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La justice, de la gestion au management? Former les magistrats et les greffiers en chef

 

B. METTRE LES NOUVELLES TECHNOLOGIES AU SERVICE DE L'ENSEIGNEMENT DE LA GESTION

1. Des outils informatiques déjà en place

L'ENM et l'ENG ont, d'ores et déjà, su tirer profit de l'apport des nouvelles technologies dans la pédagogie qu'elles mettent en oeuvre. Néanmoins, elles n'ont pas encore épuisé tout le potentiel de cette révolution technologique au service de l'optimisation de la formation, en particulier dans le domaine de la gestion.

L'outil informatique s'est progressivement imposé comme un complément essentiel à la gestion (utilisation du tableur excel, suivi des tableaux de bord, élaboration de statistiques...). Afin de familiariser ses élèves à cet outil, l'ENM met à la disposition de chaque auditeur de justice un ordinateur portable, prêté par l'école pour la durée de la scolarité. Votre rapporteur spécial tient à souligner cet effort d'autant plus utile que, comme il l'a rappelé, nombre de ces étudiants ont suivi un cursus à dominante juridique qui ne les a pas nécessairement incités à avoir une pratique régulière de l'informatique. De la sorte, les barrières psychologiques, qui pourraient exister à l'encontre de cet outil, ont toutes les chances d'être surmontées au cours de la scolarité.

De même, un cédérom contenant les fascicules pédagogiques utilisés au cours de la scolarité, et notamment ceux concernant les frais de justice, est remis aux auditeurs de justice.

Ces fascicules sont, en outre, consultables sur le site intranet de l'école, qui est accessible y compris des juridictions. En effet, dans le cadre de sa politique de diffusion documentaire, l'ENM a entrepris de privilégier la documentation numérisée qui, outre l'avantage d'être moins onéreuse et plus respectueuse pour l'environnement, favorise l'accès direct et permanent du plus grand nombre aux formations de l'école. Ainsi, la rubrique thématique de la page intranet de l'ENM accueille, notamment, les documents pédagogiques relatifs à la formation à la LOLF.

2. Les prochaines avancées : la visioconférence et le e-learning

Au-delà de ces avancées indéniables, votre rapporteur spécial estime que la visioconférence et le e-learning (enseignement à distance via internet) doivent désormais être mis au service de la formation à la gestion.

La formation continue, en particulier, pourrait grandement bénéficier de ces nouvelles techniques de formation. Elles contribueraient, d'une part, à un gain de temps appréciable dans certains cas, dans la mesure où elles évitent les déplacements. Or, l'un des principaux freins à l'inscription des magistrats et des greffiers en chef aux formations offertes par l'ENM et l'ENG réside dans le manque de temps, sous l'effet de la montée en charge de l'activité des juridictions depuis déjà de nombreuses dernières années. Elles permettraient, d'autre part, de répondre aux difficultés des personnels Outre-mer à se rendre disponibles pour des formations en métropole, en abolissant les distances.

De ces deux voies, la visioconférence paraît la plus mature, dès lors que la Chancellerie prévoit d'avoir équipé, d'ici à la fin de l'année 2006, l'ensemble des juridictions de ce type de matériel. Elle présente, en outre, l'avantage de permettre un véritable échange entre le formateur et les participants à la session.

Pour autant, l'e-learning ne doit pas être négligé, de nombreuses grandes entreprises ayant déjà éprouvé son potentiel en matière de formation continue. Il ne s'agit, d'ailleurs, pas d'une découverte complète pour le ministère de la justice, dans la mesure où cette technique avait été mise en oeuvre en vue de l'entrée en vigueur de la LOLF et de la sensibilisation des personnels à cette réforme via les « ambassadeurs LOLF ». Les pages de l'intranet du ministère de la justice avait, à cette époque, hébergé un « portail LOLF » présentant les grands principes de la loi organique n° 2001-692 du 1er août 2001 relative aux lois de finances, déclinant les implications de ce texte pour les juridictions et répondant aux principales questions pouvant être posées via un formulaire FAQ (Frequently Asked Questions).

Dans cette perspective, la Chancellerie travaille, d'ores et déjà, à la conception d'un « Campus numérique » mettant en application les principes du e-learning. Votre rapporteur spécial suivra avec attention les développements qui seront apportés à ce projet.