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La hausse des prix du pétrole : une fatalité ou le retour du politique

 

b) Un prix qui ne redescendra pas au dessous de 40 dollars

Vos rapporteurs ont procédé à plus de 40 auditions tant en France qu'aux Etats-Unis. Ils ont interrogé des représentants de compagnies pétrolières et parapétrolières, des analystes financiers, des consultants, des économistes, des représentants d'associations professionnelles, des représentants des administrations en charge des questions énergétiques. Tous ont convenu que l'ère du pétrole bon marché était définitivement révolue, sauf récession mondiale.

En effet, du côté de la demande de pétrole, la croissance devrait rester soutenue dans la mesure où elle correspond principalement à un effet de rattrapage de la part de pays en voie de développement fortement peuplés comme la Chine ou l'Inde.

Du côté de l'offre, toutes les surcapacités engendrées par le contre-choc pétrolier ont disparu, que ce soit en matière de production et d'exploration, de raffinage et de transport. En outre, la montée en puissance des pays de l'OPEP à partir de 2010/2014 va accroître leur pouvoir de fixation des prix.

Certes, le marché du pétrole reste volatil et l'évolution des prix « spot » à court terme est toujours susceptible de présenter un comportement cyclique. Toutefois, le prix du pétrole ne devrait pas descendre en dessous d'un plancher que la plupart de nos interlocuteurs ont évalué à 40 dollars.

A cet égard, les évaluations de l'AIE et du FMI peuvent paraître très optimistes. Au préalable, il faut noter que les prix proposés par ces deux institutions ne résultent pas des prévisions d'offre et de demande de pétrole, mais au contraire servent à évaluer lesdites offre et demande et sont donc fixés de manière exogène.

Dans le World Economic Outlook publié en avril 2005, le FMI retenait pour ses prévisions un prix qui devait passer de 45 dollars en 2005 à 34 dollars en 2010.

Dans le World Energy Outlook publié en novembre 2005, l'AIE estime dans son scenario de référence que le prix du pétrole s'élèvera à 35 dollars en 2010, 37 dollars en 2020 et 39 dollars en 2030. Il convient cependant de remarquer que l'AIE propose un autre scenario dans lequel, faute d'investissements suffisants, les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord produisent en 2030 30% moins de pétrole que dans le scenario de référence. Il en résulte une diminution de la demande mondiale de 6% et une forte hausse des prix du pétrole qui atteignent alors 41 dollars en 2010, 46 dollars en 2020 et 52 dollars en 2030.