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La Poste : le temps de la dernière chance

 

C. LE COÛT DE L'INADAPTATION

1. Le coût social

La présence relativement faible de La Poste, le service public de proximité par excellence, dans les milieux urbains a indéniablement un coût social. De nombreux travaux ont démontré la contribution de La Poste au maintien du lien social et à la lutte contre l'exclusion, particulièrement l'exclusion « bancaire ».

La Poste joue un rôle social irremplaçable pour certains publics défavorisés. Elle reste un service public de référence, accessible, proche, à l'écoute, devant lequel tous se sentent parfaitement égaux. Cette dimension sociale fondamentale de notre opérateur postal est ressentie avec une acuité toute particulière par l'opinion publique. Et, cette perception est juste. La Poste est un acteur social majeur de la communauté nationale.

Partout où La Poste n'est pas, elle ne joue pas ce rôle. A l'heure où les incivilités se multiplient, où l'exclusion frappe durement un grand nombre de personnes dans notre pays, il ne faut pas sous-estimer ce coût social.

Dans une contribution écrite remise à votre rapporteur, l'Association des maires de grandes villes de France a cette analyse : « La Poste, qui joue le rôle d'un commerce de proximité et de première nécessité dans les communes rurales, n'est pas dans certains quartiers urbains en situation de remplir pleinement ses missions de service public où la présence postale demeure souvent pour les plus démunis une ultime ouverture sur le monde, le "dernier guichet financier».

2. Le coût économique

Le réseau est-il, du fait de son inadaptation, guetté par la paupérisation ?

Il est indéniable qu'il existe un coût d'opportunité, en termes de chiffre d'affaires notamment, à se tenir parfois en dehors des flux commerciaux les plus importants. Sans parler de la dégradation de l'image qui peut résulter des longues files d'attente ou des mauvaises conditions d'accueil dans certains centres-villes.

Le plan « Performance et convergences » de La Poste indique d'ailleurs sans détour : «  Le réseau n'est pas économiquement équilibré, par suite, la paupérisation le guette. La rénovation des bureaux de poste n'y est pas aussi fréquente que dans les meilleurs réseaux concurrents générant des capacités d'investissement plus importantes. »

Un réseau rentable, un réseau centré sur ses clients, un réseau qui apporte des services, qui réponde à leurs attentes, c'est un réseau qui dégage des ressources pour assurer sa modernisation et sa pérennité. C'est le meilleur gage pour assurer l'avenir de La Poste, sa présence sur le territoire. C'est la meilleure façon de remplir sa mission de service public, au service du public, dans la fidélité de sa mission de proximité.