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B. UN DISPOSITIF AUX INTÉRÊTS OPÉRATIONNELS MULTIPLES

Les Forces françaises de Djibouti sont placées sous le commandement d'un général de l'armée de l'air relevant directement du chef d'Etat-major des armées et disposant d'un Etat-major interarmées.

Les forces terrestres (1.700 hommes) représentent près de 60% du dispositif. Elles se composent de deux régiments, le 5ème régiment interarmes d'outre-mer et la 13ème demi-brigade de Légion étrangère, et d'un détachement d'hélicoptères de l'aviation légère de l'armée de terre (hélicoptères de combat Gazelle et hélicoptères de transport Puma).

L'armée de l'air déploie près de 800 personnels militaires affectés à la base de soutien à vocation interarmées et auprès de deux escadrons, l'un formé d'avions de combat (Mirage 2000) et l'autre d'aéronefs de transport (Transall C160, hélicoptères Puma spécialisés dans la recherche et le sauvetage des équipages).

La marine dispose d'une base navale à laquelle sont rattachés plusieurs bâtiments. Un commando marine stationne également à Djibouti.

Les forces françaises comportent également des personnels de divers services interarmées ou communs (transmissions, service de santé2(*), service des essences, commissariat, direction des travaux) et des gendarmes.

Au delà d'une réduction sensible du volume des effectifs, l'évolution principale de notre dispositif à Djibouti réside dans le recours accru, surtout pour les militaires du rang, à des personnels dits « tournants », envoyés en mission pour une durée de quatre mois, avec diminution corrélative des postes dévolus à des personnels « permanents », généralement affectés pour une durée de deux ans. Sur les 2.800 hommes affectés à Djibouti, 1.600 environ le sont comme « permanents » et 1.200 comme « tournants ».

Ainsi que l'avait dernièrement constaté la délégation de notre commission lors d'une mission d'information dans la Corne de l'Afrique3(*), la présence militaire française à Djibouti comporte de multiples intérêts.

C'est le cas tout d'abord pour la République de Djibouti elle-même, qui bénéficie de notre coopération militaire et d'actions civilo-militaires. Elle a surtout vu son indépendance préservée et confortée, de même que sa stabilité intérieure, en dépit du conflit armé qui opposa de 1991 à 1994 le Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (FRUD) au gouvernement. À travers la stabilité de Djibouti, c'est également un certain équilibre régional qui est préservé.

Pour la France, la présence à Djibouti complète utilement l'implantation de nos forces « prépositionnées » en Afrique occidentale et centrale, en procurant des facilités d'accès à l'Afrique orientale. Ce stationnement permanent joue un rôle préventif indéniable et garantit une capacité de réaction rapide pour des actions humanitaires, des évacuations de ressortissants ou des opérations de gestion de crises, de maintien ou de rétablissement de la paix. La France dispose aussi à Djibouti du matériel destiné à équiper une capacité africaine de maintien de la paix, de l'ordre du bataillon, dans le cadre du programme RECAMP (renforcement des capacités africaines de maintien de la paix).

L'intérêt stratégique de Djibouti est également évident sur le plan maritime. Le port sert d'escale à la flotte de l'océan indien et au groupe aéronaval. Situé à proximité du détroit de Bab el Mandeb, il offre une base aux missions de surveillance destinées à y garantir la liberté de navigation et, plus généralement, à assurer la sécurité de la navigation en mer Rouge, pour le trafic empruntant le canal de Suez. Djibouti est également proche du golfe persique et a donc vu son rôle se renforcer au cours des dernières années, et singulièrement depuis le 11 septembre 2001 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. C'est au large de Djibouti qu'opère la « Task force 150 », force navale multinationale chargée d'empêcher d'éventuels transferts de groupes terroristes vers l'Afrique par voie maritime. La France assure depuis septembre 2003 le commandement de cette force à laquelle sont affectés deux frégates, un bâtiment ravitailleur et un avion de patrouille maritime.

Cette position stratégique a conduit les Etats-Unis, dans le cadre de la lutte anti-terroriste, à déployer à Djibouti un important contingent de plus d'un millier d'hommes, notamment des forces spéciales. La présence américaine semble appelée à se pérenniser, comme en témoignent les travaux d'infrastructure engagés. L'Allemagne et l'Espagne ont également fait stationner des troupes à Djibouti.

Enfin, Djibouti constitue un terrain d'entraînement privilégié, grâce à ses champs de tirs et de manoeuvre et aux possibilités d'aguerrissement en milieu désertique. Cet intérêt est renforcé depuis que les rotations entre personnels « tournants » permettent à de nombreuses unités de séjourner à Djibouti. La présence de forces des trois armées facilite en outre l'organisation d'exercices interarmées.

* 2 Le Centre hospitalier des armées Bouffard relève des Forces françaises de Djibouti.

* 3 Voir le rapport d'information : « La Corne de l'Afrique : nouvel enjeu stratégique », en date du 5 mars 2003 (n°200 ; 2002-2003).

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