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La hausse des prix du pétrole : une fatalité ou le retour du politique

 

2. Assurer la sécurité des approvisionnements

En raison de la quasi-disparition de toute capacité résiduelle de production et de la concentration d'un tiers de la production dans une zone instable, tout événement exceptionnel dans cette région pourrait menacer plus ou moins durablement la sécurité des approvisionnements. Jusqu'à présent, les Etats-Unis assument seuls la sécurité des approvisionnements dans le Moyen-Orient à travers la sanctuarisation de l'Arabie saoudite et la présence massive de la marine américaine autour du détroit stratégique d'Ormuz.

Selon les informations obtenues par vos rapporteurs, la Chine serait en train de développer sa marine afin elle aussi de pouvoir assurer la sécurité de ses approvisionnements, ce qui peut d'ailleurs créer à terme des tensions avec les Etats-Unis dans la mesure où le pétrole du Moyen-Orient destiné à la Chine passe également par le détroit d'Ormuz.

Compte tenu du rôle prépondérant de la Russie (après la Norvège) et de l'Arabie saoudite dans les importations de pétrole de l'Union européenne, la question de la sécurité des approvisionnements européens passe nécessairement par un dialogue approfondi avec ces pays et nos partenaires les plus importants. Deux pistes sont envisageables.

D'une part, à l'image de ce qui est fait pour le gaz, on pourrait imaginer la signature de contrats à long terme assurant un approvisionnement minimum à un prix convenu à l'avance.

D'autre part, des partenariats stratégiques avec la Russie et les pays du Moyen Orient pourraient être développés dans lesquels les pays de l'Union européenne s'engageraient, en échange de pétrole, à des coopérations techniques et scientifiques allant de l'échange d'ingénieurs au transfert de technologies.

La Russie joue également un rôle incontournable pour les pays de l'Union européenne en matière d'approvisionnement en gazole : les importations européennes annuelles en provenance de ce pays atteignent 25 millions de tonnes. Compte tenu de la vétusté des raffineries russes, l'Europe aurait certainement intérêt à une coopération technique et financière avec ce pays afin de pérenniser ces importations et s'assurer de l'adaptation des raffineries aux règles toujours plus contraignantes en matière d'environnement applicables aux carburants.