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Projet de loi pour le développement de la participation et de l'actionnariat salarié

 

B. QUATRE BESOINS ESSENTIELS DE L'HOMME ET DU SALARIÉ

1. Le besoin d'être

Le besoin d'être est un élément vital pour les salariés qui ont besoin d'être reconnus non seulement au regard du travail qu'ils ont accompli, mais également dans leur propre essence, c'est-à-dire pour leur qualité d'être humain.

Cette vision est à rebours d'une conception fonctionnaliste d'homme outil, qui imprègne le marxisme, l'homme étant exclusivement interprété comme une force de travail productive, dénuée de sentiment dans l'exercice de ses fonctions professionnelles.

Traduction concrète du besoin d'être, le besoin de reconnaissance s'applique à l'ensemble des niveaux hiérarchiques.

La reconnaissance du travail peut se définir comme la capacité de l'employé à améliorer naturellement le processus industriel auquel il participe.

2. Le besoin de savoir

Le besoin de savoir implique une connaissance réelle par les salariés des règles de gestion de l'entreprise.

En tant que chef d'entreprise, votre rapporteur pour avis a toujours placé au coeur de ses préoccupations la cohésion sociale et la responsabilité sociale.

Pour mieux intégrer les salariés à l'environnement de leur entreprise, il estime qu'ils doivent mieux en saisir les mécanismes. En effet, une nouvelle donne économique s'est opérée en l'espace de dix ans : la globalisation, l'ouverture des frontières, la libre circulation des personnes et le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication ont changé le quotidien de nos entreprises en France.

Pour que les forces vives des entreprises, en l'occurrence les salariés, comprennent ces évolutions et sachent quels impératifs guident l'activité de l'entreprise, votre rapporteur pour avis attache une importance majeure à la formation des salariés à la gestion de l'entreprise : un amendement en ce sens est proposé à l'article 21 bis du projet de loi.

En effet, trop de domaines restent encore inconnus aux salariés des entreprises : les bilans, l'analyse des cash flows, les ratios de rentabilité, les effets de la hausse des prix, la politique de distribution des dividendes, l'autofinancement, la gestion de l'endettement, l'épargne salariale, le marché, la compétitivité, les mécanismes boursiers, la concurrence, les délocalisations, les stratégies de développement, le rapport avec les banques et les créanciers, la satisfaction du client... constituent encore autant de terrae incognitae pour la grande majorité des salariés. Ces thèmes doivent donc être inclus dans le champ des actions de formation professionnelle.

Cette méconnaissance conduit à la multiplication des réunions que doit organiser la direction pour informer les salariés sur l'état de santé de leur entreprise et la stratégie adoptée par le management : une autre conception de la connaissance des mécanismes de l'entreprise serait un gage d'efficacité.