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PREMIÈRE PARTIE -

LA SITUATION DES INDUSTRIES AGROALIMENTAIRES

I. DES RÉSULTATS CONJONCTURELS RÉVÉLANT UNE INDÉNIABLE MOROSITÉ

A. AU NIVEAU INTERNE : UN SECTEUR CONNAISSANT UNE STAGNATION DANS UNE CONJONCTURE INDUSTRIELLE DIFFICILE

1. Les résultats généraux

 Selon l'enquête annuelle d'entreprise sur les IAA réalisée par le ministère chargé de l'agriculture, l'indice de la production industrielle des IAA stagne en 2003 (+0,2 %), après avoir crû de 1,4 % l'année précédente. Les résultats auraient sans doute été négatifs si l'épisode de canicule n'avait pas eu pour effet de « doper » l'industrie des boissons et surgelés au troisième trimestre, en dynamisant de 2,2 % l'activité de l'ensemble du secteur.

S'ils n'ont rien d'excellents, ces résultats sont toutefois à mettre en perspective avec ceux enregistrés par l'industrie manufacturière, qui voit son activité se détériorer de 1 % sur l'ensemble de l'année 2003, après un recul de 1,8 % en 2002.

 Le chiffre d'affaires des IAA ne progresse que de 0,4 % en moyenne annuelle, l'industrie des boissons obtenant les meilleures performances (+4,1 %) du fait de la canicule. Là encore, les indicateurs sont plus favorables que pour l'industrie manufacturière, dont le chiffre d'affaires recule de 0,7 % sur l'ensemble de l'année.

 L'emploi salarié des IAA reste en hausse, quoique très faible (+0,2 %), pour l'année 2003, avec la création de 900 emplois. Le contraste est ici encore plus marqué avec les industries manufacturières, dont les effectifs ont diminué de 91.300 emplois durant la même période (-2,8 %).

 Les prix des produits agroalimentaires augmentent de 0,9 % sur l'année 2003, après avoir enregistré une baisse de 0,2 % l'année précédente.

 La consommation des ménages en produits alimentaires subit un léger repli (-0,3 %) sur l'ensemble de l'année, en raison d'une diminution notable (-2,7 %) au cours du quatrième trimestre.

Ces résultats globalement moroses doivent toutefois être nuancés. D'une part, ils interviennent dans une conjoncture économique contrainte et sont comparativement meilleurs que ceux des industries manufacturières. D'autre part, les résultats connus pour le premier semestre de l'année 2004 sont encourageants, la production et le chiffre d'affaires des IAA progressant dans un contexte de reprise internationale.

2. Les résultats sectoriels

D'un point de vue sectoriel, les résultats enregistrés en 2003 font apparaître :

- un accroissement de 1,7 % de la production de viandes et préparations à base de viandes (contre 1,2 % en 2002) et une augmentation des prix de 0,4 % (contre un recul de 5,7 % en 2002), permettant un moindre repli -de 0,8 %- du chiffre d'affaires global (contre 1,1 % en 2002) ;

- une faible progression du chiffre d'affaires du secteur des fruits et légumes (+0,6 %, après +4 % en 2002), due à de faibles récoltes de fruits et légumes suite à des conditions climatiques exceptionnelles, à un net ralentissement des ventes de légumes préparés et à une baisse des exportations de jus de fruits ;

- un accroissement de 1,6 % de la production de corps gras (après un recul d'1 % en 2002), grâce à une très forte accélération de l'activité dans les filières des huiles brutes et raffinées au troisième trimestre, s'accompagnant d'une diminution des exportations de 5 %, d'une baisse des prix de 4,6 % et d'un ralentissement de la hausse du chiffre d'affaires (+1 %, contre +5,2 % en 2002) ;

- une baisse de 0,7 % de l'activité du secteur laitier qui, malgré une diminution de 1,1 % des exportations, n'empêche pas le maintien du chiffre d'affaires global (+0,3 %), du en grande partie à la bonne performance des secteurs « glace » et « lait de consommation et produits frais » durant la période de canicule ;

- un recul de 0,7 % de l'activité du secteur des grains, s'accompagnant cependant d'un accroissement notable (+3,9 %) du chiffre d'affaires global ;

- une forte hausse de la production d'aliments pour bovins due à la pénurie de fourrages durant la sécheresse et une baisse de celle d'aliments pour porcins, volailles et animaux de compagnie qui, alliées à une diminution des prix de 1,8 % du secteur de l'alimentation animale dans son ensemble, provoquent un recul de 2,3 % de son chiffre d'affaires global ;

- un ralentissement (+2 %, contre +5 % en 2002) de la production de boissons sur l'ensemble de l'année, malgré la forte demande due à la canicule, ainsi qu'une baisse de 0,2 % des exportations, qui n'empêchent pas le maintien d'un chiffre d'affaires en hausse soutenue (+4,1 %, après +6,3 % en 2002) en raison d'une hausse de 2 % du niveau des prix.

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