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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

4. De vastes opérations de concentration se sont produites

Le groupe Partouche a absorbé, sous le nez d'Accor, l'Européenne de casinos (395 millions d'euros de chiffre d'affaires en décembre 2004), puis Didot Bottin en 2005 soit 26 + 18 + 4 = 48 casinos.

Lucien Barrière s'est finalement rapproché d'Accor Casinos soit 13 + 14 = 27; il a ravi la première place du podium français à Partouche et devenant, en même temps, le premier groupe européen de casinos.

Le capital du nouveau groupe est ainsi réparti : Barrière 51 %, Accor 34 %, Fonds d'Investissements Colony Capital 15 %.

Derrière eux :

Tranchant a peu progressé (+ 1) et se voit dépassé par Moliflor qui poursuit sa croissance. Mais Georges Tranchant diversifie ses acquisitions et ses activités au profit d'investissements dans des sociétés françaises et néerlandaises de fabrication, de fournitures et de maintenance.

Emeraude ne doit sa 5ème place qu'à la disparition devant lui de l'Européenne, d'Accor, et de Didot Bottin.

- Les « petits groupes » semblent se maintenir en bonne santé.

- Les casinos indépendants : (33 casinos en 2006) vont bien mais veulent assumer seuls, leur avenir (voir plus loin).

La course aux parcs de machines à sous est soutenue car ces engins garantissent les meilleurs profits et permettent d'acquérir une dimension suffisante pour résister à d'éventuelles OPA !

Sur les 25 casinos nouveaux acceptés par la Commission supérieure des jeux (CSJ) entre 2001 et mars 2006, trois autorisations été accordées à Partouche, 5 à Barrière Accor, 1 à Tranchant, 2 à Emeraude et zéro à Moliflor.

Ce sont donc 14 casinos sur 25 (56 %) qui ont été attribués aux petits groupes ou aux indépendants ce qui fort opportunément, et a assuré une répartition équilibrée des ouvertures a conforté des opérateurs qui pour être petits, voire isolés, n'en font pas moins preuve de dynamisme et de professionnalisme.

5. Les concentrations vont-elles se poursuivre ?

Comme on le voit ci-dessous, la tendance à la concentration est forte et soutenue et devrait, très probablement, se poursuivre.

La domination des cinq premiers groupes

Les 5 premiers groupes

Casinos

PBJ en millions d'euros

Parts de marché

en 2001

87 soit 51 % du total

829

63,2 %

en 2004

116 soit 62 % du total

2.076

79,5 %

en 2006

129 soit 66 % du total

nc

nc

* 2001 : Partouche, Européenne, Tranchant, Accor, Barrière.

* 2004 : Partouche, Accor, Barrière, Moliflor, Tranchant pour le nombre de casinos.

Barrière - Accor, Partouche, Moliflor, Tranchant, Didot Bottin pour les parts de marché.

* 2006 : Barrière - Accor, Partouche, Moliflor, Tranchant, Emeraude pour le nombre de casinos.

Barrière - Accor, Partouche, Moliflor, Tranchant et Didot Bottin pour les parts de marchés.

a) Des investissements de plus en plus lourds

Les investissements deviennent de plus en plus lourds car les nouveaux projets de création concernent le plus souvent de très grandes villes et les maires y sont encore plus exigeants qu'ailleurs.

L'opérateur candidat se voit réclamer non seulement un casino de très haut niveau, mais hôtels, restaurants, divertissements, aménagements divers : la facture devient salée.

Le groupe Partouche a donné le coup d'envoi à une escalade très coûteuse, en réalisant ses « resorts » à l'américaine (comme le Pasino d'Aix-en-Provence).

A Lyon, Partouche, pour l'hôtel du casino Pharaon, a dépensé 40 millions d'euros ; à Toulouse, Barrière investit 55 millions d'euros. Combien pour Lille, pour Nantes ?

D'autre part les résultats décevants des années 2004 et 2005 (l'âge d'or tire t-il à sa fin ?), les exigences croissantes des maires et les appétits fiscaux jamais rassasiés de l'Etat risquent de dégrader la situation des casinos les plus petits, qu'ils soient indépendants ou non, les fragilisant et les rendant les premiers vulnérables, pour des absorptions.