B. UNE SITUATION DE L'EMPLOI QUI S'EST REDRESSÉE, MAIS DONT L'ÉVOLUTION À VENIR RESTE INCERTAINE

1. Le chômage a atteint en 2023 son niveau le plus bas depuis 2008

Selon l'Office français des conjonctures économiques (OFCE), « en 2022, la dynamique de rebond de l'emploi entamée en 2021 s'est poursuivie, avec 509 000 créations nettes en glissement annuel. Au cours du premier semestre de l'année 2023, les créations d'emplois sont restées dynamiques (+ 172 000 emplois créés). »7(*) La politique de l'État en faveur de l'emploi et des compétences n'est pas étrangère à cette embellie, et l'amélioration de la situation de l'emploi tient pour partie à l'effort budgétaire supporté par la mission.

L'OFCE considère ainsi que la création d'environ 250 000 emplois depuis fin 2019 résulte de la dynamique des contrats en alternance, notamment en apprentissage8(*). Il est également probable que d'autres types d'action financées par la mission, qu'il s'agisse de l'accompagnement des personnes les plus éloignées de l'emploi ou du soutien à la formation, influent également sur l'emploi et le chômage, même si leur effet n'est pas aussi précisément quantifié.

Ainsi, le taux de chômage, qui avait atteint 7,4 % à la fin du 2e trimestre 2022 (contre environ 9 % en 2019), s'établirait à 7,1 % à la mi-2023, son niveau le plus bas depuis 2008, plus bas encore qu'au début des années 1990.

Taux de chômage et part des emplois aidés dans le total
(1990-2022)

Source : Insee (enquête emploi) - calculs OFCE

2. Une conjoncture économique incertaine : la France « sous la menace du chômage » ?

Toutefois, il semble que l'embellie constatée depuis 2019 ne soit en voie d'être troublée. L'Insee prévoit en effet, depuis le début du second semestre 2023, que la fin de l'année connaîtrait un tassement de la dynamique de l'emploi : l'institut relevait ainsi : « après avoir ralenti au deuxième trimestre, l'emploi serait globalement stable entre fin juin et fin décembre [2023] »9(*). Depuis, les conjoncturistes de l'OFCE prévoient également un ralentissement de la dynamique de l'emploi, voire un véritable « retournement de la courbe du chômage ». Un Policy Brief de l'Office, en date du 17 octobre, a ainsi été intitulé « Sous la menace du chômage »10(*).

Le Gouvernement a quant à lui présenté des prévisions plus optimistes dans le cadre du projet de loi de programmation des finances publiques, avec une stabilisation du chômage en 2023 et une décrue jusqu'au taux de 5 % jusqu'en 2027. Elles s'appuient sur l'effet attendu sur l'emploi de réformes structurelles à venir, notamment en matière « d'amélioration de l'accompagnement des demandeurs d'emploi » ou encore concernant « l'élargissement au lycée professionnel des succès de l'apprentissage »11(*).

L'OFCE considère que, dans un « scénario favorable (stabilité de la durée du travail et des faillites), le taux de chômage s'établirait à 7,2 % fin 2024 ». En revanche, l'Office envisage également un « scénario plus sombre (hausse importante des faillites et effet plus négatif de la réforme des retraites sur l'emploi) », dans lequel le chômage « pourrait atteindre 8,5 % » fin 2024.


* 7 Heyer É. et Timbeau, X. (dir.), OFCE Policy Brief, n° 121 - 17 octobre 2023.

* 8 Ibid.

* 9 Insee - « Croissance modeste, sur fond d'incertitudes géopolitiques », Note de conjoncture - 12 octobre 2023.

* 10 Heyer É. et Timbeau, X. (dir.), OFCE Policy Brief, «  Sous la menace du chômage. Perspectives 2023-2024 pour l'économie française » - 17 octobre 2023.

* 11 Rapport annexé au projet de loi de programmation des finances publique pour les années 2023 à 2027.

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