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C. DES ATOUTS IMPORTANTS À VALORISER

 Le premier avantage des biocarburants réside naturellement dans leur impact réduit sur l'environnement, en ce qui concerne plus précisément les rejets de gaz biocarboniques (CO2) dans l'atmosphère. Si leur combustion provoque la libération d'autant de CO2 que les hydrocarbures pétroliers, ce CO2 correspond à celui que la plante a consommé dans l'atmosphère pendant sa croissance. Il ne provient donc pas des profondeurs du sous-sol terrestre et n'augmente pas le volume global des émissions dans l'atmosphère.

Sur la base des surfaces agricoles affectées à la production de biocarburants, un gain estimé à 800.000 tonnes équivalent CO2 a été réalisé en 2003. En ce qui concerne l'impact sur les émissions de gaz à effet de serre, celui de la filière éthanol est 2,5 fois moindre par rapport à celui de la filière essence tandis que celui de la filière diester est 3,5 fois moindre par rapport à celui de la filière gazole. Un usage accru des biocarburants contribuerait donc au respect des critères de réduction d'émission des gaz à effet de serre imposés par le protocole de Kyoto, que l'Union européenne a ratifié.

 Outre cet intérêt environnemental, et malgré un écart apparent de compétitivité avec les hydrocarbures, les biocarburants présentent un intérêt économique certain dans la mesure où ils induisent une économie globale au niveau des comptes de la nation.

Celle-ci peut s'illustrer de la façon suivante pour une cotation -théorique- du brent à 30 dollars le baril et de l'euro à 1,2 dollars : les dépenses extérieures s'évaluent à plus de 15 euros par hectolitre pour un hectolitre d'hydrocarbure, contre moins de 10 euros par hectolitre pour un hectolitre de biocarburants. Chaque hectolitre de biocarburant représente donc un gain global de plus de 5 euros pour la nation. Cet avantage comparatif se trouve bien entendu renforcé dans une période de forte inflation des cours du pétrole, comme c'est le cas actuellement.

La valeur ajoutée supérieure des biocarburants en main d'oeuvre explique principalement cet écart. En effet, le nombre d'emplois créés ou maintenus, directement ou indirectement, a été évaluée en 2003 à 10,5 pour 1.000 tonnes d'EMHV et à 6,3 pour la filière éthanol. Rapportés à la production de cette même année, ces chiffres correspondent à un total de 4.300 emplois créés ou préservés, dont 80 % pour la filière EMHV.

 Le troisième atout des biocarburants, complémentaire avec le précédent, réside dans la valorisation des terres agricoles que son développement induit. En 2003, les biocarburants ont ainsi mobilisé 320.000 hectares de terres relevant pour l'essentiel du régime de la jachère alimentaire. Sur ce total, environ 300.000 hectares environ correspondent à des oléagineux (colza essentiellement), le solde se répartissant pour moitié entre blé et betteraves.

Les zones de culture destinées à l'élaboration de biocarburants sont majoritairement situées en régions Centre, Champagne-Ardenne, Picardie, Bourgogne, Poitou-Charentes, Lorraine et Ile-de-France. La culture du tournesol est plus particulièrement localisée en Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire et Centre.

Les répercussions en termes d'emploi pour le monde agricole et agro-industriel ne doivent pas être sous estimées. Ainsi, la production de biocarburants en France fait travailler actuellement pas moins de 60.000 agriculteurs, tandis qu'environ 400 coopérateurs sont concernés par la collecte des matières premières agricoles destinées à la production de ces « carburants verts ».

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