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Projet de loi de finances pour 2012 : Aide publique au développement

17 novembre 2011 : Budget 2012 - Aide publique au développement ( rapport général - première lecture )
(2) Les perspectives 2011-2013

A plus long terme, selon les estimations de l'OCDE qui s'appuie sur les résultats d'un questionnaire préliminaire envoyé aux Etats membres de l'organisation internationale, la récente phase de dépression économique mondiale laisse présager, pour la période 2011-2013, un net ralentissement de la croissance de l'aide. L'aide programmable par pays (APP) des Etats membres du CAD ne devrait augmenter, en termes réels, que de 2 % par an entre 2011 et 2013, au lieu de 8 % par an ces dernières années. L'aide bilatérale des pays du CAD ne devrait croître que plus faiblement encore, en moyenne de 1,3 % par an.

Le ralentissement sera particulièrement sensible en Afrique, où le rythme de croissance annuelle des APP devrait diminuer de 13 % en 2008-2010 à 1 % sur la période 2011-2013.

Le Président de la République a pris acte des difficultés financières, en encourageant les financements innovants - c'est-à-dire privés - lors de la réunion du G20 qui s'est tenue à Paris le 21 octobre 2011, lors de laquelle il aurait été opportun de souligner davantage les engagements pris en 2005 : du point de vue de l'efficacité économique il n'est pas cohérent de faire de l'APD publique la variable d'ajustement des difficultés budgétaires des Etats en renvoyant sur d'autres acteurs publics et privés le soin de respecter les engagements des Etats.

En effet, l'aide apparaît indispensable en vue de contrer les effets que la crise continue de faire peser sur le développement des pays à faible revenu. Pour mémoire, les échanges mondiaux ont connu en 2008 leur plus forte contraction depuis 1929, et les prix des produits de base, notamment ceux qu'exportent les pays à faible revenu, ont été durablement orientés à la baisse. Ces cours, actuellement, sont à nouveau en hausse, et les projections indiquent que la crise ne devrait pas avoir d'impact structurel, mais l'investissement direct étranger et les autres apports privés ont fléchi dans les pays en développement, une chute des envois de fonds des travailleurs à l'étranger a été constatée en 2009, et la vulnérabilité au risque de surendettement des Etats en cause s'est aggravée.

Une contraction de l'APD constituerait une menace importante pour ces pays et pour l'économie mondiale : elle risquerait de réduire à néant certains des progrès déjà accomplis sur la voie difficile de la réalisation des « Objectifs du Millénaire pour le développement ».