Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi de finances pour 2007 : Enseignement scolaire

 

b) Le poids d'une orientation « défaillante » vers la voie professionnelle sur la démobilisation des élèves

Si les causes des abandons précoces de scolarité sont multiples, qu'elles soient d'ordre scolaire, familial, social ou économique, « le poids des orientations défaillantes en lycée professionnel et en apprentissage » constitue un « facteur prégnant » : « l'orientation à l'issue du collège reste, sans conteste, un des problèmes majeurs à résoudre en matière de décrochage et de sorties sans qualification » ; en effet, ces phénomènes « trouvent, pour partie, leur origine dans l'absence d'une réelle éducation à l'orientation et d'une information, propre à faciliter les choix, sur les métiers et les voies de formation »52(*). Votre rapporteure rappelle, à cet égard, comme cela sera souligné plus loin, le manque de personnels d'orientation dans les établissements scolaires.

Par ailleurs, les représentantes des conseillers d'orientation-psychologues, entendues par votre rapporteure pour la préparation du présent rapport, ont regretté, à cet égard, que notre système d'orientation n'accorde pas réellement de « droit à l'erreur » aux jeunes.

Or, l'entrée dans la voie professionnelle implique des choix de spécialisation plus précoces de la part d'élèves encore bien souvent peu matures. La multiplicité des filières (155 spécialités en CAP, 47 en BEP, 69 en baccalauréat professionnel et 49 pour les mentions complémentaires), conjuguée à la forte spécialisation de certaines d'entre elles, peut donner aux jeunes le sentiment de s'enfermer dans une « voie sans issue », dont ils n'ont, le plus souvent, qu'une connaissance partielle, voire déformée.

Les contraintes liées à la carte des formations font qu'il est encore plus difficile de parvenir à une stricte adéquation entre les aspirations des élèves et leur orientation effective. En effet, les jeunes n'ont pas forcément à proximité de leur domicile, notamment dans les zones rurales ou montagnardes, des établissements proposant les formations correspondant à leurs voeux.

* 52 Rapport précité sur les « sorties sans qualification ».