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La Poste : le temps de la dernière chance

 

III. LES PISTES POUR RÉFORMER L'AIDE POSTALE À LA PRESSE

Compte tenu du travail en cours dans le cadre de la mission « Paul », le présent rapport, soucieux de ne pas en altérer le bon déroulement, se limitera à quelques grandes orientations.

Votre rapporteur est persuadé qu'il faut inverser la perspective et traiter enfin la presse de manière spécifique, avec des processus industriels dédiés, des prestations adaptées. La presse est, pour La Poste, un grand compte, et non un produit banal parmi d'autres pour le traitement du courrier. Elle doit être traitée en tant que tel.

A l'heure actuelle, les partenaires ont trop le sentiment d'être enfermés dans un système administré plutôt que d'être liés par une relation réellement contractuelle.

A. LA QUALITÉ : UN IMPÉRATIF À ASSURER

1. L'inacceptable insuffisance de la qualité

D'après La Poste, on constate, en moyenne nationale, sur la période récente, une amélioration réelle de la qualité de service de la presse urgente, dont la livraison dans les délais atteint des taux supérieurs à 95 %, et de la presse non urgente, qui a fortement progressé.

La presse est pourtant unanime à dénoncer les déficiences de qualité de la distribution postale. Car -cela a déjà été signalé- un même un taux de 97 % de livraisons au jour dit, ce sont des dizaines de milliers d'abonnés qui ne reçoivent pas leur publication !

La Fédération de la presse spécialisée, distribuée à 80 % par voie postale, considère que les délais de distribution mesurés par la SOFRES en 2000 « frisaient l'intolérable » avec les deux tiers seulement des publications livrées entre J+1 et J+4. Même si la situation s'est améliorée, cette fédération considère que la situation des hebdomadaires « urgents », notamment, reste préoccupante, avec un taux de distribution le jour attendu de seulement 78 %.

Source : Fédération nationale de la presse spécialisée

La Poste fait valoir que les quelques « délais excessifs » subsistants sont, pour une large part, le fait de publications très précisément identifiées, pour lesquelles il n'est pas exclu que subsiste un problème de routage tout autant que de distribution postale stricto sensu. Des expérimentations sont d'ailleurs en cours pour dégager des voies de progrès pour les titres soufrant des délais de distribution les moins satisfaisants. Ce diagnostic n'est pas totalement partagé par la presse, loin s'en faut.

En outre, les insuffisances de distribution, au-delà de certains blocages ponctuels, interviennent toujours, d'après la presse, dans les mêmes zones géographiques, ce qui conduit à dresser une véritable « cartographie » des insuffisances en termes de qualité, concentrées, pour schématiser, sur le pourtour méditerranéen et dans la région Aquitaine !

Les mesures de qualité réalisées par un organisme indépendant corroborent cette analyse, ce qu'illustre particulièrement la carte ci-après.

Les mésaventures de la « Lettre A »

Les présidents passent, les problèmes de La Poste demeurent. Ils auraient même tendance à s'aggraver. Tant il est vrai que ce service public n'a plus de public que le nom, et est incapable d'assurer son service. La Lettre A et ses abonnés pensaient avoir tout vu, tout subi ces dernières années : distribution aléatoire, retard à l'arrivée, retard au départ (...). Mais cette fois un record a été battu : les envois postaux dûment remis, comme de coutume, en temps et en heure le jeudi 17 avril à la poste centrale de la rue du Louvre, ont disparu corps et biens pendant cinq jours. Peut être s'étaient-ils envolés avec les cloches de Pâques ? Cette disparition n'avait pas spécialement ému les services postaux responsables... Ou plutôt irresponsables. Nous avons donc décidé de réimprimer, mercredi 23 avril, le numéro 1141, afin que nos abonnés puissent en avoir connaissance, même avec retard. Nos interventions ont peut être réveillé les préposés assoupis qui ont apparemment retrouvé le premier lot en oubliant toutefois de nous prévenir. C'est ce qui explique que la plupart de nos abonnés aient reçu, jeudi matin, deux exemplaires du numéro 1141 de la Lettre A. Encore une fois nous leur présentons toutes nos excuses et nous leur conseillons d'opter pour la version fax ou mieux, pour la double version : fax plus courier. Ainsi vous serez sur d'avoir la Lettre A dans la nuit de jeudi à vendredi, l'exemplaire transmis par La Poste servant à vos archives.

Source : la Lettre A n° 1142, 25 avril 2003.

Votre rapporteur estime que cette situation ne peut plus durer et que La Poste doit, dans le cadre des expérimentations actuelles, mais aussi plus largement d'une refonte du processus industriel de traitement du courrier en général et de la presse en particulier, trouver les moyens d'assurer à la presse la qualité de service qu'elle attend.