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Projet de loi de finances pour 2009 : Aide publique au développement. Compte spécial prêts à des Etats étrangers et Compte spécial accords monétaires internationaux

 

III. UNE ÉVOLUTION DU RÉGIME DE CHANGE QUI N'APPARAÎT PAS NÉCESSAIRE

La situation économique de l'UEMOA est difficile, du fait notamment d'une croissance relativement modeste, d'une dégradation des équilibres budgétaires et de l'apparition de tensions inflationnistes, ces évolutions trouvant leur source dans des facteurs durables (crise énergétique, hausse des cours des céréales et du pétrole, difficultés de restructuration de certaines filières, appréciation du change).

La croissance de la zone en 2007 a été revue à la baisse (3,2 %), conduisant à une accentuation du décrochage avec le reste de l'Afrique subsaharienne (6,6 % de croissance).

Malgré des évolutions contrastées selon les pays, la situation macroéconomique des Etats membres de la CEMAC a été plus favorable en 2007, avec une croissance de 4,4 %. Elle s'est caractérisée par un redressement de la croissance économique, un raffermissement des finances publiques, permis par le maintien à un niveau élevé des prix des principaux produits d'exportation et particulièrement des produits pétroliers, et une consolidation de la situation monétaire ponctuée par une baisse des tensions inflationnistes. Cette embellie a cependant été contrariée par la dégradation du compte extérieur courant.

Aux Comores, l'année 2007 a été marquée par les élections présidentielles et des résurgences du séparatisme d'Anjouan, portant atteinte aux équilibres budgétaires. La pénurie de certains produits de grande consommation, les difficultés du BTP et les délestages dans la fourniture d'électricité ont eu un impact négatif sur la croissance, qui n'a atteint que 0,7 %, contre une prévision initiale de 3 %. Les anticipations pour 2008 portent sur un taux de croissance de seulement 0,5 %.

Depuis 2003, la performance économique relative des pays de la Zone franc et la situation de certaines filières structurantes se sont dégradées. Les effets favorables de la dévaluation de 1994 se sont estompés et la croissance des pays de la zone franc s'est infléchie pour s'établir à 3,5 % en moyenne sur la période 1999-2006. La filière coton en Afrique de l'ouest a en particulier été pénalisée par la dépréciation du dollar vis-à-vis de l'euro. Ces évolutions ont relancé le débat sur l'opportunité d'un nouvel ajustement des parités des monnaies et d'une évolution vers plus de flexibilité.

Cependant, la plupart des économistes n'ont jusqu'à présent pas été en mesure de mettre en évidence une surévaluation significative du taux de change des francs CFA, les études concluant que le niveau actuel du taux de change reste globalement compatible avec les fondamentaux macroéconomiques. La situation économique actuelle, y compris la compétitivité prix, est bien meilleure que celle qui prévalait avant la dévaluation de 1994, et selon la DGTPE, ne justifie pas à court terme un ajustement du régime de change, ainsi qu'en atteste le niveau record des réserves de change.

Dans un contexte de remontée de l'inflation depuis fin 2007, la force de l'euro et donc du franc CFA a pu aussi constituer un atout. Les mécanismes de la Zone franc ont sans doute contribué à protéger le pouvoir d'achat des populations et la stabilité sociale des pays concernés. Dans ces conditions, un nouvel aménagement des parités créerait de nouvelles difficultés sans garantir la pérennité d'une amélioration de la compétitivité.