CHAPITRE PREMIER

L'ACTION EXTÉRIEURE DE LA FRANCE

Les crédits consacrés à l'action extérieure de la France s'élèveront à 50,4 milliards de francs pour 1998, à comparer au montant de 48 milliards de francs atteints en 1997, ce qui représente une hausse de 5 %. Cette hausse fait suite à la diminution de 15 % enregistrée en 1997 par rapport à 1996.

I. LES DIFFÉRENTES COMPOSANTES DE L'ACTION EXTÉRIEURE

Pour apprécier de façon complète l'action extérieure de la France, il faut ajouter aux 50,4 milliards de francs prévus pour 1998 une partie du budget communautaire .

En effet, le budget européen consacre une partie de ses crédits à des actions internationales. En 1997, 5,6 milliards d'écus, soit 36,6 milliards de francs, sont destinés à l'action extérieure de l'Union européenne.

Compte tenu du taux de contribution de la France au budget communautaire, l'action extérieure de l'Union européenne représente en 1997 une charge de 6,52 milliards de francs pour notre pays. Cette charge devrait s'élever à 6,47 milliards de francs pour 1998.

Aussi, les crédits destinés à l'action extérieure de la France s'élèvent-ils en réalité à 56,9 milliards de francs pour 1998 (contre 54,6 milliards de francs en 1997) .

Le tableau ci-après retrace l'ensemble des crédits concourant à l'action extérieure de la France, hors crédits communautaires.

Etat récapitulatif des crédits de toute nature concourant à l'action extérieure de la France (Dépenses ordinaires et crédits de paiement)

(en millions de francs)

1998

Budgets

Animation des services

Action bilatérale

Action multilatérale


Total

I. BUDGET GENERAL

A. Dépenses civiles


Affaires étrangères et coopération :

I. Affaires étrangères

II. Coopération

Agriculture, pêche et alimentation

Aménagement du territoire et environnement

I. Aménagement du territoire

II. Environnement

Anciens combattants

Culture et communication

Economie, finances et industrie :

I. Charges communes

II. Services financiers

III. Industrie

Education nationale, recherche et technologie

I. Enseignement scolaire

II. Enseignement supérieur

III. Recherche et technologie

Emploi et solidarité

I. Emploi

II. Santé, solidarité et ville

Equipement, transports et logement :

I. Urbanisme et services communs

II. Transports - 4. Transport aérien

II. Transports - 5. Météorologie

IV. Mer

V. Tourisme

Intérieur et décentralisation

Jeunesse et sports

Justice

Outre-mer

Services du Premier ministre - Services généraux

5856,77

550,08

84,78

44,51

5,82

8,11

9,00

1417,59

30,61

32,56

8,00

2,07

31,84

61,57

5,76

3,49

32,04

225,08

16,22

2,79

5014,71

5935,39

375,60

13,72

284,08

175,34

6513,00

12,00

172,65

135,70

2028,57

44,00

2,50

123,97

82,95

23,39

3515,76

10,62

3938,00

245,60

50,53

10,98

28,90

4892,29

6,44

1,90

0,20

5,00

214,00

4,00

33,49

14387,24

6485,47

460,38

44,51

30,16

292,19

175,34

10460,00

1663,19

93,14

216,19

164,60

6928,86

52,51

33,74

64,27

5,00

219,76

3,49

156,01

225,08

86,95

16,22

2,79

56,88

Totaux dépenses civiles

8428,69

20937,57

12957,71

42323,97

B. Défense (services à l'étranger)

1003,45

129,00

0,00

1132,45

Totaux budget général (A + B)

9432,14

21066,57

12957,71

43456,42

II. BUDGETS ANNEXES

Aviation civile

Totaux budgets annexes

14,56

14,56

0,00

288,34

288,34

302,90

302,90

III. COMPTES SPECIAUX DU TRESOR

Soutien financier de l'industrie cinémato-graphique et de l'industrie audiovisuelle

Compte d'emploi de la taxe parafiscale affectée au financement des organismes du service public de la radiodiffusion sonore et de la télévision

Prêts du Trésor à des Etats étrangers et à la Caisse française de développement

Prêts du Trésor à des Etats étrangers pour la consolidation de dettes envers la France

Exécution des accords internationaux relatifs à des produits de base


62,50

294,60

2000,00

4000,00

308,00

62,50

294,60

2000,00

4000,00

308,00

Totaux comptes spéciaux du Trésor

0,00

6357,10

308,00

6665,10

TOTAL GENERAL (I + II + III)

9446,70

27423,67

13554,05

50424,42

A. UNE ACTION PRINCIPALEMENT BILATÉRALE

Sur les 50,4 milliards de francs de crédits prévus pour l'action extérieure en 1998 :

l'action bilatérale représente 27,4 milliards de francs, soit 54,4 % des crédits ;

l'action multilatérale représente 13,6 milliards de francs, soit 26,9 % des crédits ;

l'animation des services représente 9,4 milliards de francs, soit 18,8 % des crédits.

L'action bilatérale comprend les aides à l'ajustement structurel, les annulations et consolidations de dettes, l'aide-projet, l'action culturelle, l'assistance technique et militaire, l'appui aux initiatives privées et décentralisées, les garanties à l'exportation, le soutien à la recherche et à la coopération scientifique.

L'action multilatérale représente essentiellement la participation française à des organismes ou à des programmes internationaux.

La dépense d'animation des services représente le coût des réseaux à l'étranger, mais aussi celui des services d'administration centrale qui leur sont liés.

B. LA PART LIMITÉE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Les crédits concourant à l'action extérieure de la France sont répartis entre 28 sections budgétaires.

Toutefois, 5 d'entre elles représentent environ 80 % des crédits : les affaires étrangères, la coopération, les charges communes, les comptes spéciaux du Trésor et le budget civil de recherche et développement.

Le budget des affaires étrangères représente à lui seul 28,5 % des crédits avec 14,4 milliards de francs sur le total de 50,4 milliards de l'action extérieure. Il s'inscrit en baisse de 0,5 % par rapport à 1997.

Le budget de la coopération , avec 6,5 milliards de francs, représente 12,9 % des crédits . Il diminue de 3,6 % par rapport à 1997, principalement du fait de l'achèvement progressif du programme d'accompagnement de la dévaluation du franc CFA, mais également en raison de la confirmation de la reprise économique dans les pays du champ.

Les parties du budget des charges communes et des comptes spéciaux du Trésor consacrées à l'action extérieure s'élèvent à 17,1 milliards de francs pour 1998, ce qui représente 33,9 % des crédits de cette action. Ces crédits sont en augmentation de 23,3 % par rapport à 1997, après avoir diminué de près d'un tiers cette année par rapport à 1996.

Ils ne retrouvent donc pas leur niveau de 1996, qui était de 21 milliards de francs. Cette forte baisse s'expliquait par la diminution des annulations et consolidations de dettes grâce à la résorption progressive de la crise de la dette dans les pays en développement et, d'autre part, par le retard enregistré dans le programme de versement des dotations nationales aux organismes multilatéraux de développement, dû en particulier à l'attitude en retrait des Etats-Unis.

La hausse prévue pour 1998 recouvre notamment l'engagement pris par la France de consacrer, sur la période 1997-1999, une enveloppe de 5,1 milliards de francs de prêts et de dons au profit des pays en voie de développement africains, ainsi que le soutien apporté par la France aux organismes multilatéraux de développement dans le cadre de la montée en puissance des outils européens (8ème protocole financier du FED et doublement du capital de la BERD).

Les crédits du budget civil de recherche et développement consacrés à l'action extérieure sont répartis entre plusieurs budgets. Ils s'élèvent à 6,6 milliards de francs en 1998, au lieu de 6,9 milliards de francs en 1997. Cette évolution est entièrement imputable à l'achèvement du programme de développement des Airbus A 330 et A 340.

Les crédits consacrés par les autres ministères à l'action extérieure représentent essentiellement les coûts des réseaux autres que le réseau diplomatique et consulaire .

Au total, l'ensemble formé par les budgets des affaires étrangères et de la coopération est sensiblement plus important (41,4 %) que celui formé par le budget des charges communes et les comptes spéciaux du Trésor (33,9 %).

Votre rapporteur relève néanmoins que le volume des crédits gérés directement par le ministre des affaires étrangères (28,5 %) reste inférieur à celui des crédits relevant de la compétence du ministre de l'économie et des finances (33,9 %). Cette constatation amène à s'interroger sur le rôle du ministère des finances dans la conduite de la politique extérieure de la France, et sur les possibilités de contrôle du ministère des affaires étrangères sur l'action du premier.

Par ailleurs, la part du budget des affaires étrangères dans le budget de l'Etat continue de décroître après être tombée en-deçà de 1 % en 1996, pour s'établir à 0,91 % en 1998, comme le montre le graphique ci-après:

Le budget des affaires étrangères en 1998 se situe donc à son plus bas niveau relatif depuis quinze ans . Il a anticipé dès 1993 l'effort de rigueur qui s'est étendu depuis à l'ensemble des départements ministériels.

Votre commission des finances considère que ce budget correspond à l'une des fonctions de l'Etat régalienne par excellence. Elle vous propose donc de l'exclure de la réduction globale de 21,3 milliards de francs des crédits du budget général qu'elle estime par ailleurs indispensable pour parvenir en 1998 à une maîtrise réelle des dépenses budgétaires.

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