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Projet de loi de finances pour 2003 : Enseignement agricole

 

C. LA NÉCESSITÉ D'UNE NOUVELLE AMBITION POUR L'ENSEIGNEMENT AGRICOLE

1. Un constat renouvelé : l'absence de pilotage du dispositif

Votre rapporteur regrettera une nouvelle fois l'absence de réflexion prospective dont souffre depuis plusieurs années l'enseignement agricole.

L'année qui vient de s'écouler n'a pas permis de remédier à cette situation.

En effet, les travaux nécessaires à l'élaboration du quatrième schéma prévisionnel des formations, qui a vocation à définir les orientations de l'enseignement agricole pour la période 2003-2008 n'ont pas encore été engagés. En conséquence, le troisième schéma a été prorogé d'un an.

Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'aucun effort de prospective n'a été accompli par ailleurs. Le débat engagé par le ministère en 2001 afin d'élaborer un « projet pour le service public de l'enseignement agricole » n'a pas constitué une démarche efficace et fédératrice, même si les thèmes choisis correspondaient à de véritables enjeux.

Force est donc de constater que la préparation de la rentrée 2003 s'effectuera en l'absence d'instruments permettant un pilotage de l'ensemble du dispositif.

La gestion à courte vue qui a prévalu jusqu'ici risque de handicaper l'enseignement agricole mais aussi de démobiliser les personnels, qui ont su construire son succès.

Les enquêtes d'insertion prouvent pourtant que l'enseignement agricole continue à remplir parfaitement sa fonction.

Ainsi le développement des filières des services ne s'est pas effectué au détriment de l'insertion des diplômés, et cela alors même que leurs effectifs augmentaient.

Les formations proposées ont su garder leur spécificité. Si la rénovation pédagogique a incontestablement favorisé les passages entre enseignement agricole et enseignement général et technologique ainsi que les poursuites d'études, les formations permettent également aux diplômés de s'insérer, quel que soit le niveau du diplôme, dans de bonnes conditions dans le monde professionnel. On en voudra pour preuve la baisse du taux de chômage chez les titulaires du CAPA, alors même que ceux-ci travaillent moins souvent que par le passé dans le secteur de la production agricole. A l'évidence, la diversification des formations n'a pas entraîné une dilution de la spécificité de l'enseignement agricole mais au contraire a permis aux jeunes de bénéficier de ses méthodes pédagogiques originales, désormais enviées par l'éducation nationale.

Toutefois, cette réussite ne peut perdurer si une nouvelle ambition n'est pas définie.

Si rien n'est accompli, l'enseignement agricole risque de perdre son attractivité. A cet égard, votre rapporteur s'inquiètera de la diminution très significative des effectifs de niveau III, qui n'est peut-être pas sans lien avec l'absence de réflexion sur la nécessité de diversifier les formations post-BTS et révèle une réticence des élèves après le baccalauréat à poursuivre leur cursus scolaire dans les établissements de l'enseignement technique agricole.