B. L'IMPORTANCE DU LIEN SYSTÈME DE FORMATION-EMPLOI : L'EXEMPLE DES CONTRATS EN ALTERNANCE

Dans un contexte où, chaque année, 60 000 jeunes - soit 8 % d'une génération - sortent du système scolaire sans aucune qualification 132 ( * ) , les dispositifs d'insertion professionnelle par l'alternance visent à lutter contre les principales causes du chômage des jeunes : absence, insuffisance ou inadéquation de la formation professionnelle initiale . Dans cette optique, les différents contrats en alternance sont régis par des normes précises relatives à la durée de la formation et à son objectif en terme d'acquisition de qualifications.

Tableau n° 40 :  Objectif et durée de la formation dans les contrats en alternance

Durée (en % de la durée du contrat)

Objectif

Apprentissage

Durée du contrat = cycle de formation

Diplôme ; ou titre enregistré au répertoire national des certifications professionnelles

Contrat de professionnalisation jeunes

15 % (minimum 150 heures) à 25 %

Qualification validée par la commission nationale paritaire de la branche ou CQP (certificat de qualification professionnelle)

Source : code du travail

Un autre intérêt majeur des contrats en alternance est de permettre un lien concret entre le système éducatif et le monde de l'entreprise . Les entreprises recrutant en alternance doivent passer une convention avec un établissement de formation.

De plus, comme le montre l'annexe 16, les contrats en alternance offrent un meilleur accès à l'emploi non aidé - selon les données DARES, 8 apprentis sur 10 trouvent un emploi à l'issue de leur formation - et à des contrats de travail plus stables .

Cependant, ces éléments favorables aux contrats en alternance doivent être nuancés sur deux points.

1. Le volume global des entrées en alternance sur longue période connaît une stagnation voire une décroissance . Sur les cinq années de 2000 à 2004, le flux des entrées dans l'ensemble des dispositifs en alternance a chuté de 10,75 % (de 445 049 entrées en 2000 à 397 221 entrées en 2004).

Graphique n° 14 Flux d'entrées en formation en alternance sur séries longues

Cour des comptes à partir de données DARES

L'apprentissage suit cependant une tendance inverse  qui s'est accentuée ces dernières années. Les flux d'entrées en apprentissage sont passés de 241 000 fin 2004 à 255 000 fin 2005. Dans le même temps, le nombre de jeunes en apprentissage est passé de 364 000 fin 2004 à 381 000 fin 2005 soit + 4,7 % d'augmentation (contre + 2,5 % entre 2003 et 2004). A ce rythme de croissance d'environ 5 % par an, le nombre de jeunes en apprentissage s'élèverait à environ 465 000 en 2009. Pour atteindre l'objectif de 500 000 jeunes en apprentissage en 2009 fixé par le plan de cohésion sociale, le stock devrait progresser de 119 000 soit une hausse de plus de 30 % nécessitant un rythme annuel moyen de croissance de 7 %.

2. Ces contrats restent marqués par des taux d'échec significatifs aux diplômes ou certifications préparés . Comme le relève la DARES 133 ( * ) , trois jeunes sur dix n'obtiennent pas le diplôme ou la certification préparée à l'issue d'un contrat en alternance 134 ( * ) . Pour l'apprentissage, alors que 71 % des contrats préparent au CAP, le taux d'échec atteint 49 % pour ce certificat.

* 132 Source : Débat national sur l'avenir de l'école - sujets prospectifs - fiche n° 13, 2003.

* 133 « Les contrats d'apprentissage et de qualification : les caractéristiques individuelles des bénéficiaires restent essentielles pour expliquer l'insertion », Premières synthèses, premières informations , janvier 2004, n°05.1.

* 134 Le taux d'échec aux certifications préparées est plus important dans des secteurs comme l'accueil, l'hôtellerie et le tourisme, dans l'agroalimentaire, l'alimentation et la cuisine et dans le génie civil, le bâtiment et le bois (entre 30 % et 45 %, selon les dispositifs et les domaines). En revanche, les taux d'échec sont plus faibles dans les transports, la manutention et le magasinage ou la santé et le travail social.

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