III. LES AUTRES POLITIQUES : UN DEVELOPPEMENT MAL MAÎTRISÉ

A. LES POLITIQUES INTERNES

Avec 5,6 % des crédits de paiement et d'engagement du projet de budget pour 1999, les crédits réservés aux politiques internes s'inscrivent en retrait de 1 % par rapport à l'exercice précédent.

Evolution des crédits des politiques internes

(en millions d'écus)

 

Exécution 1995

Exécution 1996

Exécution 1997

Budget 1998

Projet budget 1999

 

CE

CP

CE

CP

CE

CP

CE

CP

CE

CP

Total politiques internes

5.002

3.918

5.222

4.443

5.449

4.810

5.754

4.875

5.449

4.809

Marge sous plafond

 
 

115

 

54

 

249

 

937

 

dont : Recherche

3.024

2.471

3.202

2.854

3.485

2.957

3.491

2.999

3.400

2.975

dont : Réseaux

352

239

381

267

457

349

560

389

579

449

dont : Autres

1.626

1.208

1.639

1.316

1.606

1.504

1.703

1.487

1.470

1.385

Elles enregistrent ainsi les effets de la nécessaire rigueur imposée aux autres rubriques du budget du fait de la saturation de la rubrique 2 dont on a précédemment rendu compte.

Cette évolution démontre que le budget européen est flexible. Est-elle réaliste ? Certainement oui compte tenu des gaspillages, mais pas nécessairement si l'on s'inquiète des habitudes budgétaires de l'Europe. Au moment où le projet de budget a été arrêté, le 5 ème programme commun de recherche et de développement, qui absorbe une large majorité (61,5 %) des crédits, était en effet encore en cours de négociation.

On rappelle à ce propos le conflit opposant le Parlement européen, désireux d'adopter un programme de 16,3 milliards d'euros, au Conseil dont la proposition, sur la base de laquelle a été élaboré le projet de budget, se monte à 14 milliards d'euros.

Les propositions actuelles reviennent à augmenter l'enveloppe des crédits de recherche, l'une de près de 25 %, l'autre de plus de 6 % par rapport à la programmation précédente.

Si la recherche et le développement doivent être des priorités pour les pays européens exposés au risque d'un réel retard par rapport aux Etats-Unis notamment, cet argument ne suffit pas à convaincre que les projets en cours soient fondés.

A ce propos, votre rapporteur ne peut que réitérer ses observations qui sont autant de préoccupations sur :

la légitimité du processus de définition de la stratégie européenne en matière de recherche avec, en particulier, la quasi-absence à ce stade initial des grands opérateurs de recherche que sont les entreprises ;

le manque d'évaluation de l'efficacité des dépenses, même si le quatrième programme-cadre contenait des dispositions visant à corriger cette lacune ;

la légitimité même de nombreuses interventions communautaires au regard du principe de subsidiarité lorsque lesdites interventions ne s'accompagnent pas d'actions concertées entre Etats-membres.

Il faut rappeler qu'une politique communautaire en matière de recherche ne se conçoit qu'en tant qu'elle est susceptible d'apporter une plus-value par rapport aux résultats que peuvent atteindre les politiques nationales.

Il faut aussi souligner que le vrai apport de la Communauté dans ce domaine serait de promouvoir des projets exceptionnels articulés autour de la participation commune de centres de recherche des pays membres.


Il ne semble pas que cette conception anime suffisamment les instances européennes, si bien que se dégage trop souvent l'impression déplaisante de la constitution d'une "tirelire de la recherche" où les plus habiles viendraient puiser au gré de leurs besoins. Le nombre des projets -3.000 nouveaux projets en 1995 pour 10.000 participants- en témoigne. Certains ont pu évoquer à ce propos les "dérives cohésives" de la "politique de recherche" des Communautés européennes faisant observer que, la règle d'adoption des objectifs de recherche faisant place à l'unanimité, une correction systématique était entreprise par la Commission au profit des pays les moins compétitifs. On soulignera que les moyens européens consacrés à la recherche n'ont pas a priori à être orientés en fonction d'objectifs de convergence régionale qui relèvent d'autres instruments et, tout particulièrement, des crédits d'actions structurelles.

Les crédits réservés aux réseaux transeuropéens (449 millions d'euros) s'accroissent de 15 % en crédits de paiement, mais de seulement 3,4 % en crédits d'engagement. Ils ne représentent qu'une proportion minime des crédits disponibles pour les politiques internes.

Cette situation doit être dénoncée car les programmes de réseaux transeuropéens soutiennent dans l'ensemble des projets réellement européens, pourvoyeurs d'infrastructures favorables à la croissance et à l'emploi.

Il faut toutefois s'attacher à éviter en la matière au moins deux écueils :

- l'un aboutissant à distraire une part excessive des moyens des réalisations opérationnelles au profit d'études préparatoires trop longues dont les prolongements seraient paralysés par des obstacles financiers non anticipés ;

- l'autre consistant à aider des projets d'infrastructure n'apportant un plus qu'à certains Etats au détriment des autres, et se soldant donc par de simples détournements de trafic.

Dans le premier cas, un suivi attentif des travaux préparatoires s'impose et l'exigence d'une programmation financière en amont des projets doit être réaffirmée. Pour résoudre le second type de difficultés, une étude d'impact européenne des projets doit permettre de vérifier toujours que chacun d'entre eux offre l'opportunité d'un gain d'efficience réellement européen. Les évaluations effectuées doivent être systématiques et portées à la connaissance de l'ensemble des Etats membres.

Les moyens consacrés aux autres politiques internes déjà rognés l'an dernier seraient réduits de 6,8 % en crédits de paiement et de 13,5 % en crédits d'engagement . Cette diminution, corollaire de l'augmentation des crédits réservés à la recherche et aux réseaux transeuropéens, devrait conduire à arbitrer entre des moyens globalement modestes (1,4 milliard d'euros) pour centrer l'action communautaire sur des politiques au service d'une Europe-puissance.

Le tableau suivant démontre qu'une telle démarche n'est pas suivie et qu'une logique de dispersion prévaut.

Données relatives aux politiques internes

(En millions d'écus)

 

Exécution 1995

Exécution 1996

Exécution 1997

Budget 1998

Projet 1999

 

CE

CP

CE

CP

CE

CP

CE

CP

CE

CP

Education, formation pro-fessionnelle et jeunesse

364

284

394

373

378

354

411

369

305

328

Initiative emploi

0

0

38

34

51

32

191

100

197

123

Marché intérieur

232

175

225

190

185

172

157

147

144

124

Autres actions agricoles

177

111

135

94

169

150

146

121

142

127

Environnement

144

91

136

121

132

129

141

128

137

124

Autres actions sociales

173

159

171

126

166

145

165

151

109

116

Industrie

82

44

86

8

84

96

84

77

92

94

Culture, audiovisuel

141

118

123

96

107

118

99

108

77

79

Information, comm.

77

48

110

75

117

110

103

84

72

94

Energie

42

34

38

35

37

36

33

37

30

31

Protection consommateurs

21

18

20

15

20

17

21

21

22

20

Justice, affaires intérieures

4

0

1

2

12

2

14

16

17

8

Autres

170

129

163

147

149

144

138

128

128

118

Total autres politiques

1.626

1.209

1.639

1.316

1.606

1.504

1.703

1.487

1.470

1.386

Les rubriques des politiques internes sont un indicateur avancé de l'incroyable saupoudrage des moyens distribués qui s'éclatent entre un trop grand nombre d'interventions.

Celles-ci s'étaient d'ailleurs souvent développées sans aucune base légale autre que l'inscription de crédits budgétaires, manifestation d'une sorte d'existentialisme de l'intervention européenne attirant sur elle une certaine défiance, voire quelques soupçons.

Ces errements doivent être corrigés et il faut pour cela simplifier l'intervention européenne en la centrant sur des projets où la dépense publique peut se justifier et où la dépense européenne s'impose comme répondant au principe de subsidiarité.

L'accent mis sur l'initiative pour l'emploi dans le prolongement du sommet de Luxembourg avec 450 millions d'euros prévus pour la période 1998-2000 (2.970 millions de francs) contrevient manifestement à ces principes. Le sous-emploi observé en Europe n'est en effet pas un problème européen, sauf à considérer qu'il serait le fruit de la construction européenne, mais bien l'addition de problèmes nationaux que les Etats doivent s'attacher à résoudre. La création d'un guichet européen voué à réduire le sous-emploi revient à mutualiser des politiques qui doivent être adaptées aux réalités économiques et sociales nationales sans aucune visibilité sur l'utilisation qui sera faite des moyens. Les sommes en jeu sont certes dérisoires, raison supplémentaire pour s'opposer à cette initiative, mais c'est la multiplication des dépenses publiques européennes inadaptées qui jette le discrédit sur un budget européen dont la contribution à la construction d'une Europe-puissance doit être le "leitmotiv".

B. LES ACTIONS EXTÉRIEURES

Les crédits d'actions extérieures s'accroissent de 5 % si l'on tient compte des moyens de la réserve d'aide d'urgence.

Le tableau ci-dessous récapitule les données globales utiles pour en analyser l'évolution.

Données relatives aux actions extérieures

(En millions d'écus)

 

Exécution 1995

Exécution 1996

Exécution 1997

Budget 1998

Projet 1999

 

CE

CP

CE

CP

CE

CP

CE

CP

CE

CP

Actions extérieures

5.117

3.374

5.506

3.754

5.447

3.973

5.701

4.171

5.962

4.036

PESC

85

76

56

51

18

25

30

20

30

23

Total

5.202

3.450

5.562

3.805

5.465

3.998

5.731

4.191

5.992

4.059

Rappel des crédits ouvents

5.246

4.219

5.617

4.635

5.549

4.643

-

-

-

-

Sous-exécution

44

769

55

830

84

645

-

-

-

-

Rappel des perspectives financières

-

-

-

-

-

-

6.201

-

6.870

-

Marge sous les perspectives financières

-

-

-

-

-

-

470

-

878

-

Le tableau suivant décompose les crédits en fonction des principales actions qu'ils sont censés financer.

Crédits des principales politiques extérieures

(En millions d'euros)

 

1998

1999

 

Crédits d'engagement

Crédits de paiement

Crédits d'engagement

Crédits de paiement

Politique étrangère et de sécurité commune

30

22,9

30

22,9

Aide alimentaire et humanitaire

885,1

710,1

885,1

710,1

Coopération avec l'Amérique latine, l'Asie et l'Afrique du Sud

867,4

428,3

854,8

408

Coopération avec les pays méditerranéens, le Moyen et le Proche-Orient

1.149,6

622

1.143

594

Coopération avec les pays d'Europe centrale et orientale et les Etats de la CEI

1.626,6

1.298,3

1.942

1.297

Volets externes de certaines politiques communautaires

87,1

76,9

97,1

76,9

Initiative européenne pour la démocratie et la protection des droits de l'homme

97,4

73

90,4

73

Total

4.713,2

3.231,5

5.042,4

3.181,9

Source : Conseil des Communautés européennes

Les crédits de coopération avec les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) et avec les Etats de la CEI se taillent la part du lion. Ils représentent 38,5 % du disponible pour engagement et plus de 40 % des crédits de paiement.

Le deuxième pôle significatif concerne les actions en faveur des pays méditerranéens et du Proche et Moyen-Orient (22,7 % des crédits d'engagement et 18,7 % des crédits de paiement).

Le troisième domaine intéresse l'aide alimentaire et humanitaire (17,6 % des engagement set même 22,3 % des crédits de paiement).

Le projet de budget pour 1999 a été l'occasion d'un conflit mineur entre la Commission et le Conseil relatif au respect des engagements pris lors du sommet de Cannes de juin 1995. Une programmation avait alors été définie pour les crédits d'intervention destinés aux deux zones principales d'action extérieure de la Communauté.

Rappel de la programmation adoptée au sommet de Cannes

(En millions d'écus)

(Crédits d'engagement)

 

Pays d'Europe centrale et orientale

Pays tiers méditerranéens

1995

1.154

550

1996

1.235

900

1997

1.273

1.000

1998

1.397

1.092

1999

1.634

1.143

Total 1995-1999

6.693

4.685

Cette programmation marquée par un rééquilibrage des interventions entre l'Est du continent et les pays extérieurs situés à son Sud avait fait l'objet d'une réestimation à la baisse par la Commission dans son volet orienté vers les pays d'Europe centrale et orientale. Le Conseil a rétabli 150 millions d'euros de crédits d'engagement. La programmation de Cannes est donc presque totalement respectée dans le projet de budget du Conseil.

En principe, une telle orientation devrait être approuvée. Elle s'inscrit en effet dans la logique d'une prochaine adhésion des pays bénéficiaires. Pourtant, les doutes sur l'efficacité des actions extérieures de l'Union conduisent à nuancer le jugement en la matière.

On n'insistera pas plus qu'il ne faut sur les dérives récemment mises à jour par l'Unité de coordination et de lutte anti-fraude qui ne concernent d'ailleurs pas les seuls PECO. Elles appellent des suites judiciaires.

Sur le fond, elles apparaissent comme la conséquence de la logique d'intervention développée par la Commission qui, quelque peu protéiforme, devait déboucher sur la gestion de multiples programmes par autant d'intermédiaires, au nombre desquels quelques aigrefins.

On doit surtout s'interroger sur la qualité des résultats obtenus. Or, un manque d'évaluation globale des politiques d'aide à l'Est du continent ne permet pas d'en évaluer l'efficacité.
Il faut, à l'aube de l'adhésion de certains des pays bénéficiaires, dresser un état des lieux afin d'évaluer la capacité des Etats issus du bloc soviétique à supporter leur adhésion à l'ensemble européen.

Il serait utile qu'une des instances de notre Parlement réalise, comme l'avait fait il y a quelques années l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, une évaluation concrète de cette aptitude et de la mesure dans laquelle nos politiques à destination de ces pays peuvent contribuer à la garantir.

*

* *

Conclusions sur les dépenses

Le projet de budget pour 1999 prolonge les évolutions majeures des finances publiques européennes observées durant la dernière décennie.

La part des dépenses non obligatoires sur lesquelles le Parlement européen a le dernier mot est devenue prépondérante.

La politique agricole commune regroupe désormais moins de la moitié d'un budget qui finance de plus en plus d'interventions "cohésives" fondées sur des politiques communautaires définies avec beaucoup moins de précision que la PAC.

La primauté accordée aux actions structurelles se traduit par une montée en charge continue des crédits qui leur sont réservés, montée en charge qui "contraint" les autres rubriques.

Les divers éléments de programmation financière qui concernent notamment les actions structurelles, les actions extérieures et certaines politiques internes (recherche en particulier) jettent les fondations d'un budget en continuelle expansion que la pratique de l'autorité budgétaire européenne semble, malgré quelques tentatives passées, ne pas pouvoir endiguer.

La disparité des "taux de retour" dont bénéficient les Etats membres face aux différentes catégories de dépenses européennes alimente des revendications permanentes qui fragilisent le budget européen et gênent la construction d'un budget au service d'une Europe-puissance.

Rapporté à ce dernier objectif, on peut estimer que le budget européen contribue efficacement à soutenir l'agriculture européenne et supposer que ses interventions au profit des pays les plus en retard de développement ont participé à un certain rattrapage réalisé par ces derniers ; la question reste en revanche posée de savoir quel degré d'efficience ont atteint ces politiques.

Les autres crédits ne s'inscrivent pas suffisamment dans cette dynamique si bien qu'un réexamen des actions qu'ils financent doit être entrepris.

Ce réexamen s'impose d'autant plus que le budget européen est mal géré.

Le contrôle des dépenses communautaires s'est certes renforcé ces dernières années, ce qu'illustre en particulier l'accroissement significatif des "notes de débit" adressées à la France (520 millions de francs pour les dépenses agricoles au titre de l'exercice 1994). Les contrôles se sont renforcés, la gestion financière a fait l'objet d'améliorations dans le cadre du programme "SEM 2000", des procédures d'évaluation sont progressivement mises en place.

Mais, les caractéristiques mêmes de l'intervention communautaire, l'éparpillement et la délégation à des tiers, supposent des fraudes et surtout une déperdition des moyens. La dépense communautaire doit être mieux administrée et mieux ciblée.

C'est principalement parce que ces exigences ne sont pas remplies que le budget s'exécute si mal.

Eléments de comparaison entre les budgets votés et les budgets exécutés

(En millions d'euros)

 

Europe des 12

Europe des 15

 

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Budgets votés

66.858

67.098

75.438

81.943

82.366

83.531

Paiements exécutés

64.783

59.273

66.547

77.313

80.243

 

Le tableau ci-dessus rend compte des décalages importants entre les budgets votés et leur exécution.

Ces difficultés d'exécution se traduisent par une augmentation permanente de la masse des engagements restant à liquider dont le tableau ci-après rend compte.

Evolution des engagements restant à liquider (1987-1997)

(en millions d'écus)

 
 
 

Paiements de l'année

Dégagements

 

Année

Engagements restant à liquider au 01.01.N

Engagements contractés en N

sur engagements de l'année N

sur engagements restant à liquider au 01.01.N

Total des paiements de l'année N

d'engagements restant à l iquider au 01.01.N

Engagements restant à liquider au 31.12.N

 

a

b

c

d

e=c+d

f

i=a+b-e-f

1987

12.458

10.866

3.963

3.871

7.834

1.259

14.231

1988

14.231

11.034

4.348

4.538

8.886

1.403

14.976

1989

14.976

13.231

5.670

5.028

10.698

930

16.579

1990

16.579

15.280

7.359

5.616

12.975

398

18.486

1991

18.486

20.552

10.000

6.939

16.939

866

21.233

1992

21.233

26.093

13.693

8.814

22.507

628

24.191

1993

24.191

30.921

15.520

10.581

26.101

763

28.248

1994

28.248

30.275

13.964

8.863

22.827

753

34.943

1995

34.943

35.178

14.333

12.761

27.094

899

42.127

1996

42.127

39.588

15.549

17.227

32.776

1.027

47.912

1997

47.912

41.240

14.496

20.490

34.986

1.642

52.524

Source : Compte de gestion et bilan financier afférents aux opérations du budget de l'exercice 1997. Commission européenne

Plus de 52,5 milliards d'euros de crédits engagés hors PAC restaient à liquider au 31 décembre 1997, soit près de 120 % des crédits de paiement inscrits au titre de ces rubriques pour 1999.

En 1997, un peu moins d'1/3 des crédits engagés au cours de l'année avait été payé dans l'exercice.

Le tableau suivant récapitule les crédits engagés chaque année, pour chaque rubrique et qui n'ont pas été payés au 31 décembre 1997.

Il démontre que si les engagements sont honorés 4( * ) , ils le sont avec retard et que cette situation débouche sur une augmentation considérable des engagements restant à liquider. Autrement dit, les crédits inscrits dans les années récentes ayant surtout servi à liquider des engagements passés, un phénomène de boule de neige s'est déclenché au terme duquel les "restes à liquider" croissent naturellement.

Engagements relatifs aux crédits restant à liquider au 31 décembre 1997

Classification par rubriques des perspectives financières

(en millions d'écus)

RUBRIQUES

2. ACTIONS STRUCTURELLES

3. POLITIQUES INTERNES

4. ACTIONS EXTERIEURES

5. DEPENSES ADMINISTRATIVES

TOTAL GENERAL

EXERCICES 1

Montant

%

Montant

%

Montant

%

Montant

%

Montant

%

Avant 1988

201,367

0,6

23,221

0,3

79,937

0,6

 
 

304,525

0,6

1988

129,963

0,4

10,792

0,1

42,990

0,3

 
 

183,745

0,3

1989

86,812

0,3

28,580

0,4

92,382

0,7

 
 

207,774

0,4

1990

54,058

0,2

24,127

0,3

72,551

0,6

 
 

150,736

0,3

1991

208,141

0,6

71,171

1,0

144,084

1,1

 
 

423,396

0,8

1992

522,154

1,6

130,084

1,8

341,344

2,7

 
 

993,582

1,9

1993

2.399,177

7,4

246,487

3,4

695,328

5,5

 
 

3.340,992

6,4

1994

705,924

2,2

451,019

6,2

1.025,190

8,1

 
 

2.182,133

4,2

1995

2.496,335

7,7

947,335

13,0

2.280,606

18,1

0,079

8,2

5.724,355

10,9

1996

7.079,976

21,7

1.910,953

26,2

3.277,919

26,0

0,034

3,6

12.268,882

23,4

1997

18.716,179

57,4

3.453,934

47,3

4.573,015

36,2

0,848

88,2

26.743,977

50,9

TOTAUX

32.600,087

 

7.297,701

 

12.625,346

 

0,962

 

52.524,096

 

1. Exercices au cours desquels les engagements ont été contractés.

Source : Compte de gestion et bilan financier afférents aux opérations du budget de l'exercice 1997. Commission européenne


Les "restes à liquider" se répartissent comme suit : 62 % au titre des actions structurelles, 13,9 % au titre des politiques internes et 24 % pour les actions extérieures.

Les taux d'exécution des engagements, globalement médiocres, apparaissent ainsi particulièrement défavorables dans le cas des actions extérieures.

En tout état de cause, les dépenses au titre des liquidations d'engagements passés pèseront fortement sur les budgets à venir de l'Union comme le laisse présager le tableau ci-après qui présente l'échéancier des règlements tel que le prévoit la Commission.

Echéancier prévisible de liquidation des engagements de crédits au 31 décembre 1996

(en millions d'écus)

 
 

1997

1998

1999

APRES 1999

RUBRIQUES

TOTAUX

Montant

%

Montant

%

Montant

%

Montant

%

2. ACTIONS STRUCTURELLES

29.525,551

13.381,489

45,32

9.562,574

32,39

5.288,149

17,91

1.293,339

4,38

3. POLITIQUES INTERNES

6.819,517

3.187,735

46,74

2.175,517

31,90

1.078,025

15,81

378,232

5,55

4. ACTIONS EXTERIEURES

11.566,487

3.686,662

31,87

3.025,724

26,16

1.877,648

16,23

2.976,480

25,73

5. DEPENSES ADMINISTRATIVES

0,113

0,113

100,00

 
 
 
 
 
 

TOTAL GENERAL

47.911,668

20.255,998

42,28

14.763,815

30,81

8.243,822

17,21

4.648,051

9,70

Source : Compte de gestion et bilan financier afférents aux opérations du budget de l'exercice 1997. Commission européenne

Les thèmes associés à ce dossier

Page mise à jour le

Partager cette page