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B. LA FAUNE ET LA FLORE AQUATIQUES ÉPARGNÉES

A ce jour, il n'a pas été constaté d'impact dommageable majeur des événements climatiques de l'été dernier sur la faune et la flore aquatiques. Le risque essentiel tenait au niveau élevé des températures de l'eau des fleuves et des rivières.

(1) Des déclarations rassurantes

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de l'écologie et du développement durable, a en particulier affirmé à la mission qu'aucune surmortalité piscicole attribuable aux rejets d'eau par les centrales électriques n'avait été relevée a posteriori, mais qu'elle veillait à ce qu'un suivi soit assuré sur le long terme.

Elle a précisé qu'elle avait convoqué, « dès le 28 août, en complément du comité national de suivi des rejets d'eau exceptionnels, le réseau national des données sur la nature afin de dresser un premier bilan sur les impacts sur les milieux naturels, la faune et la flore, de mettre en place un système de suivi des conséquences à court et moyen terme et de créer un réseau de veille permanent qui puisse être activé en cas de phénomène climatique exceptionnel. »

M. Pierrick Givonne a confirmé ces propos et précisé : « Nous ne sommes pas face à une catastrophe écologique concernant le milieu aquatique. Un tiers des rivières du Limousin ont été à sec pendant la canicule, bien que le Limousin ne soit pas reconnu comme une terre désertique... Cela étant, la petite faune de type crustacé s'est enterrée comme à chaque fois et est ressortie dès qu'il a commencé à pleuvoir. Les prélèvements réalisés montrent qu'il n'y a pas eu une forte mortalité. Les poissons ont migré autant qu'ils le pouvaient. » En réalité, ils se sont adaptés au niveau élevé de la température de l'eau, au-delà de ce que les études théoriques laissaient présager.

Le professeur a, en revanche, relevé que le réchauffement climatique favorisait le développement d'algues, qui tendaient à envahir les rivières et les plans d'eau.

(2) Les indications plus nuancées recueillies dans le Loiret

A l'occasion de son déplacement à Orléans, la mission a eu confirmation de ce caractère limité de l'impact de la canicule et de la sècheresse, alors même que la concomitance de débits très faibles et de températures très élevées de l'eau (parfois jusqu'à 32 degrés) est pénalisante pour les milieux concernés. C'est ainsi, par exemple, que le représentant du Conseil supérieur de la pêche a constaté que le millier de saumons que compte la Loire avait pu survivre. M. Eric Doligé, président du conseil général du Loiret, s'est félicité à cet égard de l'efficacité des barrages mis en place. Le directeur régional de l'environnement n'a cependant pas caché que la sécheresse a représenté « un épisode extrêmement difficile pour les milieux aquatiques et la faune piscicole », touchée par une mortalité « soit par assèchement, soit par atteinte des limites des exigences biologiques ».

Comme l'a indiqué M. Pierrick Givonne, « en ce qui concerne l'eau, notamment les rivières, il faut noter qu'on ne dispose pas d'un dispositif de mesure en temps réel de la température. Aucun tableau de bord ne permet d'estimer une situation et d'en prévoir les conséquences. On s'en remet à l'action des organismes de recherche qui sont mobilisés sur des points précis. L'autre solution consiste à travailler avec des estimations en se basant sur la température de surface. Aucun dispositif national de mesure en temps réel n'existe, ce qui pose un certain nombre de problèmes. »

(3) Le programme du gouvernement

Mme Roselyne Bachelot-Narquin a informé la mission des actions d'ores et déjà envisagées par le gouvernement : « Afin de mieux gérer les milieux aquatiques, un suivi renforcé de la température et de l'oxygène des cours d'eau sera effectué dès 2004 sur la base des recommandations du comité de suivi : définition d'un protocole de surveillance et extension du système d'information sur l'eau. Par ailleurs, la transposition en cours de la directive-cadre européenne sur l'eau va se traduire, dans les bassins hydrographiques, par un travail d'analyse de la demande et des disponibilités, masse d'eau par masse d'eau, pour permettre une gestion équilibrée de l'eau. Les conséquences du changement climatique sur la biodiversité et sur le fonctionnement des écosystèmes doivent faire l'objet de recherches accrues qui seront prises en compte dans l'élaboration de la stratégie nationale de biodiversité qui sera adoptée au premier semestre 2004. »

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