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Réformer la protection sociale : les leçons du modèle suédois

 

c) Le risque théorique d'une perte de pouvoir d'achat des retraités ne semble pas inquiéter les partenaires sociaux

Dans le système public de retraite suédois, le niveau des pensions peut constituer une variable accessoire d'ajustement au cours des prochaines décennies, venant en complément de l'âge de fin d'activité, dans la mesure où le niveau des cotisations a été fixé une fois pour toutes. Mais cette possibilité n'a été contestée par aucun des interlocuteurs que la Mecss a rencontrés, y compris par les partenaires sociaux. Sans doute, ces derniers considèrent-ils que la Suède dispose déjà d'un haut niveau de protection sociale et que le volet répartition de l'assurance vieillesse ne représente que la moitié de la retraite globale perçue par les assurés sociaux.

Par ailleurs, on constate que jusqu'à présent le nouveau système de retraite s'est révélé plus avantageux que l'ancien (qui reposait sur une indexation sur les prix) en termes de revalorisation du niveau des retraites servies aux assurés sociaux.

Les personnalités suédoises rencontrées par la Mecss ont d'ailleurs mis en avant la dimension sociale de la stabilité financière27(*).

« Il y a bien sûr une dimension sociale dans la stabilité financière [des taux de cotisation], parce que les caractéristiques financières du système de retraite sont intimement liées à la question de l'équité entre générations. La stabilité financière est une condition nécessaire, mais non suffisante, pour cet objectif difficile qu'est la mise en place du nouveau système de retraite par répartition suédois (à l'exception près de la composante en capitalisation (fully funded) du nouveau système, qui n'a pas à répondre à cet objectif).

« La modification fondamentale de la nature de l'assurance vieillesse en raison de l'accroissement de l'espérance de vie au cours du siècle précédent, justifie en partie l'intérêt pour la stabilité financière et l'équité intergénérationnelle qui sont étroitement liées. Comme le taux de mortalité a baissé, l'élément risque de l'assurance vieillesse a diminué de manière significative, alors que l'élément épargne est devenu prédominant. Avec une composante risque moindre et une composante épargne plus importante, il est plus naturel, efficace économiquement et juste, de baser le montant de la pension individuelle sur les économies de toute une vie ou les cotisations, plutôt que sur le revenu de fin de carrière. »

* 27  Revue française des affaire sociales n° 4-2003. Article reproduit en annexe 2.