CHAPITRE II - L'ÉVOLUTION DE L'EXCÉDENT COMMERCIAL

I. 1995 : UN NOUVEAU RECORD

A. ÉVOLUTION GÉNÉRALE ET COMPÉTITIVITÉ FRANÇAISE


• Pour la deuxième année consécutive, la France a dégagé un excédent commercial record de 100,3 milliards de francs en 1995, contre 81,1 milliards l'année précédente (en données FAB-FAB). Cette progression de notre solde s'inscrit toutefois dans un contexte macro-économique différent. La reprise, sensible tant en France qu'à l'étranger (la moyenne des taux de croissance du G 7 a été de l'ordre de 3 % en 1995), a eu pour conséquence une forte croissance de nos flux (+ 9 % en valeur pour les exportations et + 8 % pour les importations). C'est la deuxième année consécutive que l'on constate une croissance des flux commerciaux du même ordre, alors que 1993 -année de crise économique- avait été caractérisée par une forte contraction de nos échanges (respectivement - 4,6 % à l'exportation et - 9,4 % à l'importation). En masse, nos échanges dépassent ainsi le plus haut du cycle précédent de 1991-1992.

Comme votre rapporteur l'avait souligné l'an dernier, ces données doivent cependant être relativisées par le mode de comptabilisation du commerce des DOM-TOM (on verra ultérieurement que celui des DOM sera intégré aux statistiques françaises à compter de 1997) et aux importantes fraudes à la TVA qui perturbent le système statistique communautaire mis en place depuis 1992.


• Avec un taux de couverture de 107,6 % en 1995, contre 106,6 % l'année précédente, la performance atteinte demeure à un niveau inégalé dans l'histoire de notre commerce extérieur depuis plus de trente ans.


• La croissance moyenne des taux d'exportation depuis 1986 est de 0,5 point par an. Tous produits confondus, le taux d'exportation ( ( * )2) s'est élevé à 30,5 % en 1995.


• Depuis 1985, le taux de pénétration du marché intérieur par les produits étrangers augmente en moyenne de 1 point par an en volume et de 1/2 point en valeur. Cette progression, qui s'était nettement ralentie dans les années 1992-1993 et même inversée en valeur parallèlement au retournement conjoncturel, puis accrue en 1994 en raison de la reprise de l'activité économique, s'est poursuivie en 1995 malgré le ralentissement de la demande intérieure. Le taux de pénétration des importations a ainsi atteint 41 % en volume et 37 % en valeur en 1995.


Comment la compétitivité des produits français à l'exportation a-t-elle évolué ?

Les dévaluations de nos partenaires européens (Espagne, Italie et Royaume-Uni) de l'automne 1992 et 1993 ont entraîné une perte de compétitivité par rapport aux exportateurs italiens, britanniques et espagnols, mais n'ont cependant pas annulé l'avantage de compétitivité-prix acquis par la France vis-à-vis de ses principaux partenaires depuis 1987, date du précédent réaménagement monétaire au sein du SME :

- en dépit de nombreux réajustements intervenus depuis 1987, la compétitivité-prix française à l'exportation est restée stable par rapport à ses principaux partenaires européens ;

- par rapport aux principaux pays de l'OCDE (les six pays européens plus le Japon et les États-Unis), l'amélioration est plus favorable en raison de la remontée du dollar et du yen en 1993, puis du seul yen depuis cette date. Elle atteint 2 % sur la période 1994-1997.

L'amélioration de la compétitivité résulte d'une progression des coûts de production plus modérée en France que dans les autres pays du SME.

Depuis le milieu des années quatre-vingt, la modération des coûts salariaux unitaires en France a, en effet, permis d'améliorer sensiblement nos positions compétitives, notamment vis-à-vis de l'Allemagne. Par rapport à ce pays, l'avantage cumulé, de l'ordre de 20 % depuis 1987, a été obtenu grâce à une inflation française devenue inférieure à celle de l'Allemagne.

* (2) taux d'exportation : part des exportations dans la production distribuée.

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