Projet de loi de finances pour 2007 : Politique des territoires
C. LES PRINCIPAUX CHIFFRES POUR 2007
1. Un plafond d'emplois (148 ETPT) dont le relèvement est en trompe-l'oeil
Les crédits demandés pour 2007 en vue des dépenses de personnel du programme « Aménagement du territoire » concrètement, celles de la DIACT s'élèvent à près de 9,318 millions d'euros en AE et CP. Ils correspondent à 148 ETPT.
A première vue, ces chiffres indiquent une hausse sensible des effectifs de la DIACT : en LFI pour 2006, 8,94 millions d'euros avaient été inscrits à ce titre, pour 118 ETPT. Cependant, cette évolution (+ 4,2 % en crédits, + 25,4 % en ETPT) tient en réalité à la prise en charge directe, à l'avenir, par la DIACT, d'une trentaine d'agents qui, jusqu'à présent, se trouvaient mis à sa disposition, comme tels rémunérés par des crédits inscrits sur d'autres programmes. Il convient de saluer cette réorganisation, propre à améliorer la sincérité budgétaire. Toutefois, le « bleu » de la présente mission fait apparaître que 44 personnes, en 2007, devraient rester mises à disposition de la Délégation : l'effort de clarification est donc resté incomplet. Aussi, votre rapporteur spécial, pour l'exercice 2008, préconise la prise en charge, par les crédits affectés à la DIACT, de la totalité des ressources humaines dont elle bénéficie de manière effective.
2. Une nouvelle orientation budgétaire, sur des bases plus saines : 317 millions d'euros d'AE pour 300 millions d'euros de CP
Les crédits demandés pour le programme « Aménagement du territoire » en 2007 représentent, comme on l'a déjà signalé, pratiquement la moitié (49 %) de l'ensemble des crédits inscrits par le présent projet de loi de finances sur la mission « Politique des territoires ». Ils sont répartis, entre les quatre actions du programme, comme le retrace le tableau ci-dessous.
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Les crédits du programme « Aménagement du territoire » pour 200711(*) |
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Actions |
AE (en euros) |
CP (en euros) |
Part des AE du programme |
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1 « Attractivité et développement économique » |
109.600.00 |
81.800.000 |
34,6 % |
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|
2 « Développement territorial et solidarité » |
152.800.000 |
184.950.000 |
48,2 % |
||
|
3 « Grands projets interministériels d'aménagement du territoire » |
37.880.000 |
16.500.000 |
11,9 % |
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|
4 « Instruments de pilotage et d'étude » |
16.917.843 |
16.917.843 |
5,3 % |
||
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Totaux |
317.197 .843 |
300.167.843 |
100 % |
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Source : présent projet de loi de finances |
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a) Une quasi-équivalence entre les AE et les CP du programme
La presque équivalence, dans le présent projet de loi de finances, entre les autorisations d'engagement et les crédits de paiement demandés au titre du programme, constitue la principale caractéristique de ce dernier. Cette situation résulte d'une diminution importante des AE ( 21 %) par rapport à ceux qui ont été inscrits en LFI pour 2006 (un peu moins de 402,187 millions d'euros). Les CP, quant à eux, n'enregistrent qu'une légère augmentation (+ 1,5 %). Le tableau suivant, fourni par la DIACT, retrace le détail de cette évolution en distinguant les trois principales catégories de crédits retracées par le programme : ceux de la PAT, ceux du FNADT12(*), ceux destinés au fonctionnement et aux études.
L'évolution des crédits du programme « Aménagement du territoire » 2005-2007
(en euros)
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Budget de l'aménagement du territoire 2005 |
Programme « Aménagement du territoire » 2006 |
Evolution 2005-2006 (en %) |
Programme « Aménagement du territoire » 2007 |
Evolution 2006-2007 (en %) |
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AP |
CP |
AE |
CP |
AE |
CP |
AE |
CP |
AE |
CP |
|
|
PAT |
48.000.000 |
38.000.000 |
38.000.000 |
32.000.000 |
- 20,8 |
15,8 |
38.000.000 |
30.700.000 |
0 |
- 4,1 |
|
FNADT |
281.870.000 |
214.695.000 |
347.800.000 |
247.200.000 |
+ 23,4 |
+ 15,1 |
262.280.000 |
252.550.000 |
- 24,6 |
+ 2,2 |
|
CPER |
180.917.333 |
121.896.300 |
174.000.000 |
129.000.000 |
- 3,8 |
+ 5,8 |
119.880.000 |
103.500.000 |
- 31,1 |
- 19,8 |
|
FNADT non contractualisé |
100.952.667 |
92.798.700 |
173.800.000 |
118.200.000 |
+ 72,2 |
+ 27,4 |
142.400.000 |
149.050.000 |
- 18,1 |
+ 26,1 |
|
Fonctionnement et études |
7.500.000 |
7.500.000 |
7.500.000 |
7.500.000 |
0 |
0 |
7.600.000 |
7.600.000 |
+ 1,3 |
+ 1,3 |
|
Etudes |
3.600.000 |
3.600.000 |
3.600.000 |
3.600.000 |
0 |
0 |
3.600.000 |
3.600.000 |
0 |
0 |
|
Fonctionnement |
3.900.000 |
3.900.000 |
3.900.000 |
3.900.000 |
0 |
0 |
4.000.000 |
4.000.000 |
+ 2,6 |
+ 2,6 |
|
Total |
337.370.000 |
260.195.000 |
393.300.000 |
286.700.000 |
+ 16,6 |
+ 10,2 |
307.880.000 |
290.850.000 |
- 21,7 |
+ 1,5 |
Source : DIACT
Le changement mis en place correspond à une volonté d'assainissement, de la part du gouvernement, eu égard à l'évolution des dépenses constatée sur les exercices précédents. En effet, le décalage important entre le niveau des AE et celui, plus faible, des CP ouverts chaque année (dans la LFI pour 2006, les AE sont supérieures de 106,5 millions d'euros aux CP ; cet écart était déjà de 77,3 millions d'euros en 2005), a conduit, dans le cadre du FNADT (qui finance 85 % des dépenses retracées par le programme), à une dangereuse accumulation des engagements « gagés » sur les CP d'exercices futurs. Le rattrapage est devenu nécessaire : en mai 2006, compte tenu de l'excès, au regard des crédits de paiement disponibles, des engagements souscrits, la réserve de précaution constituée sur les crédits du programme « Aménagement du territoire » a été utilisée, rendant disponibles 13,8 millions d'euros en CP. En outre, le décret d'avance n° 2006-954 du 1er août 2006, au profit de ce programme, a ouvert 24 millions d'euros de CP. Ces mesures ont permis d'éviter toute rupture de trésorerie, mais la limite du système, à l'évidence, a été atteinte13(*).
Dans ce contexte, on doit approuver la nouvelle orientation introduite pour 2007. Celle-ci, d'une façon générale, paraît de nature à rompre opportunément avec les tensions de financement et retards de paiements induits par la pratique antérieure. Néanmoins, votre rapporteur spécial restera attentif à ce que cette mesure ne préjudicie pas au dynamisme de la politique d'aménagement du territoire, notamment en ce qui concerne la solidarité dont doivent faire l'objet les espaces les moins favorisés sur le plan économique.
b) L'évolution des crédits par action
Ne recoupant qu'imparfaitement, et de façon inégale, l'orientation générale qui vient d'être décrite, l'évolution des actions du programme, par rapport aux crédits inscrits dans la LFI pour 2006, est la suivante :
- pour l'action « Attractivité et développement économique », + 25,4 % en AE et + 14,6 % en CP ;
- pour l'action « Développement territorial et solidarité », 38,1 % en AE et + 6,4 % en CP ;
- pour l'action « Grands projets interministériels d'aménagement du territoire », 24,8 % en AE et 53,4 % en CP à périmètre constant (c'est à dire en réintégrant dans l'action les 3,6 millions d'euros de crédits d'étude désormais retracés au sein de l'action « Instruments de pilotage et d'étude ») ;
- enfin, pour l'action « Instruments de pilotage et d'étude », à périmètre constant (c'est à dire hors les crédits d'étude précités), + 3,7 % en AE comme en CP.
En ce qui concerne cette dernière action, on a déjà signalé la cause d'une augmentation de crédits, relative aux dépenses de personnel (9,318 millions d'euros), qui n'est qu'apparente. Il convient de noter par ailleurs que 4 millions d'euros, en AE et CP, sont prévus au titre du fonctionnement de la DIACT, à laquelle sont rattachés l'Observatoire des territoires et les six commissariats de massifs. Les politiques que ces services mettront en oeuvre, en 2007, pour les trois autres actions du programme, se trouvent retracées, en synthèse, dans l'encadré ci-après.
* 11 Ce tableau ne tient pas compte des modifications apportées par l'Assemblée nationale, présentées infra.
* 12 Pour mémoire, le FNADT, auquel votre rapporteur spécial a consacré son rapport d'information n° 17 (2003-2004), est composé de deux sections. La section générale comprend notamment le soutien apporté aux différentes structures du réseau DIACT, l'assistance technique des programmes européens, et le financement d'engagements pris par le gouvernement en CIADT/CIACT. La section locale se trouve elle-même subdivisée en deux partie, l'une contractualisée, l'autre non. La partie contractualisée permet de soutenir, exclusivement, des opérations inscrites dans les contrats Etat-régions (contrats de plan aujourd'hui, contrats de projet demain), au sein de contrats de pays, ou dans un cadre intercommunal reconnu par la loi. La partie non contractualisée permet d'attribuer des subventions à des projets qui participent : soit de l'accompagnement de restructurations industrielles ponctuelles et localisées, lorsque l'ampleur ou l'impact du sinistre ne justifie pas des décisions de niveau central (contrats de site, mesures territoriales arrêtées en CIADT/CIACT) ; soit de la modernisation et l'amélioration de services publics locaux.
* 13 L'Assemblée nationale, le 17 novembre 2006, en seconde délibération, a adopté, sur l'initiative du gouvernement, un amendement abondant de 100 millions d'euros, en CP, le programme « Aménagement du territoire », afin d'honorer les engagements du FNADT.





