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Proposition de résolution , présentée en application de l'article 73 quinquies du Règlement, tendant à obtenir compensation des effets, sur l'agriculture des départements d'outre-mer, des accords commerciaux conclus par l'Union européenne

16 février 2011 : Agriculture des départements d'outre-mer ( rapport )

B. LA PRÉDOMINANCE DES FILIÈRES TRADITIONNELLES D'EXPORTATION (BANANE, FILIÈRE CANNE-SUCRE-RHUM)

Comme l'a indiqué M. Paul Luu, directeur de l'ODEADOM, lors de son audition par votre rapporteur, la situation de chaque DOM est spécifique et aucune production n'est majoritaire sur l'ensemble des DOM.

Pour autant deux filières y sont historiquement - et y restent aujourd'hui - prédominantes :

- la banane ;

- la filière canne-sucre-rhum.

Ainsi, la mission commune d'information sur la situation des départements d'outre-mer avait souligné que ces productions représentaient une part essentielle de la valeur de la production agricole des DOM : 34 % pour La Réunion, 36 % en Guadeloupe et 51 % en Martinique8(*).

La filière banane joue un rôle clé dans les DOM, notamment en Guadeloupe et en Martinique. Comme l'indique l'ODEADOM : « la banane (...) représente en Guadeloupe et en Martinique une part importante de la production agricole locale et des flux commerciaux vers la partie continentale de l'Union européenne, ainsi que 10 000 emplois directs et indirects »9(*).

En Martinique, la banane représente ainsi environ 30 % de la surface agricole utilisée (SAU), 40 % de la valeur de la production agricole totale, 20 % des exportations et près de 7 000 emplois directs et indirects10(*). Votre rapporteur souligne également que l'Union des groupements des producteurs de banane de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN) est présentée comme constituant le premier employeur privé des Antilles11(*).

? « La filière canne-sucre-rhum revêt un rôle toujours important au sein de l'économie agricole des départements d'outre-mer, tant en termes de poids intrinsèque, que de complémentarité entre les différentes productions »12(*), ainsi que le souligne l'ODEADOM.

Le poids de cette filière est illustré par la proportion de SAU qui est consacrée à la canne : « sur l'ensemble des départements d'outre-mer, la superficie consacrée à la canne à sucre représente environ 30 % de la surface agricole utilisée totale et des dizaines de milliers d'emplois directs et indirects »13(*). Le déclin de la filière reste très relatif : la canne représente encore aujourd'hui près de 50 % de la SAU à La Réunion, 30 % en Guadeloupe et 13 % à la Martinique.

Au-delà de son poids en termes de superficie et d'emplois, la filière constitue également un « atout majeur quand à la durabilité de la production agricole »14(*). Elle contribue à la protection des sols contre l'érosion, à la préservation de l'environnement par un usage restreint des intrants et, enfin, à l'approvisionnement en énergie renouvelable (notamment par le biais de la bagasse) et au développement des bioénergies.


* 8 « Les DOM : défi pour la République, chance pour la France », Rapport d'information n° 519 (2008-2009) au nom de la mission commune d'information sur la situation des départements d'outre-mer, Eric Doligé, p. 150.

* 9 ODEADOM, Ibid., p. 35.

* 10 ODEADOM, Ibid., p. 37.

* 11 ODEADOM, Rapport d'activité 2009, p. 42.

* 12 ODEADOM, « 25 ans au service de l'agriculture d'outre-mer », Ibid., p. 27.

* 13 ODEADOM, Ibid., p. 27.

* 14 Ministère de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche et ministère de l'outre-mer, Ibid., p. 117.