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Projet de loi de finances pour 1996

 

B. LA RELATIVISATION DE CE SUCCÈS

Cette relativisation des performances du commerce extérieur français doit être faite à la fois par comparaison avec les résultats de ses partenaires commerciaux et par rapport à la persistance de certaines faiblesses.

1. Une relativisation par rapport aux résultats d'autres pays

En 1993 et 1994 la France n'a en effet enregistré qu'une stabilité de son excédent commercial. Or, plusieurs autres grands pays de l'Union européenne ont obtenu au cours de la même période des améliorations substantielles de leurs comptes extérieurs. Ainsi, après conversion par le taux de change moyen, l'Allemagne voit son excédent commercial progresser de 41 milliards de francs pour atteindre 253 milliards de francs en 1994. Tandis que le Royaume-Uni, en dépit d'un décalage conjoncturel défavorable, a réduit son déficit de 24 milliards de francs pour revenir à un solde négatif de - 90 milliards de francs.

L'ampleur de ces mouvements met en évidence le caractère relatif de la performance française en 1994.

2. La persistance de faiblesses au sein du tissu exportateur français

a) Renforcer la compétitivité globale

Si l'industrie française a fortement renforcé sa compétitivité-prix, il convient de rappeler que cet élément nécessaire n'est pas suffisant. La compétitivité industrielle dépend aussi d'éléments autres que les prix tels que les marques, la qualité ou la technologie. L'industrie française doit aussi poursuivre son effort pour se doter de positions concurrentielles fortes susceptibles d'atténuer très largement les conséquences d'une appréciation du franc sur les échanges.

b) Maintenir l'effort d'investissement à l'extérieur

Le maintien d'un commerce extérieur dynamique nécessite en outre de ne pas relâcher l'effort d'investissement à l'étranger sous forme d'implantation. Or, celui-ci, après avoir fortement progressé jusqu'en 1993, est revenu à 63 milliards de francs en 1994, en baisse de 8,6% par rapport à 1993. Cette tendance ne doit pas se confirmer car il est nécessaire de préserver cet effort d'implantation qui contribue à un courant régulier d'exportation.

c) Accroître la présence française sur les marchés des pays émergents

Il faut en outre relever que malgré des résultats encourageants en1994, la présence commerciale de la France dans les pays lointains demeure modeste et même marginale par rapport aux principaux partenaires commerciaux de la France, notamment dans les pays d'Asie du Sud-est.

La France ne réalise ainsi qu'une performance limitée avec les "pays émergents" qui représentent 7,6 % de ses exportations totales en comparaison des 13,1 % de l'Allemagne et des 10,6 % de l'Italie. La France manque ainsi la possibilité d'obtenir un fort surplus d'exportations en direction des économies à fort potentiel de développement.

d) Encourager les PME à se tourner vers l'étranger

Enfin, malgré les efforts déployés depuis 1985, les entreprises de taille moyenne reste insuffisamment tournées vers l'international, notamment en ce qui concerne le secteur des biens manufacturés. Dans ce secteur en effet, la part des petites et moyennes entreprises (de 20 à 500 salariés) ne représente que 28 % du total des exportations de biens manufacturés. Or, dans ce domaine aussi, il s'agit d'une diversification essentielle pour élargir l'appareil exportateur français et alimenter de nouveaux flux de ventes à l'étranger.