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La hausse des prix du pétrole : une fatalité ou le retour du politique

 

2. A moyen terme, des estimations de prix très contrastées en fonction des hypothèses retenues

A moyen terme, les estimations de prix ont tendance à diverger en fonction des hypothèses retenues.

Le tableau ci-dessous recense les facteurs qui peuvent influencer à la hausse comme à la baisse les prix du pétrole brut et des produits dérivés. Selon l'importance donnée à chacun de ces facteurs, les prévisions de prix peuvent varier fortement.

Tableau récapitulant les facteurs de hausse et de baisse
des prix du pétrole brut et des produits dérivés

Les facteurs de hausse

Les facteurs de baisse

Une demande soutenue de pétrole brut liée au rattrapage des pays en voie de développement

Le risque de récession

Des gisements globalement plus coûteux à exploiter et de moins bonne qualité

La diversification énergétique (nucléaire, énergies renouvelables)

La montée en puissance des pays de l'OPEP

Le développement des pétroles non conventionnels

Le pic de production des pays non OPEP entre 2010 et 2015

La relance des politiques d'économies d'énergie

L'augmentation de la part des transports dans la consommation totale de pétrole et la demande croissante de produits raffinés légers

La concurrence des biocarburants et de nouvelles technologies permettant de réduire la consommation d'hydrocarbures dans le secteur des transports

Le renforcement des normes environnementales sur les carburants

 

La disparition des capacités résiduelles de production, de raffinage et de transport

 

Les évolutions de prix peuvent toutefois être classées en deux catégories : les optimistes et les pessimistes.

Les optimistes estiment que les réserves prouvées combinées au maintien des prix au dessus de 40 dollars et à la poursuite des progrès technologiques permettront de satisfaire la croissance de la demande sans trop de difficulté. Cette position est défendue par l'AIE dans son scenario de référence, par le département de l'énergie américain et, plus généralement, par de nombreux Américains rencontrés par vos rapporteurs lors de leur déplacement. Certes, ils sont conscients des risques que fait peser la croissance de la demande, notamment aux Etats-Unis, mais ils croient peu en une inflexion de cette dernière. Ils semblent plutôt faire confiance aux pays de l'OPEP pour augmenter leur production compte tenu de l'attractivité des prix qui devraient osciller entre 40 et 50 dollars sur les vingt prochaines années. Enfin, ils insistent fortement sur le potentiel des pétroles non conventionnels qui n'attendent que les investissements nécessaires pour se développer fortement.

Les pessimistes jugent les prévisions d'offre de l'AIE (dans son scenario de référence), du FMI et du département de l'énergie américain insoutenables à long terme. Non seulement ils sont dubitatifs sur la capacité des pays non OPEP à maintenir durablement leur niveau de production au-delà de 2010/2015, mais ils estiment que les pays de l'OPEP n'ont pas sinon la capacité, tout au moins la volonté de servir de variable d'ajustement et de produire les 64 à 71 millions de barils/jour exigés d'eux. En conséquence, d'importantes tensions sur les prix devraient intervenir que seule une inflexion durable de la demande permettrait de diminuer. Dans ce scenario, la volatilité des prix augmente et ils peuvent, au moins de manière temporaire, dépasser les 100 dollars.