement démocratique et social européen. D'abord membre de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable (2017-2020), il rejoint ensuite la commission des affaires sociales (2020-2022).

Les transports constituent l'un de ses chevaux de bataille au Sénat. Très investi dans les travaux préparatoires du projet de loi d'orientation des mobilités en 2019, il milite pour un renforcement des dessertes de proximité, dans lesquelles il voit un moyen de réduire les inégalités territoriales. Il s'exprime aussi en séance publique pour soutenir la nationalisation des sociétés concessionnaires d'autoroutes (2019) et l'organisation d'un référendum sur la privatisation d'Aéroports de Paris (2020).

Le sénateur essonnien dénonce les dysfonctionnements des transports en commun franciliens, ainsi que les inégalités de ces transports entre Paris et les départements de la grande couronne. En 2018, déplorant la répartition « scandaleuse1 » des transports en Île-de-France, il appelle à « un rééquilibrage significatif des investissements au niveau régional » en faveur des départements de la grande couronne2 ». En 2019, lors du débat sur la gratuité totale dans les transports collectifs, il estime que les usagers ne souhaitent pas prioritairement cette gratuité mais « tout simplement des transports qui fonctionnent3 ». À ses yeux, la solution consiste à « créer des transports légers pour couvrir, les besoins, très importants, des 4,5 millions d'habitants de la grande couronne parisienne4. » Plus largement il se bat en faveur de l'égalité entre ces habitants et les Parisiens dans tous les domaines. Par exemple, en 2018, il plaide pour que les demandes d'inscriptions sur Parcoursup des étudiants de banlieue soient traitées « sur un pied d'égalité avec celles des Parisiens, sur la seule base de leurs résultats et de leur mérite5 ».

Au Sénat, Olivier Léonhardt met en avant les valeurs républicaines, à commencer par la laïcité. Lors d'un débat en séance publique, en 2020, il loue cette dernière comme « la protection de tous les individus face à la tentation d'une norme philosophique ou religieuse promulguée hors de la démocratie6 ». Il représente d'ailleurs la Haute Assemblée à l'Observatoire de la laïcité en 2019 et 2020.

Son engagement contre le racisme et l'antisémitisme porte le cofondateur de SOS Racisme à s'indigner, en février 2019, de la profanation du mémorial d'Ilan Halimi à Sainte-Geneviève-des-Bois. Jugeant que l'assassinat de ce jeune, après vingt-quatre jours de tortures, en raison de son appartenance à la communauté juive « avait malheureusement un caractère annonciateur7 », il réclame une nette augmentation des moyens dévolus à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

Son combat en faveur de la cause kurde résonne particulièrement dans l'hémicycle sénatorial. En janvier et mars 2018, il dénonce l'intervention de la Turquie dans la région d'Afrin contre les Kurdes, appelant le gouvernement d'Édouard Philippe à protéger ces derniers, au nom de leur contribution décisive dans la lutte victorieuse contre l'État islamique : « Protéger les Kurdes, c'est défendre nos valeurs, c'est lutter contre le terrorisme, par conséquent c'est aussi nous protéger nous-mêmes ! 8 ».

D'autres sujets le poussent à intervenir en séance publique : le service public d'eau potable (2017), les personnels des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (2018), la construction de nouveaux logements (2018), les mobilisations démocratiques en Algérie (2019), la mort de soldats dans l'intervention militaire française au Mali (2019) ou la dégradation des relations entre la police et les citoyens (2020).

Après un combat de plusieurs années contre le cancer, maladie dont il avait informé ses administrés de Sainte-Geneviève-des Bois dès le début, il s'éteint le 2 février 2022. Il venait tout juste d'avoir cinquante-huit ans.

1 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 16 janvier 2018, p. 66.

2 : Ibid., p. 70.

3 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 19 novembre 2019, p. 15832.

4 : Ibid.

5 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 12 juin 2018, p. 5721.

6 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 8 janvier 2020, p. 102.

7 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 14 février 2019, p. 2474.

8 : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat, séance du 27 mars 2018, p. 3095.

Sources

Archives du Sénat : dossier personnel de sénateur.

Éloge funèbre d'Olivier Léonhardt par le président du Sénat Gérard Larcher : Journal Officiel, comptes rendus des débats du Sénat séance du 19 juillet 2022, p. 2352.

Elu le 24 septembre 2017
Fin de mandat le 2 février 2022 (décédé)

Membre de la commission des affaires sociales
Membre du Groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaires
de Olivier LÉONHARDT

Activités parlementaires

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de Olivier LÉONHARDT

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