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La hausse des prix du pétrole : une fatalité ou le retour du politique

 

III. L'IMPACT DE LA HAUSSE DES PRIX DU PÉTROLE SUR L'ÉCONOMIE MONDIALE

Entre décembre 2003 et septembre 2005, les prix du pétrole ont été multipliés par 2,2. Pourtant, contrairement aux deux premiers chocs pétroliers, la croissance économique mondiale reste vigoureuse : selon le ministère français de l'économie et des finances (MINEFI), la croissance mondiale s'est établie à 4% en 2005, après un taux de 4,8% en 2004 et de 3,9% en 2003.

Il convient donc d'analyser de manière fine l'impact de la hausse des prix du pétrole sur l'économie mondiale. Après avoir étudié les caractéristiques de ce qui est désormais appelé le « troisième choc pétrolier », nous chercherons à comprendre les raisons qui expliquent son impact relativement limité par rapport aux deux premiers, tout en soulignant que les risques de freinage de l'économie mondiale restent réels. Enfin, vos rapporteurs présenteront les résultats d'une simulation de l'impact de la hausse des prix du pétrole réalisée à l'aide du modèle macroéconomique NEMESIS.

A. LES CARACTÉRISTIQUES DU TROISIÈME CHOC PÉTROLIER

Le choc pétrolier que subit actuellement l'économie mondiale se distingue des deux précédents moins par son ampleur que par sa nature ainsi que son faible impact sur la croissance économique et l'inflation.

1. Un choc d'une ampleur similaire aux deux précédents ?

Les avis sont partagés sur la question de savoir si l'ampleur du troisième choc pétrolier est comparable à celle des deux chocs précédents.

L'institut de conjoncture économique et financière Rexecode estime que le choc est d'une ampleur similaire, même s'il est plus étalé dans le temps. Pour établir sa comparaison, il se base sur deux éléments :

- l'augmentation des prix : il apparaît ainsi que les prix avaient été multipliés respectivement par plus de 3 en six mois pour le premier choc pétrolier, par 2 en douze mois pour le deuxième et par 2,2 en vingt mois pour le troisième ;

- l'augmentation du poids de la facture énergétique nette dans le PIB : en mesurant le « choc » par ladite augmentation, le premier choc pétrolier est évalué à 1,2% du PIB pour les Etats-Unis et 2,1% du PIB pour la France ; le deuxième à 1,3% du PIB pour les Etats-Unis et 1,8% du PIB pour la France. Entre 2002 et aujourd'hui, le choc s'élève à 1,2% pour les Etats-Unis et 1,1% de PIB pour la France.

En revanche, l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE), même en considérant un baril de pétrole à 62 dollars, estime que la hausse du prix du pétrole reste plus faible que lors des deux premiers chocs. Un choc de même ampleur aujourd'hui correspondrait à un pétrole à 200 dollars en tenant compte de l'inflation, de l'amélioration de l'efficience énergétique et de la réduction de la consommation de pétrole dans les pays de l'OCDE.