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Projet de loi de finances pour 2009 : Enseignement scolaire

 

II. EN AMONT, L'ORIENTATION DOIT DEVENIR LA PRIORITÉ AU SEIN D'UN COLLÈGE UNIQUE QUI RESTE POUR L'HEURE UN COLLÈGE GÉNÉRAL

Toutes les personnes qu'elle a auditionnées ont souligné devant votre rapporteure le poids de la logique d'orientation par l'échec dans notre système éducatif. Ce constat que nul ne conteste pèse sur l'enseignement professionnel, puisqu'il fait de lui une voie de remédiation au rythme singulier. Si la généralisation du baccalauréat professionnel peut être qualifiée de hasardeuse et de hâtive, c'est aussi parce qu'elle méconnait le temps dont a besoin un élève pour reprendre confiance et s'installer à nouveau dans une posture de réussite.

Mais votre rapporteure a été également frappée de constater combien ses interlocuteurs étaient dubitatifs sur la possibilité de transformer réellement cette logique d'orientation par l'échec. Chacun mesure en effet l'écart qui existe entre le fonctionnement du collège et celui qui serait réellement souhaitable. Cet écart est tel que nul ne sait réellement comment le combler.

Votre rapporteure reste pourtant convaincue de la nécessité d'engager la réflexion sur ce sujet : elle conditionne en effet l'affirmation de la voie professionnelle, qui ne doit plus être réservée aux seuls élèves jugés incapables par le système éducatif de poursuivre des études générales ou technologiques. A cet égard, s'il convient de ne pas renvoyer la responsabilité des difficultés connues en aval sur l'amont, il est également nécessaire de prendre enfin conscience du fait qu'une large partie des défis de l'enseignement professionnel naissent au collège.

Votre rapporteure constate également qu'au-delà de tous les textes et de toutes les publications la présentant comme une impérieuse nécessité pour l'ensemble de la communauté éducative, l'orientation demeure le parent pauvre du système éducatif.

Aussi, à ses yeux, le premier chantier qu'il conviendrait d'ouvrir est celui de l'orientation au collège, pour mettre enfin la réalité en accord avec les textes législatifs et règlementaires en la matière.

A. UNE ORIENTATION VERS L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL QUI N'EST JAMAIS RÉELLEMENT PRÉPARÉE

1. Des enseignements essentiellement généraux

Votre rapporteure tient d'abord à souligner que l'orientation vers l'enseignement professionnel n'est jamais réellement préparée au collège. Les disciplines qui y sont enseignées sont en effet pour l'essentiel des disciplines générales, à l'exception notable de la technologie. A cet égard, tous les interlocuteurs questionnés sur ce point ont indiqué à votre rapporteure que l'enseignement de la technologie s'était par trop disciplinarisé, sans doute par mimétisme avec les disciplines générales, qui seules sont réellement valorisées.

Par cette formule, votre rapporteure n'entend pas remettre en question l'intérêt ou la valeur de cet enseignement, mais souligner que pour une part, celui-ci s'est calqué sur la pédagogie et les pratiques retenues pour les enseignements généraux : les cours magistraux y demeurent prépondérants et la mise en pratique, qui constitue la valeur ajoutée fondamentale de ces enseignements, demeure en retrait.

Par ailleurs, votre rapporteure ne peut que noter la faiblesse de l'horaire hebdomadaire de l'enseignement de technologie : celui ne représente que 2 heures, alors même que pour l'immense majorité des élèves, il s'agit là du seul contact avec un enseignement différent des enseignements généraux traditionnels.

GRILLE HORAIRE DE LA CLASSE DE 3E

 

Horaire élève

Enseignements obligatoires

 

Français

4 h 30

Mathématiques

4 h

Langue vivante étrangère

3 h

Histoire-géographie-éducation civique

3 h 30

Sciences de la vie et de la Terre

1 h 30

Physique-chimie

2 h

Technologie

2 h

Enseignements artistiques :

 

- Arts plastiques,

1 h

- Éducation musicale

1 h

Éducation physique et sportive

3 h

Langue vivante 2 (étrangère ou régionale)

3 h

Enseignements facultatifs

 

Découverte professionnelle

3 h ou 6 h (1)

ou

 

Langue vivante 2 (régionale ou étrangère) (2)

3 h

ou

 

Langue ancienne (Latin, Grec) (3)

3 h

Heures de vie de classe 10 heures annuelles

 

(1) Le module Découverte professionnelle peut être porté à 6 heures. Dans ce cas, les élèves ne suivent pas l'enseignement obligatoire de LV2.

(2) Langue vivante régionale ou étrangère :

- LV2 régionale pour les élèves ayant choisi une LV2 langue étrangère au titre des enseignements obligatoires ;

- LV2 étrangère pour les élèves ayant choisi une LV2 langue régionale au titre des enseignements obligatoires.

(3) Dans la mesure des possibilités des collèges (capacité d'accueil et organisation des emplois du temps), certains élèves peuvent suivre à la fois un enseignement de latin et de grec.

Une simple analyse de la semaine scolaire démontre donc que loin de préparer au lycée général et technologique comme au lycée professionnel, le collège général est avant tout un « petit lycée général et technologique ».

Il y a là une forme de vice de conception : si le collège unique n'a pas tenu les promesses qui étaient les siennes, ce n'est pas en raison de l'absurdité du projet qui le sous-tend, mais bien en raison de l'inachèvement de ce projet : faute de préparer à toutes les poursuites d'études, le collège unique est devenu un collège général condamnant une partie des élèves à l'orientation par l'échec.

2. Un parcours de découverte des métiers et des formations fort peu innovant

Conscient de cette difficulté, le ministère de l'éducation nationale a annoncé en 2007 la création d'un « parcours de découverte des métiers et des formations » appelé à commencer au collège et à se poursuivre au lycée.

L'intention originelle qui a présidé à la création de ce parcours était particulièrement remarquable : il s'agissait de permettre aux élèves de s'ouvrir tout au long de leur scolarité à la diversité des métiers et des formations, en procédant à des visites de terrain, et effectuant des stages ainsi qu'en découvrant lors de leur scolarité au collège un lycée général et technologique, un lycée professionnel et un CFA.

Les premiers textes concernant ce parcours ont toutefois marqué un très net retrait par rapport à cette intention initiale : loin de se saisir ainsi de la question de l'orientation et de l'ouverture au métier, le système éducatif utilisera désormais le vocable général de « parcours de découverte des métiers et des formations » pour désigner toutes les actions limitées qu'il engageait déjà, ces dernières n'étant plus enrichies et complétées que par exception.

« PARCOURS DE DÉCOUVERTE » : UN APPAUVRISSEMENT PROGRESSIF ?

Présentation du « parcours» sur le site du Gouvernement (octobre 2007)

« Mis en oeuvre à la rentrée 2008 dans les collèges volontaires, ce parcours sera généralisé à tous les collèges à la rentrée 2010. Les collégiens de 4e passeront une journée dans un lycée, un lycée professionnel et un centre de formation d'apprentis. A terme, aucun élève ne quittera le collège sans avoir passé 10 jours dans une entreprise et découvert plusieurs filières de métiers différents. »10(*)

Circulaire consacrée aux « parcours de découverte » (juillet 2007)

« (...) À partir de la classe de cinquième, débute la découverte d'une large palette de métiers, dans un parcours construit jalonné d'«étapes- métiers» qui se poursuivra jusqu'en classe de troisième et pourra utilement être poursuivi au lycée. Ces étapes-métiers peuvent prendre appui sur :

- les enseignements : la découverte des métiers peut s'inscrire dans l'activité pédagogique des enseignants. La contribution des différentes disciplines peut être coordonnée en tant que de besoin par le conseil pédagogique. L'option facultative de découverte professionnelle trois heures en classe de troisième sera offerte dans tous les collèges à la rentrée 2008 pour les élèves volontaires ;

- les heures de vie de classe : à tous les niveaux d'enseignement, les heures de vie de classe peuvent être utilisées pour la mise en oeuvre des activités encadrées liées à ce parcours. Inscrites à l'emploi du temps des élèves, coordonnées par le professeur principal, elles peuvent éventuellement être annualisées pour plus d'efficacité ;

- les actions éducatives existantes mises en oeuvre aux niveaux académique et départemental ou les actions spécifiques de l'établissement, en relayant, entre autres, les initiatives nationales (semaine École-Entreprise, semaines de la presse, de la science, actions d'éducation artistique et culturelle, contributions des branches professionnelles nationales, etc.) 

- les modalités variées de contact avec le monde de l'entreprise et du travail : visites d'information in situ, rencontres avec des professionnels, carrefours métiers, etc. ;

- les séquences d'observation en milieu professionnel ;

- le temps de l'accompagnement éducatif qui peut également compléter ce dispositif.

La classe de quatrième est mise à profit pour la découverte des voies de formations. C'est aussi une activité en soi, visant à familiariser les élèves avec les cursus et les poursuites d'études tout en faisant le lien avec les métiers.

Dans cette perspective, la classe de quatrième représente le moment où l'élève doit commencer à comprendre l'éventail des formations qui peut lui être offert. À l'occasion de visites de différents établissements, de présentations ou de rencontres avec des élèves ou étudiants, l'élève peut être informé sur les cursus et les poursuites d'études, de façon à comprendre la diversité des parcours possibles dans une perspective de formation tout au long de la vie.

Les élèves sont invités à passer une journée dans un lycée, un lycée professionnel ou un CFA11(*). Ce moment fort doit faire l'objet d'une préparation et d'une exploitation minutieuse. Ainsi seront favorisées toutes les occasions de connaître les différents établissements d'enseignement relevant autant de l'éducation nationale que d'autres ministères (...).

En classe de troisième, la séquence d'observation en milieu professionnel (définie par l'article 8 du décret du 24 août 2005) concourt à la réflexion et à l'approche positive de l'orientation. Elle peut être complétée par d'autres activités relatives à la connaissance des structures de formation, la participation à des salons, des forums et toute autre activité pédagogique permettant d'informer sur les métiers et les formations pour faciliter la démarche de choix qui s'opère à ce niveau. L'entretien personnalisé d'orientation mis en place depuis la rentrée 2006, contribue à la synthèse, pour chaque élève, de ces étapes de découverte. L'option facultative de «Découverte professionnelle» participe aussi de ce parcours.

Sur la totalité de sa scolarité en collège, un élève aura passé au moins 10 jours dans une entreprise ou en relation avec des acteurs du monde professionnel (dont 5 jours pour la séquence d'observation de troisième). »

D'un texte à l'autre, le « parcours » peut sembler se préciser. Il n'en est rien, car la circulaire du 11 juillet 2008 qui lui est explicitement consacrée se contente de renvoyer à l'ensemble des dispositifs existants, qui ont pour la plupart fait la preuve de leur inefficacité en l'état.

Par ailleurs, elle marque un recul très significatif sur deux des points majeurs qui faisaient l'intérêt du « parcours de découverte des métiers et des formations » et qui avaient conduit votre rapporteure à en saluer la création :

- ce qui en octobre 2007 devait être une visite de chacun des types d'établissements accessibles à l'issue de la 3e est devenu une visite au choix de l'un de ces établissements : en conséquence, loin de tous découvrir un lycée professionnel ou un CFA, les élèves se contenteront de fréquenter l'établissement auxquels ils sont destinés par le système scolaire.

Ce recul conduit à perdre une occasion remarquable de dissiper les préjugés, y compris chez les élèves qui ne rejoindront pas la voie professionnelle, en constatant au moins une fois que les lycées professionnels ou les CFA ne ressemblent en rien à l'image qu'ils en ont le plus souvent.

- les 10 jours qui, en octobre 2007, devaient être passés dans une entreprise par tout collégien au cours de sa scolarité sont devenus 10 jours passés soit dans une entreprise soit en relation avec des professionnels.

Dès lors, il est aisé d'imaginer que le « parcours de découverte » ne sera plus qu'une formalité, puisqu'il suffira de faire rencontrer des professionnels sur 5 journées entre la 6e et la 4e pour, avec le stage de 3e, avoir rempli les obligations prévues par la circulaire.

3. Un stage d'observation très largement formel

Cela est d'autant plus décevant que le stage de 3e, baptisé « séquence d'observation en milieu professionnel », est à lui seul loin de permettre une véritable ouverture aux métiers et aux formations.

Pour l'heure, il est en effet marqué par les logiques de reproduction sociale qui conduisent les élèves à l'effectuer en compagnie d'un adulte proche de leur famille.

A cet égard, votre rapporteure souhaiterait que des études soient conduites par le ministère de l'éducation nationale sur les conditions d'organisation de ce stage ainsi que sur ses suites. Il serait en effet particulièrement précieux de savoir :

- quelle proportion d'élèves ont trouvé ce stage par l'entremise de son milieu familial ;

- quelle proportion d'élèves ont pu, à cette occasion, découvrir un secteur professionnel dans lequel ils souhaiteraient exercer.

Par ailleurs, le contenu pédagogique de cette séquence et ses modalités de préparation et de suivi restent relativement floues : à cet égard, l'on peut espérer que la création du « parcours de découverte » permettra à tout le moins d'inscrire cette séquence d'observation dans une continuité pédagogique minimale.

4. Un enseignement de découverte professionnelle qui joue trop souvent le rôle d'une présélection

Car pour l'heure, les élèves ayant choisi l'option de découverte professionnelle en classe de 3e sont les seuls à voir ce stage s'inscrire dans une véritable logique au long cours.

L'OPTION DE DÉCOUVERTE PROFESSIONNELLE
(3 OU 6 HEURES HEBDOMADAIRES)

« Depuis la rentrée 2005, un enseignement de découverte professionnelle est proposé aux élèves de 3e : découvrir des métiers, des milieux professionnels, les formations et les diplômes qui préparent à ces métiers, ainsi que les lieux et les modalités de cette préparation.

Il prend deux formes :

- l'option 3 heures de découverte professionnelle. Cette option facultative de trois heures s'inscrit désormais dans un ensemble cohérent, à savoir le parcours de découverte des métiers (circulaire du 11 juillet 2008, publiée au BOEN du 17 juillet 2008) qui donnera aux élèves la possibilité de se familiariser avec le monde du travail depuis la classe de cinquième jusqu'au lycée d'enseignement général et technologique.

En 3e, l'option facultative complète la séquence d'observation et l'entretien d'orientation, obligatoires tous les deux pour tous les élèves. Elle est prise en compte pour l'obtention du diplôme national du brevet au même titre que les autres options facultatives.

Les conventions et les accords-cadres signés entre le ministère de l'éducation nationale et les branches professionnelles et les grands organismes intègrent un volet relatif à la découverte professionnelle. Déclinés localement, ils constituent une offre de partenariat importante avec des établissements scolaires ;

- le module de 6 heures de découverte professionnelle. Ce module destiné à certains élèves volontaires qu'il convient de remobiliser vers une poursuite d'étude à la fin de la classe de 3e, est pris en compte également dans le diplôme national du brevet. En accueillant un public scolairement fragile, ce module concourt à la réduction des sorties sans qualification du système éducatif. Il se substitue aux dispositifs en alternance, aux classes de troisième technologique, d'insertion ou préparatoires à la voie professionnelle. »

Source : Ministère de l'éducation nationale

Sous ces deux modalités (module de 3 ou 6 heures hebdomadaires), l'enseignement de découverte professionnelle permet aux élèves de découvrir réellement la diversité des métiers et des formations.

A cet égard, les interlocuteurs entendus par votre rapporteure ont très largement souligné l'intérêt de ce dispositif, tout en formulant une réserve principale : ces options, qu'il s'agisse du module de 3 heures, dit DP3, ou du module de 6 heures, dit DP6, servent trop souvent d'outil de présélection pour la voie professionnelle.

A l'évidence, telle était depuis le départ la vocation de la DP6, qui a pour vocation d'accueillir des élèves en très grande difficulté, se substituant ainsi notamment aux différents dispositifs antérieurs de ce type.

Mais il semble qu'à présent la DP3 elle-même, qui est par principe ouverte à tous les élèves, joue le rôle d'un enseignement réservé aux élèves susceptibles de rejoindre la voie professionnelle.

Votre rapporteure estime qu'il n'est pas possible de se satisfaire d'une telle situation, qui est par ailleurs confirmée par la stabilité des effectifs concernés par la DP3.

Pour mémoire, en 2006-2007, la DP3 avait été suivie par 68 000 collégiens dans 60 % des collèges. Pour 2007-2008, les statistiques de fréquentation sont les suivantes :

Source : Ministère de l'éducation nationale

Les effectifs de la DP3 plafonnent donc désormais. Aux yeux de votre rapporteur, il convient par une politique volontariste de l'ouvrir à tous les élèves qui souhaitent la fréquenter, ce qui suppose de lever un biais majeur : en l'état de la formulation des textes officiels, un élève ne semble pas pouvoir suivre en même temps l'enseignement de découverte professionnelle et un enseignement de langue ancienne, ce qui conduit sans aucun doute à réserver l'option de DP3 à un public particulier.

L'ouverture de l'option professionnelle à tous les élèves est pourtant fondamentale : la sensibilisation aux métiers et aux formations ne doit pas en effet être réservée aux seuls élèves en difficulté. La raison en est simple : ce type de logique conduit à faire de la perspective de l'insertion professionnelle une menace de court terme pour certains élèves.

Or cette stratégie est vouée à l'échec, une orientation réussie se construisant non sur le principe d'une injonction de court terme adressée à l'élève, mais bien sur celui d'une lente sensibilisation et ouverture à l'ensemble des métiers.

Aussi réserver la DP3 à un public particulier relève du contresens : elle aurait au contraire vocation à devenir un module obligatoire, afin de préparer tous les élèves à leur orientation future.

A cet égard, l'option de découverte professionnelle semble à présent imprégnée de l'esprit qui fait l'échec de l'orientation au collège : l'éducation à l'orientation y est réservée, de fait sinon de droit, aux élèves qui ne parviennent pas à suivre les enseignements généraux.

C'est avec cette logique qu'il conviendrait enfin de rompre, même si votre rapporteure mesure parfaitement la difficulté d'un tel exercice.

5. Un impératif d'orientation qui n'est de la compétence de personne

Pour y parvenir, il conviendrait en premier lieu de sortir de la situation présente, où personne n'est réellement responsable de l'orientation au collège.

L'article L. 313-1 du code de l'orientation dispose ainsi que « le droit au conseil en orientation et à l'information sur les enseignements, sur l'obtention d'une qualification professionnelle sanctionnée dans les conditions définies à l'article L. 115-1 du code du travail, sur les professions ainsi que sur les débouchés et les perspectives professionnels fait partie du droit à l'éducation.

L'orientation et les formations proposées aux élèves tiennent compte de leurs aspirations, de leurs aptitudes et des perspectives professionnelles liées aux besoins prévisibles de la société, de l'économie et de l'aménagement du territoire.

Dans ce cadre, les élèves élaborent leur projet d'orientation scolaire et professionnelle avec l'aide des parents, des enseignants, des personnels d'orientation et des autres professionnels compétents. Les administrations concernées, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles, les entreprises et les associations y contribuent. »

Votre rapporteure juge nécessaire de le souligner, ce dernier paragraphe attribue à l'ensemble de la communauté éducative la responsabilité de l'aide à l'orientation.

Ce choix, bien que légitime, conduit à ne responsabiliser personne : la nécessité d'une aide à l'orientation, si elle est confusément ressentie par tous, n'est prise à bras le corps par personne. Chacun y contribue ainsi, sans que nul n'en apprécie l'effectivité. Au total, l'orientation reste ainsi un processus latent, qui trie les élèves en fonction de leurs capacités scolaires sans neutraliser pour autant l'effet de leurs origines sociales.

Par ailleurs, nombreux sont les interlocuteurs qui ont indiqué à votre rapporteure que l'objectif affiché de nombre de recteurs et, par contrecoup, de nombre de chefs d'établissements, était de faire progresser ou de maintenir leur taux de passage en seconde générale et technologique.

Là encore, on ne saurait mieux dire que l'objectif du collège est à l'heure actuelle de conduire le maximum d'élèves vers le lycée général et technologique alors qu'il devrait être d'aider les élèves à choisir leur orientation en fonction de leurs seuls goûts et capacités.

* 10 C'est votre rapporteure qui souligne.

* 11 C'est votre rapporteure qui souligne.