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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

3. Des acquis à utiliser

En réalité, la FDJ n'a pas à changer de cap car elle ne part pas de zéro dans le domaine de l'encadrement du jeu.

a) Une expérience de la dépendance et de la prévention

Durant les années 2000-2002, votre rapporteur avait déjà observé que la FDJ, consciente des problèmes de la dépendance (dont on parlait pourtant très peu à l'époque) subventionnait des associations (il s'agissait en fait surtout de SOS joueurs de Mme Armelle Achour, psychologue qui était pratiquement la seule en ce temps-là) qui faisaient leurs premiers pas dans la prévention du jeu excessif et dans l'assistance aux joueurs en difficulté.

Depuis, l'entreprise a conduit diverses actions, jusqu'ici pensées et menées un peu au fil de l'eau. Elles ont été formalisées et rassemblées en septembre 2005, en un plan d'action du jeu responsable.

Ce plan d'action comprend :

- une politique d'encadrement du jeu à la FDJ ;

- un plan d'action pour le jeu responsable ;

- une charte éthique ;

- une charte publicitaire.

b) Une adaptation aisée à la nouvelle donne

La Française des jeux a déjà réagi le 27 février 2006, au lendemain de la sortie des décrets et de l'arrêté du ministre délégué au budget et à la réforme de l'Etat, M. Jean-François Copé.

Elle s'estime confortée dans sa mission d'organisation et d'exploitation des jeux de loterie et de pronostics sportifs. Elle juge que les décrets réaffirment le rôle et la place des pouvoirs publics dans l'encadrement du jeu (le mot apparaît pour la première fois et répond sans nul doute, selon votre rapporteur, aux préoccupations citées plus haut).

L'opérateur rappelle l'exclusion du jeu par les parlementaires européens de la directive services (!).

Les décrets la confortent dans ses tâches traditionnelles : assurer l'intégrité, la sécurité et la fiabilité des jeux, la lutte contre la fraude et le blanchiment d'argent.

Il prend acte de sa nouvelle mission : « encadrer la consommation pour prévenir le développement des phénomènes de dépendance ». Il confirme : « veiller à ne pas ne pas inciter les mineurs de moins de 16 ans à jouer » ! La FDJ prend acte de la création du Comité consultatif sans réserve ni enthousiasme.

In fine, l'entreprise « qui avait déjà placé au coeur de son plan stratégique la problématique du développement et la responsabilité » se dit mobilisée « avec confiance et détermination » pour servir les objectifs du gouvernement.

En se réjouissant de cette « nouvelle organisation », elle tient à rappeler cependant ses efforts antérieurs spontanés : plan d'action, charte éthique, charte publicitaire....