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Projet de loi de finances pour 2003 : Industrie

 

II. LES SECTEURS INDUSTRIELS SENSIBLES

A. L'INDUSTRIE TEXTILE

L'industrie du textile et de l'habillement représente près de 200.000 emplois en France et regroupe environ 2.800 entreprises, pour un chiffre d'affaires en 2001 de l'ordre de 26 milliards d'euros. Directement et indirectement, ce sont près de 450.000 salariés qui sont concernés. Ces industries ont cependant été affectées par de lourdes restructurations : en vingt ans, elles ont perdu près de 55 % de leurs effectifs. Cette évolution inquiétante est appelée à se poursuivre du fait notamment de la montée en puissance de certains pays en voie de développement.

En effet, les industries du textile et de l'habillement ont une technicité accessible à la plupart des pays et les coûts de main d'oeuvre dans la valeur ajoutée pèsent lourdement. De ce fait, la pression concurrentielle croissante des pays à faible coût de main d'oeuvre a pesé fortement sur l'ensemble de ces secteurs. En 2000, deux tiers du marché français de l'habillement était approvisionné par des importations en provenance de sociétés étrangères. On constate donc dans les secteurs du textile et de l'habillement une baisse progressive des parts de marchés mondiales des pays développés.

1. Conjoncture et perspectives

Le secteur traverse actuellement une conjoncture difficile. Entre 2000 et 2001, la production française en volume (tonnages) a enregistré un repli de 6 % et les industriels restent pessimistes pour 2002, en raison d'un volume de commandes jugé trop faible.

Par ailleurs, le solde du commerce extérieur était déficitaire de 6,5 milliards d'euros en 2001, poursuivant un mouvement ancien. La balance commerciale s'est en effet fortement dégradée depuis 1980 du fait de la pression des importations et de la délocalisation.

2. Une structure industrielle fragile

a) Un tissu industriel composé de PME/PMI

L'industrie du textile et de l'habillement est composée essentiellement de PME. Ces entreprises sont implantées dans les régions traditionnellement industrielles comme le Nord-Pas-de-Calais et la région Rhône-Alpes, qui emploient 46 % des effectifs des industries textiles. Ces industries sont également présentes en Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Picardie et Midi-Pyrénées. L'habillement est implanté principalement en Ile-de-France (59 % des effectifs), Pays de la Loire, Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes et Centre.

Certaines régions ont été plus particulièrement touchées par les restructurations industrielles. Ainsi, la région Rhône-Alpes, notamment les départements de l'Ardèche et de la Drôme, pâtissent fortement de la crise que traversent les industries textiles situées en amont du secteur (moulinage, texturation, peignage, filature). La région des Pays de la Loire, qui comporte un nombre important d'entreprises de confection, a été très affectée par le transfert d'activités industrielles dans les pays à bas coût de main-d'oeuvre.

b) Une évolution inéluctable ?

L'analyse des facteurs de la concurrence internationale montre que la tendance à la restructuration permanente de l'industrie ne devrait pas se ralentir car le différentiel de coût de travail avec les pays en développement ne devrait pas se réduire sensiblement à court terme, et d'autres pays (Vietnam, Cambodge) font leur apparition sur le marché mondial. Par ailleurs, la croissance de la consommation a lieu surtout dans les nouveaux pays industrialisés, et ceux-ci procèdent à des investissements de capacité considérables (Turquie, Chine, Inde). Enfin, la libéralisation du commerce international devrait être effective en 2005, avec la fin des accords multi-fibres (AMF) et l'entrée de la Chine dans l'Organisation Mondiale du Commerce. Il en résultera sans aucun doute dans un premier temps un renforcement de la concurrence internationale au bénéfice de la Chine et de l'Inde.

Dans le contexte international du dernier trimestre 2001, l'Union européenne a été amenée à accorder des avantages au Pakistan. En particulier, ses quotas d'importation à destination ont été augmentés de 15 %, en plus des mesures déjà comprises dans l'accord bilatéral textile de progression automatique. Ces mesures ont surtout permis à ce pays de conforter sa position de premier exportateur de linge de lit dans l'Union, accroissant les difficultés des producteurs français de la région Nord et des Vosges.