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Projet de loi de finances pour 2003 : Pêche

 

III. LA RENTABILITÉ À LA PÊCHE S'AMÉLIORE MAIS RESTE FRAGILE

A. UNE RENTABILITÉ MEILLEURE MAIS FRAGILE

Historiquement, le monde de la pêche a subi une crise brutale en 1992-94, liée principalement à la baisse généralisée des prix associée aux dévaluations compétitives de nos principaux clients (Espagne-Italie) et concurrents (Royame-Uni).

On notera toutefois, que, depuis fin 1996 le redressement des cours a permis d'améliorer le résultat des entreprises. Cette amélioration reste toutefois fragile. Ainsi, au cours de l'année 2000, la forte hausse du prix du carburant a-t-elle eu des effets sensibles et rapides sur les comptes d'exploitation.

Néanmoins, depuis la mi-2001, grâce notamment à la mise en place du plan d'aide gouvernementale ainsi qu'à la bonne tenue des cours du poisson et à une certaine modération des cours du carburant, la rentabilité des entreprises de pêche a globalement retrouvé un niveau satisfaisant.

D'une manière générale, la pêche française se caractérise par une extrême diversité des conditions d'exploitation des navires tenant, notamment, aux modes de propriété, aux types de navires exploités, ainsi qu'aux lieux géographiques de pêche et de débarquement.

Ainsi, s'il existe de bons taux de rentabilité pour certaines entreprises de pêche, pouvant atteindre 15 à 20 % des capitaux investis sur certaines pêcheries spécialisées, d'autres métiers, notamment en pêche fraîche, connaissent des difficultés persistantes depuis l'embellie observée pendant l'année 1998.

Certains types de pêche, en particulier chalutière, sont en effet très sensibles à la hausse des coûts d'exploitation induite par la hausse du prix du gazole. En effet, le carburant représente le deuxième ou troisième poste de dépense, après ceux des personnels et d'entretien/réparation et a pu s'élever en 2000 à plus de 20 % du chiffre d'affaires (contre 10 % début 1999) d'un navire. Les effets de cet alourdissement de charges ont été d'autant plus sévères que la structure du marché des produits de la mer rend sa répercussion très difficile sur le prix des produits vendus.

Ainsi, si l'on peut noter une certaine tendance à l'amélioration du poste budgétaire « carburant » au cours de l'année 2001, la prudence reste de mise tant il paraît difficile de dessiner des tendances de long terme sur plusieurs paramètres d'exploitation (cours du poisson, cours du carburant...). La rentabilité reste donc fragile et hautement tributaire de facteurs exogènes.

Outre ces éléments conjoncturels, il convient de souligner que le relatif vieillissement de la flotte, dû notamment aux contraintes communautaires imposées par le POP, n'est pas sans incidence sur la rentabilité économique, sans parler de la sécurité de la navigation.