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Projet de loi de finances pour 2016 : Écologie, développement et mobilité durables : énergie

19 novembre 2015 : Budget 2016 - Écologie, développement et mobilité durables : énergie ( avis - première lecture )

B. UN RÉTABLISSEMENT DE LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE QUI PASSE PAR DES EFFORTS DE COMPÉTITIVITÉ SANS PRÉCÉDENT ET PAR UNE GESTION RENFORCÉE DES GRANDS PROJETS

Outre le repositionnement stratégique de ses activités, le plan de transformation de l'entreprise entend rétablir sa performance opérationnelle au niveau de celle de ses principaux concurrents dans les trois ans en mettant en oeuvre un plan de compétitivité aux fortes implications sociales ainsi qu'une gestion renforcée des grands projets.

Plusieurs leviers de compétitivité, dont la plupart poursuivent en fait des efforts déjà engagés dans le cadre du plan précédent, sont mobilisés pour atteindre l'objectif annoncé d'un milliard d'euros de gains opérationnels à l'horizon 2017 sur la base des coûts annuels 2014, dont 500 millions d'euros sur le périmètre du nouvel Areva :

l'optimisation de la politique d'achat (renégociation des contrats, sélectivité des achats et optimisation des stocks) ;

le renforcement de la stratégie commerciale, à travers la recherche de nouvelles opportunités de vente mais aussi par la signature de nouveaux contrats commerciaux avec EDF en matière de conversion, d'enrichissement et de traitement-recyclage courant jusqu'en 2030 ;

l'amélioration de la productivité via la simplification de l'organisation et la réduction des coûts de non-qualité ;

- mais surtout, dans le domaine social, la réduction des dépenses de personnel par la baisse des effectifs et l'encadrement des rémunérations.

Alors que les effectifs du groupe avaient déjà diminué de 12 % en trois ans, passant de 47 541 collaborateurs à fin 2011 à 41 847 au 31 décembre 2014, un objectif de réductions de 5 000 à 6 000 postes sur l'ensemble du groupe, dont 3 000 à 4 000 en France d'ici à fin 2017 a été annoncé en mai, la direction s'engageant à ne recourir qu'à des départs volontaires.

Après la négociation d'un accord de méthode - signé avec trois syndicats mais pour lequel trois autres organisations ont fait valoir leur droit d'opposition - et la signature par quatre syndicats d'un accord-cadre sur les modalités de gestion de l'emploi, un projet de plan de départs volontaires concernant 2 700 postes en France100(*) répartis sur six sociétés a été communiqué aux organisations syndicales le 20 octobre dernier.

À cet égard, si l'adaptation des ressources du groupe à ses perspectives de marché est nécessaire, votre rapporteur pour avis partage la préoccupation des syndicats de salariés quant à la préservation, en priorité absolue, des compétences en matière de sûreté - ce à quoi la direction a confirmé être extrêmement attentive - et, dans une moindre mesure mais de façon non moins décisive pour l'avenir du groupe, d'équipes de prospection commerciale suffisamment étoffées pour être en capacité de remporter de nouveaux contrats.

En complément des réductions d'effectifs, la maîtrise de la masse salariale passera aussi par un nouvel effort de modération salariale et par la révision de l'ensemble des dispositifs de rémunération collective (intéressement, abondement au plan d'épargne d'entreprise, etc.). Au total, le groupe vise une réduction des dépenses de personnel de l'ordre de 15 % en France et de 18 % dans le monde, ce qui représenterait environ 600 millions d'euros101(*) sur le milliard d'euros d'économies recherché.

Autre aspect décisif du rétablissement de la compétitivité, une gestion renforcée des grands projets est mise en oeuvre pour assurer le bon achèvement des trois projets majeurs dont les coûts et les délais avaient dérivé, OL3, Flamanville et le réacteur Jules Horowitz. Elle consiste à mettre en oeuvre les meilleures pratiques internationales en matière d'ingénierie et de conduite de projet, à renforcer la chaine hiérarchique et à intégrer dans l'équipe projet toutes les disciplines nécessaires à l'atteinte des objectifs. Ainsi, des progrès significatifs ont déjà été enregistrés dans l'exécution du projet finlandais dont une étape majeure a été franchie en août avec la livraison des armoires de contrôle-commande sur site. À terme, l'apport de l'expertise des équipes d'EDF devrait également faciliter les opérations de mise en service du réacteur.


* 100 En ligne avec l'objectif initial compte tenu du nombre de départs déjà enregistrés (de l'ordre de 800 personnes) depuis le début de l'année.

* 101 La masse salariale du groupe atteignant 3,4 milliards d'euros, dont 2,4 milliards d'euros en France.