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Proposition de résolution , présentée en application de l'article 73 quinquies du Règlement, tendant à obtenir compensation des effets, sur l'agriculture des départements d'outre-mer, des accords commerciaux conclus par l'Union européenne

16 février 2011 : Agriculture des départements d'outre-mer ( rapport )

D. UNE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT OFFRANT DE RÉELLES PERSPECTIVES AU SECTEUR AGRICOLE

Plusieurs centres de recherche agronomique sont particulièrement actifs outre-mer.

Lors de son audition par votre rapporteur, M. Gérard Matheron, président-directeur général du Centre de coopération internationale en recherche agronomique (CIRAD) a ainsi souligné qu'un quart des 1 800 agents de son établissement étaient présents dans les DOM. La mission commune d'information sur la situation des départements d'outre-mer avait, quant à elle, souligné l'action outre-mer de l'Institut national de recherche agronomique (INRA)

Le meilleur exemple de l'engagement des établissements de recherche agronomique aux côtés du secteur agricole est le plan « banane durable ». Lancé en 2008 suite au scandale du chlordécone par les professionnels de la filière et par le ministre de l'agriculture de l'époque, M. Michel Barnier, ce plan englobe la recherche, la mise en place de techniques respectueuses de l'environnement, la formation du personnel et la pérennisation de la filière. Il a conduit à la création de l'Institut technique de la banane (ITBAN)19(*) dont la mission est de « promouvoir et de coordonner les recherches et les expérimentations pour développer, améliorer et valoriser la banane de Guadeloupe et de Martinique »20(*).

Ce plan a permis une diminution très sensible de l'utilisation de pesticides : la banane antillaise est devenue la plus « propre » au monde. L'utilisation des produits phytosanitaires a diminué aux Antilles de près de 70 % en une décennie. Les producteurs y font entre deux et dix traitements par an, contre près de soixante en Colombie.

Lors de son audition, M. Gérard Matheron a indiqué que ce plan avait permis l'émergence de nombreuses innovations en matière d'amélioration végétale ou de lutte contre le charançon du bananier. Une des priorités est aujourd'hui de sélectionner une variété résistante aux maladies telles que les cercosporioses.

Votre rapporteur se réjouit des perspectives offertes par la recherche agronomique à l'agriculture ultramarine. L'importance de l'innovation a été mise en avant par le CIOM qui a appelé à « accentuer les transferts de technologie et l'innovation dans les outre-mer »21(*).

Suite au CIOM, un rapport d'expertise avait été commandé au Conseil général de l'alimentation de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sur la question de la mise en place d'instituts techniques multi-filières en outre-mer. Le rapport a été rendu public en novembre dernier22(*). Il recommande notamment que les instituts de recherche présents outre-mer réinvestissent leur mission de contribution au développement agricole et que des priorités de recherche-développement soient définies en matière de diversification agricole.


* 19 En 2009, l'ITBAN s'est rapproché du réseau des instituts des filières animales et végétales pour identifier les synergies inter-filières possibles. Il est ainsi devenu l'Institut technique tropical (IT2) en avril 2010.

* 20 Ministère de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche et ministère de l'outre-mer, Ibid., p. 127.

* 21 Mesure n° 16.

* 22 Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux, « Développer les productions agricoles de diversification dans les DOM-Mayotte : avec quel recherche-formation-développement ? », MM. Alain Cointat et Jean Reparet, 29 novembre 2010.