Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi de finances rectificative pour 2011

18 octobre 2011 : Budget (troisième loi de finances rectificative pour 2011) ( rapport - première lecture )

II. LA BRUTALE DÉTÉRIORATION DE LA SITUATION

A. UN CONTEXTE GÉNÉRAL DE MONTÉE DE LA DÉFIANCE

1. Une apparente restauration de la santé des banques

Pour de nombreux observateurs, les banques françaises figuraient parmi celles qui avaient le mieux traversé la crise de 2007-2008 en raison d'une moindre exposition aux crédits subprimes et véhicules de titrisation américains, d'une solvabilité satisfaisante et d'un portefeuille diversifié d'activités. Nonobstant les controverses méthodologiques dont ils ont fait l'objet5(*), les tests de résistance conduits par l'Autorité bancaire européenne et publiés le 15 juillet 2011 avaient identifié, sur les 90 banques analysées, seulement 8 banques insuffisamment solvables6(*), dont aucune banque française.

Ainsi que l'illustre le tableau ci-après, les banques françaises, comme nombre de leurs homologues européennes (en particulier suisses), paraissaient ainsi, en 2011, avoir accompli leur redressement avec une rentabilité en hausse et une solvabilité élevée.

Résultat et solvabilité des principales banques européennes au premier semestre de 2011

(en milliards d'euros)

Pays et banque

Résultat net au 1er semestre 2011

Variation S1 2011 / S1 2010

Exposition aux « pays fragiles » de la zone euro (1)

Ratio
Core Tier One

(2)

France

BNP Paribas

4,77

+ 8,1 %

39,01

9,6 %

Société Générale

1,66

- 22,5 %

10,20

9,3 %

Crédit Agricole SA

1,34

+ 57,7 %

14,29

8,9 %

BPCE

1,95

+ 1,6 %

6,93

8,5 %

Crédit Mutuel - CIC

1,25

+ 5,4 %

N.D.

10,8 %

Dexia SA

- 4,03 (3)

N.S.

21,96 (fin 2010)

10,3 %

Allemagne

Deutsche Bank

3,40

+ 17 %

9,99

10,2 %

Commerzbank

1,00

- 5,1 %

17,34

9,9 %

Italie

Intesa Sanpaolo

1,40

- 17 %

59,18

10,2 %

Unicredit

1,32

+ 95,7 %

50,13

9,1 %

Royaume-Uni

Barclays

2,19

- 33 %

10,08

11,0 %

HSBC

6,20

+ 35 %

5,86

10,8 %

Lloyds BG

- 2,60

N.S.

N.D.

9,3 %

Royal Bank of Scot.

- 1,61

N.S.

N.D.

11,1 %

Espagne

Santander

3,50

- 21,2 %

45,90

9,2 %

BBVA

2,34

- 7,5 %

58,12

9,0 %

Suisse

Crédit Suisse

1,63

- 48 %

N.D.

13,1 %

UBS

2,41

+ 32,9 %

N.D.

16,1 %

(1) : Espagne, Grèce, Irlande, Italie et Portugal.

(2) : Le ratio « Core Tier One », qui figure parmi les ratios de solvabilité et rapporte donc certains fonds propres à l'encours pondéré des risques, est centré sur les fonds propres les plus solides, soit essentiellement les actions ordinaires ou parts sociales et les profits mis en réserve.

(3) : L'importante perte enregistrée par Dexia au premier semestre de 2011 est liée à des éléments non récurrents, en particulier la comptabilisation, en valeur de marché, de 3,57 milliards d'euros de pertes et dépréciations d'actifs au deuxième trimestre.

Sources : Les Echos du 29 août 2011, La Tribune du 31 août 2011, rapport financier semestriel de Dexia


* 5 En particulier l'absence d'hypothèse d'un défaut de la Grèce.

* 6 C'est-à-dire affichant un ratio Core Tier One inférieur à 5 % après application des paramètres des tests. Parmi ces banques figuraient cinq établissements espagnols, deux grecs et une banque autrichienne.