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C. LES SUJETS DE DIVERGENCE

1. Le statut de chercheur

La principale pomme de discorde, dans les débats sur l'avenir de la recherche, concerne le statut de chercheur « à vie ».

Certains le trouvent « attractif », mais attire-t-il les jeunes qui possèdent le goût de l'aventure et sont doués du non conformisme qui pousse à la découverte ?

N'encourage-t-il pas la constitution d'une hiérarchie étouffante pour les plus jeunes et l'acquisition, petit à petit, d'une mentalité corporatiste par la plupart des personnels des organismes ? N'est-il pas un facteur de sclérose ?

Que faire de ceux qui ont perdu la créativité indispensable à l'exercice des activités de recherche ?

Le remède serait la mobilité entre les différents métiers de la recherche (gestion, expertise, enseignement ...).

Le principe est bon. Mais la loi Chevènement, qui l'avait déjà prévu, a échoué à le faire appliquer !

Ce sont les thésards et les jeunes docteurs qui font fonctionner les laboratoires. Tous n'ont pas vocation à devenir chercheur à vie. Et d'ailleurs, d'après plusieurs messages reçus sur le forum sur l'avenir de la recherche, ouvert par le Sénat au printemps dernier, certains ne le souhaitent pas. Beaucoup se contenteraient de vrais contrats, d'une durée suffisante et bien rémunérés, qui leur assurent un débouché professionnel dans le secteur privé. Le nombre de postes de titulaires ouverts aux concours chaque année ne permet, de toute façon, d'absorber qu'une infirme partie du flux des jeunes docteurs.

Aux Etats-Unis, où, comme on l'a vu, la moitié des diplômés trouvent un emploi dans le secteur privé moins de trois ans après l'obtention du doctorat, les post-doctorants sont d'abord employés sur la base de CDD. L'obtention de la « tenure » (emploi permanent à durée illimitée) par des « full professors » ou « associate professors » n'est pas automatique. Elle est le résultat d'une promotion au choix, et non à l'ancienneté, à laquelle ne peuvent prétendre les « assistant professors ». 60 % des enseignants-chercheurs ont, il est vrai, une position stable mais la modulation de leurs tâches entre enseignement et recherche est beaucoup plus flexible que dans les universités françaises.

2. Le CNRS

Certains font valoir que le CNRS, parce qu'il couvre tous les domaines de la recherche, a l'avantage de pouvoir promouvoir « l'interdisciplinarité », souvent indispensable à l'exploration de nouveaux champs d'investigation scientifique.

Mais c'est compter sans le cloisonnement entre ses différents départements et sa lourdeur, qui en rendent la coordination difficile.

Son allègement (sinon son démantèlement désiré par certains) semble exclu tant que l'université, son partenaire naturel, à laquelle il est associé dans de très nombreuses unités mixtes, n'aura pas atteint une crédibilité suffisante.

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