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La Poste : le temps de la dernière chance

 

3. Une différenciation accrue des prestations et des tarifs ?

Comme cela a été dit ci-dessus, les opérations de préparation des plis doivent être, plus encore que par le passé, intégrés dans les barèmes de prix. Les tris de routage effectués par l'éditeur préalablement au dépôt postal sont certes pris en compte depuis les accords de 1996/1997, le tarif étant modulé selon que les exemplaires remis à La Poste sont constitués, selon le vocabulaire de la profession, en « liasses à trier », en « liasses directes » ou que les dépôts sont réalisés directement dans les bureaux distributeurs.

Cette valorisation du travail préparatoire, qui avait été demandée par la presse, n'a pas entièrement satisfait cette dernière, qui estime que : « La Poste ne prend pas véritablement en compte les efforts de préparation effectués par les éditeurs, mais la concentration de la diffusion. »95(*). Ce mouvement de valorisation de la préparation doit donc être poursuivi et amplifié.

D'autre part, outre le degré de préparation, on peut envisager d'introduire d'autres facteurs de différenciation des prix, en fonction par exemple de la fréquence de parution des titres, du nombre d'exemplaires distribués, ou encore, comme c'est déjà le cas, du caractère urgent (distribué à J ou J+1) ou non urgent (distribué à J+4) de l'envoi.

On pourrait également envisager d'introduire un tarif intermédiaire, pour les envois à J+2, par exemple, qui pourrait intéresser certains éditeurs de presse, à condition que ces différenciations tarifaires correspondent à de vraies différences de service, ce qui ne semble pas toujours le cas aujourd'hui entre presse « urgente » et « non urgente ».

D'une façon générale, l'éditeur doit avoir plus de liberté de choix pour opter pour le service le plus approprié à ses besoins.

Tout ce qui sort la relation presse/poste du système rigide actuel, pour aller vers une prise en compte des besoins de la presse, et qui rapproche cette relation d'une relation véritablement contractuelle doit être favorisé.

De même, un système de dédommagement de la presse pour les délais de livraison erratiques pourrait être mis à l'étude. Il donnerait à la presse le sentiment de la responsabilité de La Poste à l'égard de la distribution de ses publications. La mise en place d'un tel système pourrait être négocié entre les deux partenaires dans le cadre de la mission actuelle. Sa mise en oeuvre pourrait être progressive, au fur et à mesure des gains en termes de qualité qui découleront de la refonte des processus industriels de traitement du courrier.

* 95 D'après la Fédération nationale de la presse spécialisée.