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II. UN SECTEUR STRUCTURELLEMENT TOUJOURS FRAGILE

A. DES PARTS DE MARCHÉ EN RECUL RÉGULIER

Si les IAA françaises -qui composent 72,4 % des exportations, 67,4 % des importations et 89,7 % du solde agroalimentaire total- continuent de porter notre pays à la seconde place des puissances exportatrices de produits agroalimentaires derrière les Etats-Unis, elles marquent nettement le pas depuis quelques années, la France connaissant un recul progressif de ses parts de marché à l'étranger.

Ainsi, le rythme de croissance du marché européen intrazone croît plus rapidement que celui des exportations françaises à destination de l'Union européenne. Les efforts consentis sur leurs marges par les industriels pour faire face à la concurrence accrue de pays exportateurs sur le marché européen sont restés inefficaces. Les pertes de parts de marché chez nos principaux clients (Allemagne, Belgique, Royaume-Uni et Italie, qui représentent presque la moitié des pays destinataires de nos exportations) sont inquiétantes à cet égard.

Cette évolution s'explique à la fois par la montée en puissance de certains pays européens (Allemagne, Espagne...) et par l'ouverture progressive du marché européen aux pays tiers (Mexique, Argentine...). Elle concerne l'ensemble des produits, mais surtout les vins et spiritueux et les produits laitiers. Les exportations françaises ne bénéficient que marginalement de l'ouverture des marchés en croissance des pays tiers ; ainsi, ce sont les Etats-Unis qui profitent le plus de l'augmentation des importations chinoises, tandis que Chinois et Australiens sont aux premières places sur les marchés coréens et japonais.

Ces performances en recul se retrouvent à l'échelle européenne. L'Union perd ainsi des parts de marché au profit de grands pays agricoles tels que le Brésil, le Canada, l'Australie, la Chine et l'Argentine. Elle enregistre un important déficit de ses échanges agroalimentaires avec le reste du monde, et notamment avec les pays d'Amérique du Sud, d'où provient près du quart de ses importations.

B. UN TISSU INDUSTRIEL À LA FOIS CONCENTRÉ ET DISPERSÉ

La structuration de l'industrie agroalimentaire fait apparaître de très fortes concentrations dans certains secteurs. C'est ainsi que les quatre premières entreprises du secteur de l'eau plate se partagent la quasi totalité du marché. La filière sucre est un autre exemple caractéristique de ce processus, puisque la nouvelle entité issue du rachat de Beghin Say par un consortium constitué par l'Union SDA et l'Union BS contrôle désormais 60 % de la production française de betteraves à sucre.

La période 2003-2004 s'est caractérisée, à cet égard, par un accroissement des opérations de fusion, acquisition et alliance et un renforcement notable du rôle joué par les fonds d'investissement dans les restructurations. Leurs motivations demeurent la recherche d'une taille critique pour rentabiliser des investissements lourds, diversifier les risques, se recentrer sur quelques activités ou accroître les débouchés.

Parallèlement à cette forte concentration touchant de nombreux secteurs, le tissu industriel de la filière agroalimentaire française se caractérise par un grand éparpillement de ses entreprises. L'enquête réalisée par le service central des enquêtes et des études statistiques du ministère en charge de l'agriculture (SCEES) en 2002 montrait ainsi que les petites et moyennes entreprises (PME), employant moins de 250 salariés, constituent encore pas loin de 90 % du nombre total d'entreprises, occupent 43 % des salariés et réalisent 41 % du chiffre d'affaires.

Principalement présentes dans les secteurs de la charcuterie, des plats préparés et de la découpe de viande, des boissons et du chocolat, les PME réussissent d'autant mieux qu'elles choisissent un segment de marché spécialisé et porteur, et qu'elles développent un ancrage régional fort.

A côté de ces nombreuses PME, gravitent une dizaine de milliers de petites entreprises employant moins de 20 salariés -dont 90 % en comptent même moins de 10- présentes tout particulièrement dans les secteurs de la viande et de la boisson. Mais leur disproportion en terme d'impact économique est flagrante puisque si elles représentent les trois quarts des entreprises de l'agroalimentaire, elles n'emploient que 8 % de ses effectifs, réalisent 6 % des investissements corporels et 5 % du chiffre d'affaires total.

Conscient de la nécessité de soutenir plus activement ce nombre important de PME, le ministre en charge de l'agriculture travaille actuellement, à la demande du Premier ministre, à l'élaboration d'un partenariat national pour le développement de l'industrie agroalimentaire. Parmi ses divers objectifs figurera en bonne place la création d'instruments propres à accroître la compétitivité des entreprises françaises, au premier rang desquelles les PME, en levant certains obstacles à leur croissance.

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