B. L'ÉVOLUTION DE LA PUBLICITÉ ET DU PARRAINAGE

Cette recette est au coeur du débat sur le financement du secteur public. Pour replacer ce débat dans son contexte deux observations s'imposent :

la télévision est un support majeur sur le marché publicitaire : la publicité télévisée, qui absorbait en 1987 moins de 25 % des recettes publicitaires des grands médias, en mobilise, aujourd'hui, plus du tiers, en dépit des multiples contraintes réglementaires.

L'impact de certaines évolutions à long terme - multiplication des chaînes thématiques, développement d'Internet mais également modification des stratégies vers un ciblage et une diversification des supports accrus - sur les ressources publicitaires des chaînes hertziennes reste pour l'instant limité.

La reprise de la consommation semble même atténuer les difficultés, qui ont pu affecter les recettes des chaînes généralistes et les conduire à accroître les rabais.

Le secteur public est, depuis le début de la présente décennie , de plus en plus dépendant des recettes publicitaires et de parrainage : celles-ci, qui représentaient 32,7 % des ressources de France 2 et France 3 en 1991, en constituent 41,7 % en 1998.



L'augmentation de la durée des écrans, qui en est le corrélat, a été plus rapide sur les écrans du secteur public que sur ceux du secteur privé : comme le montre l'étude du conseil supérieur de l'Audiovisuel intitulée " audiovisuel et publicité ", commandée par votre commission des finances, la durée des écrans pour la tranche 19-22 heures, a simplement augmenté de 50% sur TF1 entre 1992 et 1997, tandis qu'elle augmentait de 63% sur France 2 et doublait presque sur France 3.

D'où ce phénomène de " tunnels " importants que les chaînes se sont efforcées d'atténuer par différentes méthodes : bandes d'autopromotion, météo et plus récemment vogue des séries au format de 52 minutes

Indépendamment des mesures volontaristes qui pourraient être prises pour diminuer l'importance des recettes publicitaires dans les ressources des chaînes, il est clair que le secteur public, sa politique et ses moyens, sont étroitement dépendants du marché publicitaire, c'est à dire à la fois de l'évolution globale du marché de la publicité télévisée et de la capacité des chaînes publiques à résister à la concurrence des chaînes privées.

1. La situation du marché publicitaire

La part de marché de la télévision dans l'ensemble des cinq "grands médias" (soit la télévision, la radio, le cinéma, la presse écrite et la publicité extérieure, c'est-à-dire l'affichage sous toutes ses formes) s'est élevée, en 1997, à 34% selon l'institut de recherches et d'études publicitaires.

Le poids de la télévision selon la même source IREP était de 33,5  en 1996, 33 % en 1995, 31,9 %en 1994 et 31,2  en 1993.

La presse écrite (y compris les petites annonces et la presse gratuite) reste encore le premier média en termes de chiffres d'affaires. Sa part de marché, après avoir régressé régulièrement, semble s'être stabilisée en 1996 et en 1997, tout comme celle de l'affichage.

La part de marché publicitaire des stations de radio généralistes, quant à elle, accentue encore sa chute en 1997.

Si l'on considère la durée totale des écrans publicitaires ou le nombre total d'insertions, la progression du secteur public, tant en valeur absolue qu'en part de marché, est encore plus nette que sa progression en valeur.

Recettes publicitaires des grands médias

 

1994

%

1995

%

1996

%

1997

%

Presse (y compris gratuite)

23.370

48,1

23.977

47,4

24.626

47,3

25.438

47,1

dont

 
 
 
 
 
 
 
 

publicité commerciale

19.725

40,6

20.131

39,8

20.723

39,8

21.271

39,4

petites annonces

3.645

7,5

3.846

7,6

3.903

7,5

4.167

7,7

Télévision

15.505

31,9

16.704

33,0

17.455

33,5

18.385

3,4

Radio

3.700

7,6

3.747

7,4

3.635

7,0

3.565

6,6

Affichage (sous toutes ses formes)

5.745

11,8

5.870

11,6

6.067

11,6

6.340

11,7

Cinéma

280

0,6

302

0,6

332

0,6

308

0,6

Total

48.600

100,0

50.600

100,0

52.115

100,0

54.036

100,0

Source IREP, Le marché publicitaire français 1997

 
 
 
 

Taux de croissance des recettes publicitaires des " grands médias "
(en pourcentage)

 

1994

1995

1996

1997

Télévision

+ 7,3 %

+ 7,7 %

+ 4,5 %

+5,3

Radio

+ 4,0 %

+ 1,2 %

- 3,0 %

-1,9

dont généralistes

- 1,0 %

- 4,9 %

- 7,3 %

 

dont réseaux nationaux et stations locales

+ 14,1 %

+ 12,0 %

+ 3,5 %

 

Presse écrite (y compris presse gratuite, y compris petites annonces)

+ 4,2 %

+ 2,6%

+ 2,7 %

+3,3

Affichage(sous toutes ses formes)

+ 3,5 %

+ 2,2 %

+ 3,2 %

+4,5

Cinéma

+ 3,0 %

+ 7,8 %

+ 10,0 %

+ 11

Ensemble des médias

+ 5,0 %

+ 4,1 %

+ 3,0 %

+3,8

Source IRE. Le marché publicitaire français 1997

L'évolution des parts de marché est confirmée par celles des taux de croissance. Le tableau ci-dessus montre que si la publicité radio diminue sensiblement, surtout pour les radios généralistes, on constate que les recettes publicitaires des télévisions continuent de croître plus vite que celles de la moyenne des médias dans un marché, qui, après avoir connu un certain ralentissement en 1996, semble être reparti en 1997.

Il semble d'après une enquête SECODIP que la situation ait évolué en 1998 et que l'on assiste à une reprise de la dépense publicitaire pour la presse et la radio, plus rapide que celles concernant la télévision, qui toutefois continuent de progresser çà rythme soutenu

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