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La Poste : le temps de la dernière chance

 

III. LES LEVIERS DU CHANGEMENT

A. LA CLÉ DE LA RÉUSSITE : IMPLIQUER ET RESPONSABILISER LES ÉLUS

1. Institutionnaliser le dialogue élus / poste

La Poste a récemment entamé une sensibilisation sans précédent des élus sur les problématiques postales. Peu familière jusqu'alors de ce type de démarche, elle a vraiment joué le jeu du dialogue, par l'intermédiaire de ses directeurs dans les départements. Ce travail d'information, d'écoute, d'échanges sur le terrain doit être relevé.

Il portera sans doute rapidement des fruits tant il est vrai qu'une évolution du réseau de La Poste ne peut se faire sans ou contre les élus.

Mais il faut aller plus loin et trouver les moyens d'une généralisation de ce type de contacts, de leur institutionnalisation.

Parmi les voies à explorer, votre rapporteur propose de confier systématiquement aux présidents de Conseil généraux la présidence des commissions départementales de présence postale territoriale.

Parallèlement ces structures pourraient être encore confortées par une mobilisation accrue des associations d'élus, des élus locaux, des services de La Poste et des services de l'Etat dans les départements.

Comme le suggère le syndicat FO Com, à qui votre rapporteur avait, comme aux autres organisations représentatives des postiers, adressé un questionnaire écrit, la composition de ces commissions devrait sans doute être revue pour y intégrer la dimension intercommunale.

D'autres solutions restent à inventer, comme la multiplication des lieux d'échange, aux niveaux départemental et national, entre poste et élus.

Il convient en tout état de cause de mettre fin à la confusion actuelle des responsabilités où les élus se sentent parfois pris en otages par La Poste qui exerce, à leur sens, ce qu'ils ressentent comme un « chantage à la fermeture » des bureaux de poste manifestement non rentables, afin de les transformer en agences postales communales. La Poste se sent, quant à elle, prisonnière de charges d'aménagement du territoire non compensées et aux contours mal définis, puisque ne reposant sur aucun texte, aucune obligation légale, et ne répondant à aucun critère précis.

La contribution écrite du syndicat CFDT a très bien posé le problème : « En aucun cas, la définition de critères d'accessibilité au réseau postal ne peut constituer l'opportunité pour l'Etat-propriétaire de se décharger de sa responsabilité en terme d'aménagement du territoire. (...) Si la CFDT considère nécessaire d'adapter le réseau aux besoins évolutifs des usagers/clients et aux évolutions démographiques, cela doit se faire dans la transparence la plus totale sur des bases partagées par l'ensemble des acteurs. »