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Projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche

 

EXPOSÉ GÉNÉRAL

I. S'ADAPTER POUR SURVIVRE : L'AGRICULTURE FRANÇAISE FACE À SON DESTIN

A. L'AGRICULTURE EN FRANCE : INDISPENSABLE MAIS FRAGILE

1. La France, grand pays agricole

a) Un rôle économique et social de l'agriculture de plus en plus modeste

Premier pays agricole de l'Union européenne, avec 66,8 milliards d'euros, sur un total de 367,4 milliards de PIB agricole, la France représente 18 % de la production européenne4(*).

Le poids symbolique de l'agriculture dans l'économie française reste cependant bien supérieur à son poids réel, qui ne cesse de baisser par rapport aux autres secteurs, passant en 30 ans de plus de 4 % à moins de 2 % du PIB en 20085(*).

Dans l'emploi, l'agriculture a également perdu beaucoup de terrain, avec une population active agricole qui est passée d'un peu moins de 2 millions de personnes en 1980, soit 8 % de la population active, à 750 000 aujourd'hui environ, soit moins de 3,5 % de la population active.

Le progrès technique et les gains de productivité ont permis que cette réduction considérable ne s'accompagne pas d'une régression dans les mêmes proportions des terres exploitées et des productions.

La superficie agricole utilisée (SAU) est ainsi passée de 31,7 millions d'hectares à 29,3 millions durant la même période, essentiellement au profit de l'urbanisation et des aménagements collectifs comme les routes. La part des terres agricoles non cultivées a même baissé légèrement, passant de 2,76 à 2,55 millions d'hectares.

Au niveau des productions, on constate la même stabilité : ainsi le cheptel bovin a baissé de 4 millions de têtes et la production de viande bovine de 12 %, mais cette baisse a été compensée par le développement des productions porcines et de volailles. Dans le secteur du lait, le cheptel a baissé de plus de 40 %, mais la production laitière est restée stable autour de 23 milliards de litres par an, grâce à une augmentation de la productivité.

Dans le secteur végétal, les rendements croissants ont permis d'accroître la production malgré la légère baisse des surfaces cultivées, même si depuis quelques années, les rendements du blé et du maïs semblent stagner.

Bref, la révolution agricole, s'appuyant sur un appareil de recherche, de sélection végétale et de sélection génétique du cheptel, s'est poursuivie mais discrètement, silencieusement, d'autant plus que les gains de productivité n'ont pas été captés par l'amont, c'est à dire les agriculteurs, mais redistribués dans l'économie sous forme de baisse des prix agricoles.

Les exploitations se sont restructurées et le nombre d'exploitations professionnelles est passé de plus de 600 000 en 1988 à 326 000 en 20076(*). Si leur taille a augmenté, le modèle de l'exploitation familiale prédomine encore avec moins de 6 % des exploitations de plus de 200 hectares et une population salariée agricole permanente qui continue de régresser avec 140 000 personnes (contre près de 600 000 exploitants, co-exploitants et aidants familiaux).

* 4 Chiffres Eurostat 2007.

* 5 Chiffres INSEE 2008.

* 6 Derniers chiffres disponibles. Agreste Graphagri 2009.