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Projet de loi de finances pour 2003 : Aviation et aéronautique civiles

 

CHAPITRE II :

LE BUDGET DE LA CONSTRUCTION AÉRONAUTIQUE

Les éléments qui suivent résultent, pour l'essentiel, des réponses apportées au questionnaire adressé par votre rapporteur spécial en application de l'article 49 de la loi organique relative aux lois de finances du 1er août 2001.

I. L'INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE FRANÇAISE TIRE SON EPINGLE DU JEU DANS UN CONTEXTE DÉFAVORABLE

A. LES RÉPERCUSSIONS DE LA CRISE DU TRANSPORT AÉRIEN

Les conséquences de la crise du transport aérien ont été perceptibles dès l'année 2001 pour l'industrie aéronautique mondiale. Ainsi, les commandes d'avion de plus de 100 places ont diminué de 38 %, avec 704 unités commandées en 2001 contre 1.121 en 2000. Le secteur des avions de transport régionaux a connu la même évolution, les commandes de Bombardier ayant chuté de 29 % (209 appareils commandés en 2001 contre 296 en 2000), et celles d'Embraer, de 68 % (186 unités contre 438). En terme de livraisons cependant, la situation est contrastée d'un constructeur à l'autre. Airbus, avec 325 appareils livrés (+ 5 %), réalise son meilleur exercice à ce jour. Boeing a livré 527 appareils (+ 8 %), Bombardier en a livré 206 (+ 31 %), Embraer, 178 (- 2 %). Seul le maintien d'un niveau élevé de livraisons a donc permis à l'industrie aéronautique mondiale de progresser en terme de volume d'activité en 2001.

B. LES BONS RÉSULTATS DE L'INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE FRANÇAISE EN 2001

En 2001, pour la troisième fois de son histoire, Airbus a enregistré plus de commandes que son concurrent américain Boeing, avec 375 commandes contre 329, soit une part de marché de 53 %. En déduisant les annulations, Airbus conserve de justesse son avance, avec 274 appareils, contre 272 pour Boeing. A un niveau beaucoup plus modeste, le constructeur franco-italien d'avions régionaux ATR a enregistré 25 commandes, contre 23 en 2000.

Au total, l'industrie aéronautique française a battu tous ses records avec un chiffre d'affaires de 25,3 milliards d'euros, réalisé à 74 % à l'exportation et à 76 % dans le civil. Les commandes enregistrées, d'un montant de 35,2 milliards d'euros, ont été largement supérieures au chiffre d'affaire réalisé.

C. DES PERSPECTIVES PLUS SOMBRES POUR 2002 ET LES ANNÉES À VENIR

Au premier semestre 2002, les commandes des constructeurs ont reculé par rapport à la même période en 2001 : - 60 % pour Airbus avec 144 unités commandées, - 7 % pour Boeing avec 169 unités, et - 80 % pour Bombardier avec 31 unités. Par ailleurs, les annulations de commandes et les reports de livraison auront un impact financier important sur les comptes des industriels en 2002. Ainsi, Boeing a annoncé des livraisons en recul de 13 %, Embraer, de 32 %, et ATR, de 30 %. Seuls Bombardier (+ 30 %) et Airbus (- 1 %) ont réussi à améliorer ou à maintenir leur production grâce à des carnets de commandes importants. Les équipementiers et sous-traitants des constructeurs d'aéronefs sont également touchés par cette crise, et prévoient un recul de leur chiffre d'affaire pour 2002.

Boeing a estimé ses livraisons entre 275 et 300 appareils pour 2003, et se refuse à toute prévision pour 2004 et 2005. Airbus considère en revanche que l'importance de son carnet de commande et le lancement de nouveaux programmes (A380, avion de transport militaire A400M) devraient lui permettre de mieux amortir la crise que traverse le transport aérien.